Ma critique va dans le sens où ça n'avance pas à grand chose de « faire de l'IPv6 », quand on n'utilise pas l'architecture logicielle de l'Internet : ton « unité » de base reste le container, avec ses API spécifiques. L'API de l'Internet, c'est les socket, et normalement une application a « juste » à gérer son socket pour pouvoir communiquer avec le reste du monde. De son côté, l'admin sys/réseau configure son OS et ses routeurs.
Ici, avec Docker, on a réinventé une nouvelle abstraction, avec son API, etc. Ceux qui savaient comment administrer un OS doivent tout réadapter avec cette nouvelle couche. Alors, pourquoi pas passer vers une nouvelle techno si elle t'apporte des bénéfices, mais perso je vois juste Docker comme un système de packaging qui s'abstrait de la distribution, avec plus de rigidité en échange d'une meilleure reproductibilité. Mais ça amène tout son lot de trucs chiants avec. En particulier pour les admin sys/réseau, je pense que c'est une grosse usine à gaz qui ne leur apporte pas vraiment grand chose.
En fait, Internet est une architecture logicielle qui est tellement plus que ce qu'on l'imagine : c'est comment découpler l'architecture du réseau des applications qui tournent dessus. L'intelligence est aux extrémités (dans les applications), découplée du fonctionnement du réseau (le routage), qui est très bête. Les VMs ou les containers, c'est ramener du couplage sous les applications, et ramener de l'état dans le réseau, à gérer, synchroniser, etc, et ça c'est très compliqué et peu fiable. Je suis quasiment sûr que ces couches ramènes des problématiques de circuit par connexion (avec du conntrack, voire pire, du NAT), et ça personne n'a l'air de comprendre pourquoi c'est mal même si on a la démonstration depuis des dizaines d'années par les telcos que ça scale pas (c'est pas pour rien que les propositions d'amélioration de MPLS vont vers moins d'état dans le cœur du réseau... ils réinventent Internet 40 ans plus tard, mais bon, on n'est pas à une réinvention de la roue près).
[^] # Re: Quand quelqu'un l'aura codé
Posté par benoar . En réponse au journal À quand l’IPv6 sur LinuxFr.org ?. Évalué à 1.
Ma critique va dans le sens où ça n'avance pas à grand chose de « faire de l'IPv6 », quand on n'utilise pas l'architecture logicielle de l'Internet : ton « unité » de base reste le container, avec ses API spécifiques. L'API de l'Internet, c'est les socket, et normalement une application a « juste » à gérer son socket pour pouvoir communiquer avec le reste du monde. De son côté, l'admin sys/réseau configure son OS et ses routeurs.
Ici, avec Docker, on a réinventé une nouvelle abstraction, avec son API, etc. Ceux qui savaient comment administrer un OS doivent tout réadapter avec cette nouvelle couche. Alors, pourquoi pas passer vers une nouvelle techno si elle t'apporte des bénéfices, mais perso je vois juste Docker comme un système de packaging qui s'abstrait de la distribution, avec plus de rigidité en échange d'une meilleure reproductibilité. Mais ça amène tout son lot de trucs chiants avec. En particulier pour les admin sys/réseau, je pense que c'est une grosse usine à gaz qui ne leur apporte pas vraiment grand chose.
En fait, Internet est une architecture logicielle qui est tellement plus que ce qu'on l'imagine : c'est comment découpler l'architecture du réseau des applications qui tournent dessus. L'intelligence est aux extrémités (dans les applications), découplée du fonctionnement du réseau (le routage), qui est très bête. Les VMs ou les containers, c'est ramener du couplage sous les applications, et ramener de l'état dans le réseau, à gérer, synchroniser, etc, et ça c'est très compliqué et peu fiable. Je suis quasiment sûr que ces couches ramènes des problématiques de circuit par connexion (avec du conntrack, voire pire, du NAT), et ça personne n'a l'air de comprendre pourquoi c'est mal même si on a la démonstration depuis des dizaines d'années par les telcos que ça scale pas (c'est pas pour rien que les propositions d'amélioration de MPLS vont vers moins d'état dans le cœur du réseau... ils réinventent Internet 40 ans plus tard, mais bon, on n'est pas à une réinvention de la roue près).