Je pense que le véritable problème se retrouve dans le paradoxe entre l'individualisme caractéristique du statut d'indépendant et la notion de commun sur lequel ce base ces différentes protections.
Ce paradoxe amène souvent les indépendants à ne pas connaître la macro-réalité que peut être l'allocation chômage/retraite/santé puisque ce statut omet l'aspect social du travail (puisqu'il y a une atomisation de la tache). Et certains peuvent tenir un discours tel qu'ils ne comprennent pas l'utilité de la sécurité social puisqu'il n'ont jamais été malade (une vision somme toute individualiste).
Mais avoir ce genre de raisonnement est complétement faux1 par rapport à la problématique que résout ces sécurités car il n'est pas question de savoir si tu as été malade mais d'offrir une sécurité s'appliquant à tout le monde (le domaine commun) face à des problèmes qu'on ne maîtrisent pas (et de surcroît, les lois du marché n'en n'ont que faire).
Finalement, la question à se poser est: est ce qu'il est normal que ces sécurités soient optionnels pour un indépendant ? Je pense que non. En tout cas c'est mon opinion que chacun doit participer à des sécurités communes (parce que justement, c'est commun). Alors après, on peut parler des sommes, du pourcentage sur le salaire brute et de la qualité des différents services (dans les hôpitaux) mais la contrainte (car elle peut être vu comme une contrainte) individualiste du statut d'indépendant peut amener plus facilement celui-ci à omettre ces sécurités - en ayant une vision de l'investissement plus court-termiste.
On peut donc continuer l'atomisation et considérer de surcroît que la cotisation devrait être un choix individuel mais à partir de ce moment là, comment faire pour les gens voulant cotiser mais n'ayant pas économiquement la possibilité ? Ainsi peut se créer une inégalité mécanique puisque comme il serait (et il est déjà) question que ces aides soient optionnels, puisque le rapport entre indépendant/client n'est pas égal, ce dernier peut exiger une baisse du "salaire" ne laissant plus la possibilité à l'indépendant de cotiser, et lui serait amener à accepter cette précarité2 puisqu'il est d'autant plus soumis aux lois du marché et à la concurrence.
Il peut donc en résulter un effet boule de neige et un nivellement vers de bas de la valeur de la prestation jusqu'à une rationalisation total du "salaire" ne laissant plus de place, pour l'indépendant, à un quelconque investissement possible.
PS: cette vision est profondément marxiste si on considère le rapport indépendant/client comme n'étant pas égal (comme le rapport salarié/patron) et la soumission aux lois du marchés et à la concurrence qui poussent certains à alimenter une baisse général des salaires en considérant (par erreur) que plus de contrat coutant moins cher (rationalisation) est mieux que peu de contrat coutant cher et amener finalement à précariser de plus en plus le statut.
On peut sembler que je fais l'apologie de l'anti-capitalisme (et peut être un peu) mais le fait d'empêcher finalement la cotisation et/ou l'investissement à ces personnes empêche l'économie de tourner. Et cette vision, même pour un libéral, n'est pas acceptable (ou sinon, c'est considérer que l'économie ne devrait tourner que pour une certaine classe et accepter l'inégalité comme état de fait).
ici, je dis que c'est faux car la sécurité social n'a pas été réfléchi dans un contexte libéral mais social. Après, on peut ne pas être d'accord avec le principe même de la sécurité social (et dans ce cas, juste la supprimer pour tout le monde) mais la critiquer au travers d'une vision individualiste est un profond non sens. ↩
et pour le coup, c'est le pourquoi de l'existence même d'Uber. Ce dernier n'existe que parce qu'il y a le chômage et à intérêt à ce que le chômage continue pour qu'une classe de la population puisse continuer à accepter ce genre de travail. ↩
[^] # Re: Fin du lien d'asservissement ?
Posté par Dinosaure (site web personnel) . En réponse au journal Réduire les salaires sans sacrifier la qualité. Évalué à 6.
Je pense que le véritable problème se retrouve dans le paradoxe entre l'individualisme caractéristique du statut d'indépendant et la notion de commun sur lequel ce base ces différentes protections.
Ce paradoxe amène souvent les indépendants à ne pas connaître la macro-réalité que peut être l'allocation chômage/retraite/santé puisque ce statut omet l'aspect social du travail (puisqu'il y a une atomisation de la tache). Et certains peuvent tenir un discours tel qu'ils ne comprennent pas l'utilité de la sécurité social puisqu'il n'ont jamais été malade (une vision somme toute individualiste).
Mais avoir ce genre de raisonnement est complétement faux1 par rapport à la problématique que résout ces sécurités car il n'est pas question de savoir si tu as été malade mais d'offrir une sécurité s'appliquant à tout le monde (le domaine commun) face à des problèmes qu'on ne maîtrisent pas (et de surcroît, les lois du marché n'en n'ont que faire).
Finalement, la question à se poser est: est ce qu'il est normal que ces sécurités soient optionnels pour un indépendant ? Je pense que non. En tout cas c'est mon opinion que chacun doit participer à des sécurités communes (parce que justement, c'est commun). Alors après, on peut parler des sommes, du pourcentage sur le salaire brute et de la qualité des différents services (dans les hôpitaux) mais la contrainte (car elle peut être vu comme une contrainte) individualiste du statut d'indépendant peut amener plus facilement celui-ci à omettre ces sécurités - en ayant une vision de l'investissement plus court-termiste.
On peut donc continuer l'atomisation et considérer de surcroît que la cotisation devrait être un choix individuel mais à partir de ce moment là, comment faire pour les gens voulant cotiser mais n'ayant pas économiquement la possibilité ? Ainsi peut se créer une inégalité mécanique puisque comme il serait (et il est déjà) question que ces aides soient optionnels, puisque le rapport entre indépendant/client n'est pas égal, ce dernier peut exiger une baisse du "salaire" ne laissant plus la possibilité à l'indépendant de cotiser, et lui serait amener à accepter cette précarité2 puisqu'il est d'autant plus soumis aux lois du marché et à la concurrence.
Il peut donc en résulter un effet boule de neige et un nivellement vers de bas de la valeur de la prestation jusqu'à une rationalisation total du "salaire" ne laissant plus de place, pour l'indépendant, à un quelconque investissement possible.
PS: cette vision est profondément marxiste si on considère le rapport indépendant/client comme n'étant pas égal (comme le rapport salarié/patron) et la soumission aux lois du marchés et à la concurrence qui poussent certains à alimenter une baisse général des salaires en considérant (par erreur) que plus de contrat coutant moins cher (rationalisation) est mieux que peu de contrat coutant cher et amener finalement à précariser de plus en plus le statut.
On peut sembler que je fais l'apologie de l'anti-capitalisme (et peut être un peu) mais le fait d'empêcher finalement la cotisation et/ou l'investissement à ces personnes empêche l'économie de tourner. Et cette vision, même pour un libéral, n'est pas acceptable (ou sinon, c'est considérer que l'économie ne devrait tourner que pour une certaine classe et accepter l'inégalité comme état de fait).
ici, je dis que c'est faux car la sécurité social n'a pas été réfléchi dans un contexte libéral mais social. Après, on peut ne pas être d'accord avec le principe même de la sécurité social (et dans ce cas, juste la supprimer pour tout le monde) mais la critiquer au travers d'une vision individualiste est un profond non sens. ↩
et pour le coup, c'est le pourquoi de l'existence même d'Uber. Ce dernier n'existe que parce qu'il y a le chômage et à intérêt à ce que le chômage continue pour qu'une classe de la population puisse continuer à accepter ce genre de travail. ↩