On parle d'idées politique, mais essaye de te frotter à des fan libristes
Il y a quand même plusieurs niveau. Le cas que tu cites sur le droit de grêve, c'est un cas typique où le gars en face de toi a tort, mais il se trompe de «bonne foi» (probablement parce qu'il n'y a jamais pensé ou qu'il ne s'est jamais renseigné, mais bon, chacun fait ça tout le temps aussi). Il expose son point de vue sur quelque chose de factuel, tu exposes ton point de vue, et il apparait très clairement qu'il a tort. Bon, c'est humain, ça arrive même aux meilleurs d'entre nous :-)
On peut aussi glisser sur la discussion "OK c'est peut-être illégal mais c'est parfois légitime", qui consiste à changer subtilement la question pour ne pas trop perdre la face (ça aussi c'est humain, et c'est tolérable dans la mesure où ça permet aux gens de se reparler après une discussion. C'est même vital quand on discute avec des amis, sa compagne, ou son patron : toujours laisser une porte de sortie).
Mais bon, quand même, on ne parle pas de mensonge, de «vérité alternative», ou plus subtilement de «vérité parallèle». Je ne sais pas si «vérité parallèle» est le bon terme, mais c'est une technique très utilisée par les e-fachos (et même par certains politiques) : «OK, l'histoire est inventée de toutes pièces, mais ça aurait pu être vrai, parce que le phénomène qu'elle décrit est réel». C'est assez subtil comme raisonnement, et c'est utlilisé à toutes les sauces sur la fachosphère : on se fout de savoir si c'est vrai ou pas, parce que ça peut passer pour vrai, et ça conforte les gens dans un préjugé quelconque, de préférence raciste, mais pas seulement. J'ai l'impression que notre histoire du demandeur d'asile peut tomber dans cette catégorie là ; cette histoire n'est pas celle d'un demandeur d'asile, c'est une allégorie de l'histoire fantasmée d'un demandeur d'asile imaginaire, à qui il est arrivé les pires trucs au monde : le mec est courageux, il vit en France depuis une dizaine d'années, il est arrivé parce qu'il a été chassé par la famine, les terroristes, les épidémies, ou par son gouvernement, il est compétent, impliqué dans la vie associative, il a un boulot, un diplôme, et sa famille dans son pays a été massacrée par les islamistes, la famine, ou les épidémies. L'histoire est là, prête à qui veut l'entendre. Il ne reste plus qu'à trouver un pauvre gusse pour l'incarner ; on prend son nom, sa photo, on met quelques détails, et paf, c'est parti pour la campagne de com.
Qu'est-ce qui est le plus choquant? Qu'il faille inventer des histoires personnelles (ou utiliser celles qui arrivent, comme le coup du petit gosse mort noyé?) pour impliquer les gens dans les différentes causes? Qu'en fait, le message est qu'on est en droit de traiter les pauvres réfugiés illétrés pire que des clébards, mais que ce mec là, il sait coder, c'est pas la même chose?
[^] # Re: Precision
Posté par arnaudus . En réponse au journal La demande d'asile de Cellou Diallo finalement refusée. Évalué à 7.
Il y a quand même plusieurs niveau. Le cas que tu cites sur le droit de grêve, c'est un cas typique où le gars en face de toi a tort, mais il se trompe de «bonne foi» (probablement parce qu'il n'y a jamais pensé ou qu'il ne s'est jamais renseigné, mais bon, chacun fait ça tout le temps aussi). Il expose son point de vue sur quelque chose de factuel, tu exposes ton point de vue, et il apparait très clairement qu'il a tort. Bon, c'est humain, ça arrive même aux meilleurs d'entre nous :-)
On peut aussi glisser sur la discussion "OK c'est peut-être illégal mais c'est parfois légitime", qui consiste à changer subtilement la question pour ne pas trop perdre la face (ça aussi c'est humain, et c'est tolérable dans la mesure où ça permet aux gens de se reparler après une discussion. C'est même vital quand on discute avec des amis, sa compagne, ou son patron : toujours laisser une porte de sortie).
Mais bon, quand même, on ne parle pas de mensonge, de «vérité alternative», ou plus subtilement de «vérité parallèle». Je ne sais pas si «vérité parallèle» est le bon terme, mais c'est une technique très utilisée par les e-fachos (et même par certains politiques) : «OK, l'histoire est inventée de toutes pièces, mais ça aurait pu être vrai, parce que le phénomène qu'elle décrit est réel». C'est assez subtil comme raisonnement, et c'est utlilisé à toutes les sauces sur la fachosphère : on se fout de savoir si c'est vrai ou pas, parce que ça peut passer pour vrai, et ça conforte les gens dans un préjugé quelconque, de préférence raciste, mais pas seulement. J'ai l'impression que notre histoire du demandeur d'asile peut tomber dans cette catégorie là ; cette histoire n'est pas celle d'un demandeur d'asile, c'est une allégorie de l'histoire fantasmée d'un demandeur d'asile imaginaire, à qui il est arrivé les pires trucs au monde : le mec est courageux, il vit en France depuis une dizaine d'années, il est arrivé parce qu'il a été chassé par la famine, les terroristes, les épidémies, ou par son gouvernement, il est compétent, impliqué dans la vie associative, il a un boulot, un diplôme, et sa famille dans son pays a été massacrée par les islamistes, la famine, ou les épidémies. L'histoire est là, prête à qui veut l'entendre. Il ne reste plus qu'à trouver un pauvre gusse pour l'incarner ; on prend son nom, sa photo, on met quelques détails, et paf, c'est parti pour la campagne de com.
Qu'est-ce qui est le plus choquant? Qu'il faille inventer des histoires personnelles (ou utiliser celles qui arrivent, comme le coup du petit gosse mort noyé?) pour impliquer les gens dans les différentes causes? Qu'en fait, le message est qu'on est en droit de traiter les pauvres réfugiés illétrés pire que des clébards, mais que ce mec là, il sait coder, c'est pas la même chose?