Il faut quand même arrêter avec le mythe des 80h par semaine. Les gens qui prétendent bosser 80h par semaine sont ceux qui ne savent pas compter leur temps de travail.
Sérieusement, 80h par semaine ça fait 11h30 de temps de travail par jour, week-end compris. Tu arrives au labo à 9h le matin, et tu pars donc à 21h30 (la pause méridienne étant décomptée du temps de travail), tous les jours, y compris le samedi et le dimanche? Ça n'est pas tenable une semaine, tu as les temps de transport en plus, et les mille trucs de la vie quotidienne à faire. Par exemple, les gens qui bossent beaucoup chez eux, le soir et le week-end, prennent souvent sur leur temps de travail de la journée pour régler des trucs perso (problèmes administratifs, aller chez le coiffeur, etc).
Déja, travailler de manière effective (je n'ai pas écrit "efficace") 50h par semaine, c'est vraiment beaucoup. Au-delà, ça n'est probablement pas faisable en rythme de croisière.
J'ai lu un billet de blog intéressant à ce sujet il y a peu de temps (https://dynamicecology.wordpress.com/2014/02/04/you-do-not-need-to-work-80-hours-a-week-to-succeed-in-academia/). Il semble que le mythe des 80h par semaine viennent des USA, où c'est comme une légende urbaine (et pas que dans l'académie). On pourrait aussi citer certaines cultures asiatiques (Japon, Corée) où ces histoires de temps de travail démesurés font partie de la vie quotidienne.
Dans le monde académique en France, d'après mon expérience, les doctorants "zombies" ne réussissent pas. En fait, ils tentent de compenser un problème (capacité de concentration, impression de ne pas maîtriser leur sujet, mauvaise prodictivité, manque de confiance en eux) par des horaires abusifs. En général, c'est un cercle vicieux : quand tu augmentes tes heures pour compenser un travail de piètre qualité, tu n'améliores pas la qualité du boulot. Et comme en sciences la qualité prévaut largement sur la quantité, tu vas t'enfermer dans ce rôle, et tes collègues diront de toi que tu as le profil d'un bon technicien. Inversement, les doctorants qui ne font pas leurs heures (il y en a) ont un problème de motivation, et aucune méthode de management ne peut les ramener dans une carrière académique.
Au final, l'impression que j'ai, c'est que tout le monde se fout de tes heures. On te demande de faire ton taf, que tu sois chercheur, directeur de recherche, maitre de conf, ou doctorant. Tant que le taf est fait, que les projets avancent, que les articles sortent à un rythme régulier, on se fout totalement de la manière dont tu t'organises. Si tu arrives à faire tout ça en bossent 30h par semaine, tant mieux pour toi. S'il te faut 60 heures, tant pis pour toi. Par contre, si tu merdoies et qu'en plus tu ne fais pas tes heures, alors bye bye la carrière. Si tu es précaire tu changeras de job, si tu es déja titulaire tu seras placardisé et tu devras gérer les rapports défavorables, les remarques de tes collègues sur le fait que tu devrais peut-être aller plomber les stats de publication d'un autre labo, etc. On peut dire que c'est une bonne vie de fonctionnaire planqué, mais si le placard était épanouissant, ça se saurait.
[^] # Re: Sceptique ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Création d'une revue scientifique libre et sceptique. Évalué à 8.
Il faut quand même arrêter avec le mythe des 80h par semaine. Les gens qui prétendent bosser 80h par semaine sont ceux qui ne savent pas compter leur temps de travail.
Sérieusement, 80h par semaine ça fait 11h30 de temps de travail par jour, week-end compris. Tu arrives au labo à 9h le matin, et tu pars donc à 21h30 (la pause méridienne étant décomptée du temps de travail), tous les jours, y compris le samedi et le dimanche? Ça n'est pas tenable une semaine, tu as les temps de transport en plus, et les mille trucs de la vie quotidienne à faire. Par exemple, les gens qui bossent beaucoup chez eux, le soir et le week-end, prennent souvent sur leur temps de travail de la journée pour régler des trucs perso (problèmes administratifs, aller chez le coiffeur, etc).
Déja, travailler de manière effective (je n'ai pas écrit "efficace") 50h par semaine, c'est vraiment beaucoup. Au-delà, ça n'est probablement pas faisable en rythme de croisière.
J'ai lu un billet de blog intéressant à ce sujet il y a peu de temps (https://dynamicecology.wordpress.com/2014/02/04/you-do-not-need-to-work-80-hours-a-week-to-succeed-in-academia/). Il semble que le mythe des 80h par semaine viennent des USA, où c'est comme une légende urbaine (et pas que dans l'académie). On pourrait aussi citer certaines cultures asiatiques (Japon, Corée) où ces histoires de temps de travail démesurés font partie de la vie quotidienne.
Dans le monde académique en France, d'après mon expérience, les doctorants "zombies" ne réussissent pas. En fait, ils tentent de compenser un problème (capacité de concentration, impression de ne pas maîtriser leur sujet, mauvaise prodictivité, manque de confiance en eux) par des horaires abusifs. En général, c'est un cercle vicieux : quand tu augmentes tes heures pour compenser un travail de piètre qualité, tu n'améliores pas la qualité du boulot. Et comme en sciences la qualité prévaut largement sur la quantité, tu vas t'enfermer dans ce rôle, et tes collègues diront de toi que tu as le profil d'un bon technicien. Inversement, les doctorants qui ne font pas leurs heures (il y en a) ont un problème de motivation, et aucune méthode de management ne peut les ramener dans une carrière académique.
Au final, l'impression que j'ai, c'est que tout le monde se fout de tes heures. On te demande de faire ton taf, que tu sois chercheur, directeur de recherche, maitre de conf, ou doctorant. Tant que le taf est fait, que les projets avancent, que les articles sortent à un rythme régulier, on se fout totalement de la manière dont tu t'organises. Si tu arrives à faire tout ça en bossent 30h par semaine, tant mieux pour toi. S'il te faut 60 heures, tant pis pour toi. Par contre, si tu merdoies et qu'en plus tu ne fais pas tes heures, alors bye bye la carrière. Si tu es précaire tu changeras de job, si tu es déja titulaire tu seras placardisé et tu devras gérer les rapports défavorables, les remarques de tes collègues sur le fait que tu devrais peut-être aller plomber les stats de publication d'un autre labo, etc. On peut dire que c'est une bonne vie de fonctionnaire planqué, mais si le placard était épanouissant, ça se saurait.