• [^] # Re: Et puis c'est pas comme si c'était la première cause de mortalité en France

    Posté par . En réponse au journal Morts du cancer, quelle honte !. Évalué à 4.

    Par exemple favoriser plus agressivement les transports en commun plutôt que la voiture personnelle, bien que même rentable économiquement pour la population dans son ensemble

    En quoi est-ce « même rentable économiquement » ? Les transports en commun sont une bonne chose pour des tas de raisons, mais il faut comprendre qu'ils sont massivement subventionnés afin que le prix affiché du trajet ne dissuade les usagers de se débrouiller autrement.

    En pratique, ça ne se fait que dans les cas où vraiment la voiture individuelle devient juste absurde (centre des grandes villes, trajets rapides en train entre grandes villes,

    Pas « absurde », mais moins efficace. Or, pour que ce soit moins efficace, il faut justement qu'il s'agisse de dessertes très empruntées.

    Et les trains en dehors des connexions entre grandes villes, c'est plus ce que c'était non plus

    Pour une raison simple : la majorité des gens aujourd'hui ont une voiture et ces trajets sont beaucoup plus commodes à effectuer, porte à porte, en voiture individuelle. On pourrait certainement améliorer la situation à la marge, mais ça ne changerait pas fondamentalement les données du problème.

    C'est le problème avec la philosophie « on utilise le pesticide tant qu'on ne connaît pas très bien les défauts mais bien les avantages, plutôt que de s'assurer qu'il ne soit pas trop dangereux avant »

    En même temps, le problème avec la philosophie inverse, c'est qu'on ne fait jamais rien, parce que la plupart des inventions humaines ont, d'une manière ou d'une autre, des effets néfastes sur « l'environnement ». Après tout, l'agriculture, peut-être une des deux inventions les plus fondamentales (avec l'écriture) de l'histoire technique, a eu un effet cumulatif absolument dévastateur sur l'environnement (bien plus que la voiture, l'avion, etc.). Si l'homme du néolithique avait écouté les prescriptions « écologistes », il serait resté chasseur-cueilleur et n'aurait jamais développé les civilisations qui ont suivi le passage à l'agriculture (qui a permis la densification des peuplements, et donc les villes, la division du travail, etc.). En réalité, le changement technique comporte toujours une part de saut dans l'inconnu, et vouloir éviter tout risque implique de se priver de la plupart des innovations potentielles.