À mon sens ce que tu décris ne sont pas des journalistes
À mon sens tu as une idée fantasmée de ce que devrait être un journaliste, et évidemment tu regrettes qu'ils ne soient pas ce qu'ils ne sont pas censés être.
Rien dans le code de déontologie du journalisme n'impose la neutralité politique, par exemple. Et historiquement, tous les grands journaux sont politisés. Les journaux nés de la IIe guerre mondiale doivent leur existence à leur implication dans la résistance! Le journalisme et le militantisme, le journalisme et la politique, ça a toujours existé. Tu sembles imaginer qu'un bon journaliste devrait accabler autant le gouvernement que l'opposition, critiquer autant les programmes de Macron et du FN, mais l'image que tu t'es construite du journalisme ne repose que sur tes espoirs et pas sur les principes de la profession. Les questions de neutralité de traitement de l'information sont finalement très récentes, et seuls quelques journaux prétendent le faire (sans pour autant le faire réellement).
De toutes manières, rien que le choix des infos à traiter est une décision éditoriale, et toute décision éditoriale est critiquable. En gros, aucune ligne éditoriale ne pourrait convenir à tous.
Actuellement, tu as quand même pas mal de choix dans tes sources d'information : tu as la télé, avec des journaux TV qui ne couvrent que les grands sujets d'actualité, mais aussi des couleurs un peu différentes (le JT d'Arte par exemple,), et une coloration politique (le 13h de TF1 est quand même très très conservateur...). Tu as la presse régionale, une presse nationale politisée qui sert un peu d'organes de presse aux grands partis, une presse nationale un peu plus analytique (type Le Monde ou Le Point) qui n'échappe pas à la politisation non plus; une grosse presse "poubelle" à papparazzi, une petite presse d'investigation, etc. De toutes manières, tous ces machins ne survivent qu'à gros coups de subventions et de ressources publicitaires, parce que ça coûte cher et que personne n'achète.
Tu n'as qu'à le lancer, ton journal de journalistes neutres qui disent toute la vérité. Je serais curieux de savoir combien de gens ça va intéresser. Ça va consister en quoi? Une liste de dépêches d'agences de presse? Des reportages? Comment tu vas choisir les sujets de reportage? Lundi, les fins de mois difficiles du charcutier de Pithiviers sur Saone? Mardi, les dessous des négociations du Tafta? Mercredi, comment perdre du poids avant les vacances d'été? Si tu veux te lancer sur le créneau de la transparence des politiques publiques, du logiciel libre, des brevets logiciels, des problèmes de confidentialités avec les GAFAM, oui, c'est intéressant, mais c'est essentiellement politique, et je ne vois pas en quoi la démarche est originale, tous les journaux prétendre suivent une ligne éditoriale. Et tu verras vite fait qu'un article qui dit en substance "Le retour à MS de la ville de Munich est à la fois compréhensible et regrettable", tes lecteurs vont se barrer, parce que c'est juste chiant. Informatif, peut-être, mais chiant. Et ça n'est même pas original, puisque c'est le genre d'analyses qu'on trouve dans les journaux économiques.
[^] # Re: Journalimse ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal [Journal Bookmark] Pourquoi et comment j’ai créé un canular sur Wikipédia - PasseurDeScience. Évalué à 6.
À mon sens tu as une idée fantasmée de ce que devrait être un journaliste, et évidemment tu regrettes qu'ils ne soient pas ce qu'ils ne sont pas censés être.
Rien dans le code de déontologie du journalisme n'impose la neutralité politique, par exemple. Et historiquement, tous les grands journaux sont politisés. Les journaux nés de la IIe guerre mondiale doivent leur existence à leur implication dans la résistance! Le journalisme et le militantisme, le journalisme et la politique, ça a toujours existé. Tu sembles imaginer qu'un bon journaliste devrait accabler autant le gouvernement que l'opposition, critiquer autant les programmes de Macron et du FN, mais l'image que tu t'es construite du journalisme ne repose que sur tes espoirs et pas sur les principes de la profession. Les questions de neutralité de traitement de l'information sont finalement très récentes, et seuls quelques journaux prétendent le faire (sans pour autant le faire réellement).
De toutes manières, rien que le choix des infos à traiter est une décision éditoriale, et toute décision éditoriale est critiquable. En gros, aucune ligne éditoriale ne pourrait convenir à tous.
Actuellement, tu as quand même pas mal de choix dans tes sources d'information : tu as la télé, avec des journaux TV qui ne couvrent que les grands sujets d'actualité, mais aussi des couleurs un peu différentes (le JT d'Arte par exemple,), et une coloration politique (le 13h de TF1 est quand même très très conservateur...). Tu as la presse régionale, une presse nationale politisée qui sert un peu d'organes de presse aux grands partis, une presse nationale un peu plus analytique (type Le Monde ou Le Point) qui n'échappe pas à la politisation non plus; une grosse presse "poubelle" à papparazzi, une petite presse d'investigation, etc. De toutes manières, tous ces machins ne survivent qu'à gros coups de subventions et de ressources publicitaires, parce que ça coûte cher et que personne n'achète.
Tu n'as qu'à le lancer, ton journal de journalistes neutres qui disent toute la vérité. Je serais curieux de savoir combien de gens ça va intéresser. Ça va consister en quoi? Une liste de dépêches d'agences de presse? Des reportages? Comment tu vas choisir les sujets de reportage? Lundi, les fins de mois difficiles du charcutier de Pithiviers sur Saone? Mardi, les dessous des négociations du Tafta? Mercredi, comment perdre du poids avant les vacances d'été? Si tu veux te lancer sur le créneau de la transparence des politiques publiques, du logiciel libre, des brevets logiciels, des problèmes de confidentialités avec les GAFAM, oui, c'est intéressant, mais c'est essentiellement politique, et je ne vois pas en quoi la démarche est originale, tous les journaux prétendre suivent une ligne éditoriale. Et tu verras vite fait qu'un article qui dit en substance "Le retour à MS de la ville de Munich est à la fois compréhensible et regrettable", tes lecteurs vont se barrer, parce que c'est juste chiant. Informatif, peut-être, mais chiant. Et ça n'est même pas original, puisque c'est le genre d'analyses qu'on trouve dans les journaux économiques.