Je ne sais pas comment on est arrivé au modèle actuel, mais je vois bien pourquoi on n'a pas pu le changer jusqu'à maintenant:
Les 2 plus gros partis, qui gagnent alternativement quasiment toutes les élections, n'ont absolument aucun intérêt à changer un système qui favorise... les 2 plus gros partis!
Il se peut que tu prennes là l'effet pour la cause. Le mode de scrutin uninominal ne peut parfaitement représenter la volonté majoritaire qu'en la présence de deux alternatives, raison pour laquelle il pousse aux alliances et au bipartisme.
Pour ce qui est des raisons qui ont amené ce modèle, il se peut que ce soit de bêtes problèmes d'ordre logistique. De mémoire, Condorcet et Borda, qui avait fort bien analysé les problèmes de ce mode de scrutin, dans leurs mémoires où ils exposaient des méthodes alternatives ont pointés du doigt la plus grande complexité d'organisation du vote selon leur principe. Cela étant, cela n'a nullement empếché d'autres pays de s'en inspirer et de ne pas pratiquer le scrutin uninominal.
Enfin, pour l'anecdote, je n'ai plus grand espoir de voir le mode de scrutin changer en France, mais on ne sait jamais. Lors de l'élection de 2002 j'avais prévenu mon entourage des dangers que représentait le grand nombre de candidats au premier tour et le risque d'éparpillement des voix; j'ai obtenu pour réponse : la politique c'est pas des mathématiques ! Suite au résultat du premier tour, aucune prise de conscience : le mode de scrutin ne pose aucun problème. Dans la foulée, un ami qui effectuait sa thèse en science politique organise une conférence avec politologues et sondeurs (qui défendaient leur chapelle sur leurs « erreurs de prédiction ») pour essayer d'analyser et de comprendre le résultat de l'élection. Au moment des questions du public, rebelote, je remets sur le tapis la question du mode de scrutin et là, réaction identique et unanime : où est le problème avec notre mode de scrutin ? il n'y a aucune raison de le changer !
Je doute, par expérience, que la résistance au changement proviennent des deux gros partis, mais bien plutôt des électeurs eux-mêmes qui ne voient pas que le mode de scrutin pose problème.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: J'aime bien l'idée !
Posté par kantien . En réponse au journal Jugement majoritaire. Évalué à 8.
Il se peut que tu prennes là l'effet pour la cause. Le mode de scrutin uninominal ne peut parfaitement représenter la volonté majoritaire qu'en la présence de deux alternatives, raison pour laquelle il pousse aux alliances et au bipartisme.
Pour ce qui est des raisons qui ont amené ce modèle, il se peut que ce soit de bêtes problèmes d'ordre logistique. De mémoire, Condorcet et Borda, qui avait fort bien analysé les problèmes de ce mode de scrutin, dans leurs mémoires où ils exposaient des méthodes alternatives ont pointés du doigt la plus grande complexité d'organisation du vote selon leur principe. Cela étant, cela n'a nullement empếché d'autres pays de s'en inspirer et de ne pas pratiquer le scrutin uninominal.
Enfin, pour l'anecdote, je n'ai plus grand espoir de voir le mode de scrutin changer en France, mais on ne sait jamais. Lors de l'élection de 2002 j'avais prévenu mon entourage des dangers que représentait le grand nombre de candidats au premier tour et le risque d'éparpillement des voix; j'ai obtenu pour réponse : la politique c'est pas des mathématiques ! Suite au résultat du premier tour, aucune prise de conscience : le mode de scrutin ne pose aucun problème. Dans la foulée, un ami qui effectuait sa thèse en science politique organise une conférence avec politologues et sondeurs (qui défendaient leur chapelle sur leurs « erreurs de prédiction ») pour essayer d'analyser et de comprendre le résultat de l'élection. Au moment des questions du public, rebelote, je remets sur le tapis la question du mode de scrutin et là, réaction identique et unanime : où est le problème avec notre mode de scrutin ? il n'y a aucune raison de le changer !
Je doute, par expérience, que la résistance au changement proviennent des deux gros partis, mais bien plutôt des électeurs eux-mêmes qui ne voient pas que le mode de scrutin pose problème.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.