Pourtant la femme avant elle faisait le même boulot, c’était juste pas compté dans le PIB.
Quand tu te coupes les ongles de pieds, c'est pas compté dans le PIB, alors que quand tu vas chez le pédicure, c'est compté dans le PIB. Ça n'a rien d'aberrant, le PIB mesure le PIB, c'est une mesure parmi d'autres pour mesurer l'activité économique. Ça n'est pas la meilleure, il est même régulièrement critiqué, mais ce n'est pas avec des arguments de bistro qu'on peut discuter de ce problème.
En caricaturant, la richesse économique dont traite le PIB, c'est ce qui rentre dans le circuit collectif, qui implique de la circulation de monnaie (la circulation de la monnaie, c'est ce qui caractérise l'activité économique) et bien sûr la perception d'impots et de taxes (qui vont servir au bien commun). Un exemple assez symptomatique est celui des «conjoints collaborateurs» pour les petites entreprises (type petit commerce), qui est typiquement ce dont tu parles : pendant très longempts, il a semblé absurde que le chef d'entereprise embauche sa femme ; bobonne travaillait à la maison, les bénéfices du commerce profitaient au foyer, tout le monde était content, pas de paperasse, pas de charges sociales, tout va bien. Voila, sauf que quand on n'a pas de salaire, on n'a pas de droits (chômage, retraite), et pour la sécu, ça repose sur la collectivité. Donc en effet, ce genre de boulot, c'est une forme d'esclavage ou de détournement du code du travail, et ça ne génère pas de richesse pour la collectivité (ça a même plutôt un coût).
Le nœud du problème, c'est qu'on ne peut pas prétendre que le système est mauvais sans rien comprendre au système et sans même vouloir faire semblant d'essayer de le comprendre. Notre système économique a de réels problèmes, mais il n'est pas absurde, au sens où certains voudraient bien nous le faire croire. C'est tellement simple comme argument : «ah ah, les débiles, ils ne se rendent pas compte que leur système économique est absurde, ils sont vraiment trop idiots les mecs à Bruxelles, ah ah». Il faut bien vous rendre compte que les mecs de Bruxelles, ils pensent que les débiles, c'est vous, et ils ont pour eux l'argument qu'eux comprennent ce dont ils parlent, ils savent ce qu'est le PIB, la croissance, et pourquoi ils veulent la maintenir.
Après, on vit dans un pays libre : continuez à confondre croissance économique, croissance démographique, et surexploitation des richesses naturelles si vous voulez (ou plutôt, si ça vous arrange parce que ça permet de dérouler un argumentaire simpliste). C'est juste que ça n'a aucun pouvoir explicatif, et aucun pouvoir de conviction sur les gens qui ont un minimum de compréhension de l'économie.
En plus, il existe des vrais arguments contre le système actuel, contre les indicateurs tels que le PIB, etc. Dans le monde actuel, j'ai l'impression qu'une majorité pense qu'avoir raison sur le fond justifie tous les raisonnements superficiels et fallacieux, et considère que la convinction est plus important que la vérité. C'est contre ça que je m'insurge (et aussi contre l'idée que le capitalisme ne fait pas l'objet d'analyses critiques économiques et philosophiques viables et rationnelles, ce qui est simplement l'étalement d'une ignorance crasse).
[^] # Re: pertinence de l'article
Posté par arnaudus . En réponse au journal [Bookmark] Le coût écologique d’internet est trop lourd, il faut penser un internet low-tech.. Évalué à 4. Dernière modification le 01 juin 2017 à 11:20.
Quand tu te coupes les ongles de pieds, c'est pas compté dans le PIB, alors que quand tu vas chez le pédicure, c'est compté dans le PIB. Ça n'a rien d'aberrant, le PIB mesure le PIB, c'est une mesure parmi d'autres pour mesurer l'activité économique. Ça n'est pas la meilleure, il est même régulièrement critiqué, mais ce n'est pas avec des arguments de bistro qu'on peut discuter de ce problème.
En caricaturant, la richesse économique dont traite le PIB, c'est ce qui rentre dans le circuit collectif, qui implique de la circulation de monnaie (la circulation de la monnaie, c'est ce qui caractérise l'activité économique) et bien sûr la perception d'impots et de taxes (qui vont servir au bien commun). Un exemple assez symptomatique est celui des «conjoints collaborateurs» pour les petites entreprises (type petit commerce), qui est typiquement ce dont tu parles : pendant très longempts, il a semblé absurde que le chef d'entereprise embauche sa femme ; bobonne travaillait à la maison, les bénéfices du commerce profitaient au foyer, tout le monde était content, pas de paperasse, pas de charges sociales, tout va bien. Voila, sauf que quand on n'a pas de salaire, on n'a pas de droits (chômage, retraite), et pour la sécu, ça repose sur la collectivité. Donc en effet, ce genre de boulot, c'est une forme d'esclavage ou de détournement du code du travail, et ça ne génère pas de richesse pour la collectivité (ça a même plutôt un coût).
Le nœud du problème, c'est qu'on ne peut pas prétendre que le système est mauvais sans rien comprendre au système et sans même vouloir faire semblant d'essayer de le comprendre. Notre système économique a de réels problèmes, mais il n'est pas absurde, au sens où certains voudraient bien nous le faire croire. C'est tellement simple comme argument : «ah ah, les débiles, ils ne se rendent pas compte que leur système économique est absurde, ils sont vraiment trop idiots les mecs à Bruxelles, ah ah». Il faut bien vous rendre compte que les mecs de Bruxelles, ils pensent que les débiles, c'est vous, et ils ont pour eux l'argument qu'eux comprennent ce dont ils parlent, ils savent ce qu'est le PIB, la croissance, et pourquoi ils veulent la maintenir.
Après, on vit dans un pays libre : continuez à confondre croissance économique, croissance démographique, et surexploitation des richesses naturelles si vous voulez (ou plutôt, si ça vous arrange parce que ça permet de dérouler un argumentaire simpliste). C'est juste que ça n'a aucun pouvoir explicatif, et aucun pouvoir de conviction sur les gens qui ont un minimum de compréhension de l'économie.
En plus, il existe des vrais arguments contre le système actuel, contre les indicateurs tels que le PIB, etc. Dans le monde actuel, j'ai l'impression qu'une majorité pense qu'avoir raison sur le fond justifie tous les raisonnements superficiels et fallacieux, et considère que la convinction est plus important que la vérité. C'est contre ça que je m'insurge (et aussi contre l'idée que le capitalisme ne fait pas l'objet d'analyses critiques économiques et philosophiques viables et rationnelles, ce qui est simplement l'étalement d'une ignorance crasse).