Mon avis de chercheur sur la vidéo.
Bon, disclaimer: peut-être que ce que ma propre expérience n'est pas du tout généralisable à tout le secteur scientifique.
Mon expérience personnelle n'est pas du tout similaire à ce qui est décrit dans la partie sur le problème de la diffusion des connaissances.
Dans mon domaine, la très grande majorité des communications se font via des meetings au sein de la collaboration, des séminaires, des conférences, des discussions privées par email, la documentation interne ou publique récoltée par la collaboration, la documentation publique récoltée par les autres collaborations. Cela inclut les répertoires tels que arXiv, qui n'est techniquement pas un éditeur.
Du coup, je ne suis pas sur qu'on puisse conclure si franchement que la baisse des publications éditées (suite à l'augmentation de leur coût d'abonnement) a réellement eu un impact important sur la diffusion des connaissance tel que le dit le type d'OpenEdition. Il est plausible que la baisse de l'usage de ces revues se soit accompagnée d'autres pratiques de diffusion des connaissances.
Je suis également surpris par exemple par l'exemple du virus Ebola. J'ose espérer que les chercheurs qui travaillent sur ce virus ne passent pas leur temps à attendre les publications journaux de leurs collègues pour savoir quelles sont les avancées, et qu'ils ont d'autres moyens de communication (conférences, communications internes, ...).
Je ne comprends pas également la logique selon laquelle la compréhension du public (et l'intérêt auprès de celui-ci) est mesurable en fonction du nombre de visiteurs. Dire que les publications scientifiques n'ont pas beaucoup d'intérêt pour les non-scientifiques, ce n'est pas de l'élitisme, c'est le résultat du constat qu'un chercheur lui-même ne comprend pas les publications dans un secteur légèrement différent du sien. Le fait que les publications en open access attirent tant de visiteurs devrait au contraire poser des questions: est-ce que les gens ne se rendent eux-mêmes réellement pas compte qu'ils comprennent mal ce qu'ils lisent ? (ils comprennent sans doute les grandes lignes, mais celles-ci sont déjà rendues publiques par les rapports d'activité des universités)
Une publication scientifique est sans doute un très mauvais moyen de s'intéresser au sujet, alors que tout les instituts de recherche font des efforts pour faire un tant soit peu de vulgarisation.
Je ne trouve pas très juste non plus lorsque le type explique que l'open access permet de rendre au public ce pour quoi il a payé. C'est un peu étrange alors qu'il parlait plus tôt du virus Ebola. Dans cet exemple, il est évident que le développement de moyens de lutte contre ce virus est en soi LE gros remboursement de l'argent dépensé. Au final, les publications scientifiques sont plutôt des outils de recherche et pas le résultat de la recherche lui-même (qui, lui, finit toujours par percoler jusqu'au grand public).
Je pense que l'open access a également des conséquences négatives, et qu'il ne faut pas les oublier. Par exemple, parmi les nombreux visiteurs des publications en open-access, on trouvera sûrement des climato-sceptiques qui auront pour but de trouver une phrase, sortie de son contexte, qui pourra être utilisée pour convaincre le voisin. Cela ne veut pas dire que cela n'en vaut pas la chandelle, mais c'est inutile de dépeindre un monde manichéen où "l'open access = la connaissance pour tous".
Au final, c'est totalement vrai que l'édition scientifique est dysfonctionnelle. Mais le ton de cette émission me dérange un peu (mais c'est pas la mort non plus).
[^] # Re: Pour ceux qui ne connaîtrait pas ...
Posté par j-c_32 . En réponse au journal Création d'une revue scientifique libre et sceptique. Évalué à 5.
Mon avis de chercheur sur la vidéo.
Bon, disclaimer: peut-être que ce que ma propre expérience n'est pas du tout généralisable à tout le secteur scientifique.
Mon expérience personnelle n'est pas du tout similaire à ce qui est décrit dans la partie sur le problème de la diffusion des connaissances.
Dans mon domaine, la très grande majorité des communications se font via des meetings au sein de la collaboration, des séminaires, des conférences, des discussions privées par email, la documentation interne ou publique récoltée par la collaboration, la documentation publique récoltée par les autres collaborations. Cela inclut les répertoires tels que arXiv, qui n'est techniquement pas un éditeur.
Du coup, je ne suis pas sur qu'on puisse conclure si franchement que la baisse des publications éditées (suite à l'augmentation de leur coût d'abonnement) a réellement eu un impact important sur la diffusion des connaissance tel que le dit le type d'OpenEdition. Il est plausible que la baisse de l'usage de ces revues se soit accompagnée d'autres pratiques de diffusion des connaissances.
Je suis également surpris par exemple par l'exemple du virus Ebola. J'ose espérer que les chercheurs qui travaillent sur ce virus ne passent pas leur temps à attendre les publications journaux de leurs collègues pour savoir quelles sont les avancées, et qu'ils ont d'autres moyens de communication (conférences, communications internes, ...).
Je ne comprends pas également la logique selon laquelle la compréhension du public (et l'intérêt auprès de celui-ci) est mesurable en fonction du nombre de visiteurs. Dire que les publications scientifiques n'ont pas beaucoup d'intérêt pour les non-scientifiques, ce n'est pas de l'élitisme, c'est le résultat du constat qu'un chercheur lui-même ne comprend pas les publications dans un secteur légèrement différent du sien. Le fait que les publications en open access attirent tant de visiteurs devrait au contraire poser des questions: est-ce que les gens ne se rendent eux-mêmes réellement pas compte qu'ils comprennent mal ce qu'ils lisent ? (ils comprennent sans doute les grandes lignes, mais celles-ci sont déjà rendues publiques par les rapports d'activité des universités)
Une publication scientifique est sans doute un très mauvais moyen de s'intéresser au sujet, alors que tout les instituts de recherche font des efforts pour faire un tant soit peu de vulgarisation.
Je ne trouve pas très juste non plus lorsque le type explique que l'open access permet de rendre au public ce pour quoi il a payé. C'est un peu étrange alors qu'il parlait plus tôt du virus Ebola. Dans cet exemple, il est évident que le développement de moyens de lutte contre ce virus est en soi LE gros remboursement de l'argent dépensé. Au final, les publications scientifiques sont plutôt des outils de recherche et pas le résultat de la recherche lui-même (qui, lui, finit toujours par percoler jusqu'au grand public).
Je pense que l'open access a également des conséquences négatives, et qu'il ne faut pas les oublier. Par exemple, parmi les nombreux visiteurs des publications en open-access, on trouvera sûrement des climato-sceptiques qui auront pour but de trouver une phrase, sortie de son contexte, qui pourra être utilisée pour convaincre le voisin. Cela ne veut pas dire que cela n'en vaut pas la chandelle, mais c'est inutile de dépeindre un monde manichéen où "l'open access = la connaissance pour tous".
Au final, c'est totalement vrai que l'édition scientifique est dysfonctionnelle. Mais le ton de cette émission me dérange un peu (mais c'est pas la mort non plus).