• [^] # Re: Et puis c'est pas comme si c'était la première cause de mortalité en France

    Posté par . En réponse au journal Morts du cancer, quelle honte !. Évalué à 4.

    En quoi est-ce « même rentable économiquement » ? Les transports en commun sont une bonne chose pour des tas de raisons, mais il faut comprendre qu'ils sont massivement subventionnés afin que le prix affiché du trajet ne dissuade les usagers de se débrouiller autrement.

    Les énergies fossiles comme le pétrole sont aussi l'objet d'énormément de subventions, directes et indirectes. Les diverses taxes sur le pétrole et l'achat d'automobile sont loin de compenser tous les coûts. Parce qu'en dehors des coûts bien visibles (production des automobiles, maintient d'un réseau routier énorme, dont même je doute qu'ils soient tous bien pris en compte), il y a en a bien d'autres. Les accidents, problèmes respiratoires, cancers, ça fait des dépenses publiques (en plus d'être grave d'un point de vue humain). De même pour le besoin de maintenir une présence militaire importante aux points d'approvisionnement, par exemple.

    Mais il me semble que même sans aller chercher très loin, c'est quand même pas difficile d'imaginer que d'un point de vu coût pour la société dans son ensemble, des trains et des autobus sur des rails et lignes d'autobus placées stratégiquement avec logique, même pas très pleins, c'est mieux qu'une masse infinie d'automobiles (coût énorme de production) qui passent la plupart de leur temps à l'arrêt à occuper de la place à des endroits où le mètre carré ça coûte un bras, et quand elles roulent, c'est dans la grande majorité des cas avec une seule personne à l'intérieur.

    Franchement, ce qui dissuade le plus d'utiliser les transports en public, c'est souvent leur inexistence ou leur fiabilité médiocre, pas trop le prix (qui n'est souvent pas idéal pour diverses raisons pas souvent techniques) : rien qu'avec le prix que coûte une voiture, je peux voyager en transport public pendant des années. À plein d'endroits, celui qui a un travail loin de où il habite, n'a souvent pas le choix du transport public. D'ailleurs, au passage, la distance entre lieu de travail et lieu de résidence qui s'accroît et elle aussi un problème très lié, qui contribue à la pollution et à accroître le besoin de transport artificiellement, la raison d'habiter loin de son travail étant souvent une question de prix de logement, qui elle aussi représente un problème « simple » qui devient compliqué, mais se résoudrait facilement de pleins façons, comme par exemple des trucs aussi stupides comme appliquer des taxes suivant une loi exponentielle en fonction du nombre de logements dont on est propriétaire (ce qui éviterait les sociétés avec des dizaines de milliers de logements, qui de plus font souvent des contrats juteux avec l'État).

    Pour une raison simple : la majorité des gens aujourd'hui ont une voiture et ces trajets sont beaucoup plus commodes à effectuer, porte à porte, en voiture individuelle. On pourrait certainement améliorer la situation à la marge, mais ça ne changerait pas fondamentalement les données du problème.

    Remplacer une marche de quelques minutes vers un arrêt d'autobus, métro ou autre par l'utilisation d'une tonne de fer individuelle pour bouger quelques 75kg en moyenne, c'est une aberration écologique et économique (en plus d'être mauvais pour la santé, autant par l'incitation à ne pas marcher plus de deux minutes jusqu'à sa voiture, que par la pollution engendrée).

    En même temps, le problème avec la philosophie inverse, c'est qu'on ne fait jamais rien, parce que la plupart des inventions humaines ont, d'une manière ou d'une autre, des effets néfastes sur « l'environnement ». Après tout, l'agriculture, peut-être une des deux inventions les plus fondamentales (avec l'écriture) de l'histoire technique, a eu un effet cumulatif absolument dévastateur sur l'environnement (bien plus que la voiture, l'avion, etc.). Si l'homme du néolithique avait écouté les prescriptions « écologistes », il serait resté chasseur-cueilleur et n'aurait jamais développé les civilisations qui ont suivi le passage à l'agriculture (qui a permis la densification des peuplements, et donc les villes, la division du travail, etc.). En réalité, le changement technique comporte toujours une part de saut dans l'inconnu, et vouloir éviter tout risque implique de se priver de la plupart des innovations potentielles.

    Il y a une différence entre rejeter toute innovation et choisir une alternative plus raisonnable, plutôt que préconiser la tonne de fer à moteur individuelle ou les pesticides et tout ce qui va avec. Si les pesticides dangereux étaient un évènement exceptionnel, le risque pourrait se comprendre parfaitement, tout est toujours question de compromis, mais ce n'est pas le cas, on sait parfaitement qu'il doit y en avoir suffisamment qui nous empoisonnent, et les avantages que leur sur-utilisation apporte ne se justifient juste pas. Avant, avec des moyens bien plus limités, les gens arrivaient à se nourrir plus ou moins, alors aujourd'hui, avec les moyens actuels, c'est absurde qu'il faille risquer de tout empoisonner avec haute probabilité, alors qu'on produit largement en excès. En s'organisant aurait dû dépasser le problème du petit producteur qui, s'il n'utilisait pas de pesticides, risquait de voir sa récolte de l'année perdue et tout son commerce ruiné, ou juste d'être incapable de survivre à la concurrence qui les utilisait sans perdre grand chose dans les ventes, vu que le détail d'utilisation ou non de pesticides n'est pas requise dans les étiquettes des produits.