Les experts ont tellement raison et les autres experts ont tellement tort...
Le problème des arguments superficiels et fallacieux, c’est qu’il y en a de tous les côtés. Beaucoup se figurent que ce qui est cohérent est vrai, que ce qui est «prouvé» existe forcément dans la nature tel qu’on l’imagine, que la vérité est d’un seul côté, que ceux qui comprennent ce dont ils parlent ont nécessairement raison...
Mais ce qui est insupportable, c’est de devoir subir cette tyrannie de prétendus savants qui se figurent que leur vérité est prescriptive et que ceux qui la refusent doivent quand même s’y soumettre au nom de leur science.
Autrefois, c’était l’Église et les monarchies « de droit divin ». Eux aussi comprenaient ce dont ils parlaient, ils avaient médité longuement leurs mensonges et les avaient soutenus envers et contre tout. Qu’est-ce que ça valait? Rien. C’était de la merde.
L’esprit perçoit souvent les choses en filtrant ce qu’il n’a pas envie de voir.
On devrait mettre tous les économistes sur une île déserte et observer ce que ça devient.
un minimum de compréhension de l'économie.
Peut-on comprendre «l’économie» sans comprendre les hommes? J’en doute. Comme la psyché des hommes changent et divergent selon les cultures, qui elles-mêmes évoluent avec le temps...
Les économistes seraient-ils de si fins psychologues? J’en doute.
Il me semble que le souci actuel de «l’économie» ne vient que des énormes problèmes suscités par le souci permanent de l’argent et sa répartition tellement inégalitaire qu’il s’agit plus d’une forme de domination et de servitude politiques qu’une belle abstraction sur les échanges «librement» consentis entre les hommes.
Rien que le choix de la manière dont l’argent est généré et qui gère cette genèse est une question hautement politique étonnamment (adverbe ironique) peu discutée politiquement malgré cela (enterrons la question, il ne faut surtout pas que les peuples s’y intéressent, pensent les experts).
Toute l’analyse économique dont on nous bassine repose donc sur un choix politique non discuté imposé comme il s’agissait d’une évidence. Heureusement les économistes ne sont pas tout à fait comme des prêtres, et le dogme actuel est vivement contesté sans qu’on soit persécuté pour hérésie... De nos jours, l’hérésie se fait seulement insulter et discréditer par toutes sortes de prêcheurs relayés par les médias.
Par ailleurs, quel crédit accorder à la science de ces prétendus savants? Rien ne garantit l’honnêteté des économistes. Si j’ai bonne mémoire, Inside Job montrait que les économistes étaient achetables et vendaient des études mensongères pour certifier ce que les payeurs avaient besoin de prouver.
Dans un monde capitaliste, il n’y aucune raison de donner la vérité gratuitement. La vérité a beaucoup de valeur. Pourquoi en faire profiter tout le monde? Ceux qui ont inventé le concept des subprimes pour refiler leurs créances pourries se sont bien gardés d’expliquer leurs magouilles. Quand le mensonge est rentable, il n’y aucune raison qu’on donne la vérité. Et si la science est payée par des donneurs d’ordre qui ont intérêt à maintenir l’état de fait, il n’y a aucune raison de croire cette science vraie.
À mes yeux, aujourd’hui, «l’économie» est une prescription politique imaginée pour façonner l’esprit des hommes et modifier la culture selon un dogme parfaitement discutable, et la pression est très forte.
Ça ne veut pas dire que je crois pour autant ce que disent les contestataires. Dans un monde politique, on essaie de façonner l’économie dont on a besoin pour assurer sa domination. Autrement dit, pour imiter Clausewitz, l’économie est la continuation de la politique par d’autres moyens.
[^] # Re: pertinence de l'article
Posté par Olivier . En réponse au journal [Bookmark] Le coût écologique d’internet est trop lourd, il faut penser un internet low-tech.. Évalué à 7. Dernière modification le 03 juin 2017 à 10:18.
Les experts ont tellement raison et les autres experts ont tellement tort...
Le problème des arguments superficiels et fallacieux, c’est qu’il y en a de tous les côtés. Beaucoup se figurent que ce qui est cohérent est vrai, que ce qui est «prouvé» existe forcément dans la nature tel qu’on l’imagine, que la vérité est d’un seul côté, que ceux qui comprennent ce dont ils parlent ont nécessairement raison...
Mais ce qui est insupportable, c’est de devoir subir cette tyrannie de prétendus savants qui se figurent que leur vérité est prescriptive et que ceux qui la refusent doivent quand même s’y soumettre au nom de leur science.
Autrefois, c’était l’Église et les monarchies « de droit divin ». Eux aussi comprenaient ce dont ils parlaient, ils avaient médité longuement leurs mensonges et les avaient soutenus envers et contre tout. Qu’est-ce que ça valait? Rien. C’était de la merde.
L’esprit perçoit souvent les choses en filtrant ce qu’il n’a pas envie de voir.
On devrait mettre tous les économistes sur une île déserte et observer ce que ça devient.
Peut-on comprendre «l’économie» sans comprendre les hommes? J’en doute. Comme la psyché des hommes changent et divergent selon les cultures, qui elles-mêmes évoluent avec le temps...
Les économistes seraient-ils de si fins psychologues? J’en doute.
Il me semble que le souci actuel de «l’économie» ne vient que des énormes problèmes suscités par le souci permanent de l’argent et sa répartition tellement inégalitaire qu’il s’agit plus d’une forme de domination et de servitude politiques qu’une belle abstraction sur les échanges «librement» consentis entre les hommes.
Rien que le choix de la manière dont l’argent est généré et qui gère cette genèse est une question hautement politique étonnamment (adverbe ironique) peu discutée politiquement malgré cela (enterrons la question, il ne faut surtout pas que les peuples s’y intéressent, pensent les experts).
Toute l’analyse économique dont on nous bassine repose donc sur un choix politique non discuté imposé comme il s’agissait d’une évidence. Heureusement les économistes ne sont pas tout à fait comme des prêtres, et le dogme actuel est vivement contesté sans qu’on soit persécuté pour hérésie... De nos jours, l’hérésie se fait seulement insulter et discréditer par toutes sortes de prêcheurs relayés par les médias.
Par ailleurs, quel crédit accorder à la science de ces prétendus savants? Rien ne garantit l’honnêteté des économistes. Si j’ai bonne mémoire, Inside Job montrait que les économistes étaient achetables et vendaient des études mensongères pour certifier ce que les payeurs avaient besoin de prouver.
Dans un monde capitaliste, il n’y aucune raison de donner la vérité gratuitement. La vérité a beaucoup de valeur. Pourquoi en faire profiter tout le monde? Ceux qui ont inventé le concept des subprimes pour refiler leurs créances pourries se sont bien gardés d’expliquer leurs magouilles. Quand le mensonge est rentable, il n’y aucune raison qu’on donne la vérité. Et si la science est payée par des donneurs d’ordre qui ont intérêt à maintenir l’état de fait, il n’y a aucune raison de croire cette science vraie.
À mes yeux, aujourd’hui, «l’économie» est une prescription politique imaginée pour façonner l’esprit des hommes et modifier la culture selon un dogme parfaitement discutable, et la pression est très forte.
Ça ne veut pas dire que je crois pour autant ce que disent les contestataires. Dans un monde politique, on essaie de façonner l’économie dont on a besoin pour assurer sa domination. Autrement dit, pour imiter Clausewitz, l’économie est la continuation de la politique par d’autres moyens.