• [^] # Re: TLBM

    Posté par . En réponse au journal Et si les "erreurs purement matérielles" pouvaient influer sur le processus démocratique. Évalué à 10.

    Pour être un peu plus précis, on peut présenter la procédure de radiation. D'après ce que j'ai compris, la première étape, c'est la non-distribution des cartes électorales, que la Poste retourne à la mairie. La mairie est ensuite censée croiser les cartes manquantes avec les fichiers de taxes locales. Enfin, le retour de la propagande électorale scelle le destin des radiés.

    Les radiés reçoivent alors une lettre qui les préviennent de la radiation. Sauf qu'évidemment, ils ne la reçoivent pas vraiment ; ils doivent aller la chercher. Le fait que de toutes manières la propagande électorale arrive deux ou trois jours avant l'élection rend les délais très serrés, et on découvre en général la radiation le jour de l'élection.

    On peut trouver le système pas bien foutu, mais il n'y a rien de scandaleux. La plupart des arguments de ceux qui protestent sont assez débiles : «On avait pu voter en 2015 mais pas maintenant» : oui, évidemment, les nouvelles cartes d'électeur ne sont pas envoyées à chaque élection. «J'avais toujours pu voter dans la commune de mes parents, et là, ça n'est plus possible» : oui, parce que les parents ont déménagé ou changé le nom sur la boîte aux lettres. «J'ai déménagé après le 31 décembre» : normalement, on ne peut pas être radié, puisqu'on paye la taxe d'habitation dans la commune où on habite le 1er janvier. Donc pas de radiation, au pire la carte d'électeurs nous attend au bureau de vote.

    Inversement, finalement, c'est la souplesse du système qui est coupable ; on n'a pas le droit de choisir son bureau de vote, le seul endroit où on vote, c'est son domicile. Le fait que plein de gens décident de ne pas voter à leur domicile pour des raisons logistiques ou pratiques ne légitimise pas cette pratique ; évidemment, pour une présidentielle, l'impact est limité, mais pour les élections locales, ça pose un vrai problème démocratique.

    Évidemment, il y a des dysfonctionnements, il y a toujours des problèmes techniques, matériels, ou humains, qui peuvent exceptionnellement mettre le bazar. Le système est conçu pour éviter d'avoir des fichiers de français avec leur domicile, mis à jour en temps réel. C'est un peu anachronique, mais en France on déteste les fichiers centralisés. Du coup, le fichier est décentralisé, indépendant dans chaque commune, et c'est à nous en tant que citoyens d'assurer sa mise à jour. Si on ne gère pas sa mise à jour, personne ne le fait pour nous.