• [^] # Re: Cotisations != employé

    Posté par . En réponse au journal Un four à pain c'est considéré comme un employé ?. Évalué à 7.

    Le fait que l'État serve à rendre service aux citoyens n'est pas nécessairement une vision contractuelle.

    Si je reprends la position de Zenitram : je paie des impôts et en échange de ça l'État me rend des services. C'est une vision contractuelle (je paie => j'ai un service en échange) ;-)

    Maintenant, quant à tes propositions :

    Ou plutôt l'État serait lui-même une entreprise comme une autre

    Dans ce cas, ce n'est plus l'État. L'État ne peut être une entreprise « comme une autre » puisqu'il doit détenir le monopole de la violence légale pour exercer ses fonctions régaliennes (et, quand on détient un monopole, il est évident que d'autres ne peuvent pas le détenir en concurrence).

    Note qu'il peut éventuellement déléguer l'exercice de ce monopole (prestataires privés dans une armée, sociétés de sécurité privées...), mais le monopole est toujours détenu par l'État.

    Ou encore, laissée sans État ni structures, la population se regrouperait et s'organiserait spontanément pour permettre la vie en société, d'abord en regroupements de petites tailles (hameaux, villages), puis de taille plus grande (cités) permettant l'apparition d'une civilisation, voire en regroupement de cités en États.

    Oui, donc, laissée sans État, la société finit « naturellement » par former de l'État, parce que cela est nécessaire à son bon fonctionnement. Les cités indépendantes de la Renaissance ou de l'Antiquité étaient déjà, sous une forme très différente, des États (on dit bien : cité-État).

    Le réglage de la nécessaire liberté laissée aux individus et aux autres organisations (e.g. associations et entreprises) serait toujours orienté vers le bien commun (ainsi pas de souci avec les sous-traitants de l'État s'il en a).

    Qui décide ce qui relève du « bien commun » ? La question ne fera jamais consensus. Il faut, non seulement pouvoir trancher, mais pouvoir faire respecter la décision majoritaire (par exemple, dans le cas d'une démocratie). Cela veut dire qu'une instance doit détenir le pouvoir (forcément exclusif) d'exécuter ces décisions et de les imposer à tous, sans que son autorité soit remise en question à chaque fois. Cette instance, c'est l'État, quelle que soit sa forme politique ou son extension géographique (commune, cité, État jacobin centralisé, fédération de régions, etc.).