• [^] # Re: Pourquoi Ubuntu se cherche à ce point ?

    Posté par . En réponse à la dépêche Sortie d’Ubuntu 17.04 Zesty Zapus : la croisée des chemins. Évalué à 10.

    N'y-a-t-il pas une meilleure utilisation des ressources que nous serions capables de proposer ?

    Ça n'est quand même pas à nous de proposer des solutions, Canonical est une boîte privée qui est censée assurer sa propre rentabilité. Il faut quand même voir que Canonical demande beaucoup à la communauté, notamment de faire vivre un bugtracker gigantesque. La communauté reporte, trie, reproduit les bugs, envoie les rapports upstream quand nécessaire, etc. Ça serait d'ailleurs intéressant de savoir combien Canonical aurait dû dépenser pour payer des gens à faire ça.

    Historiquement, Canonical a la mauvaise réputation de peu contribuer au développement des autres lociels, contrairement à d'autres gros acteurs du logiciel libre. La voie de Canonical, ça a plutôt été de proposer des solutions «maison», c'est à dire de payer des développeurs pour créer des logiciels spécifiques plutôt que de se disperser dans l'écosystème du logiciel libre. C'est une stratégie comme une autre, mais elle ne fait pas que des heureux, notamment parce que ça ne pourrait pas fonctionner si tout le monde faisait comme ça.

    Et puis bon, cette stratégie a fini par montrer ses limites : quand on porte un produit tout seul, il faut s'attendre à ce qu'il ne soit pas adopté et qu'on reste tout seul très très longtemps. À ma connaissance, aucune autre distro n'utilisait Unity, ou n'était intéressée par Mir. Révolutionner le libre tout seul, c'est possible, mais c'est ambitieux et risqué.

    Il y a eu de longues discussions ailleurs lors de l'annonce de l'abandon d'Unity, mais la qualité du logiciel en lui-même (robustesse, évolutivité, performances) restait quand même discutable. Là où je serai peut-être toujours naïvement étonné, c'est de voir à quel point l'argent ne fait pas tout ; certains logiciels ne partent de quasiment rien (quelques gusses dans leur garage qui bossent la nuit)et vont très loin, tandis que d'autres développés à coup de millions ne décollent pas (trop complexes, trop "théorisés", pas assez d'enthousiasme ou de pragmatisme...).