• [^] # Re: Leur demander ?

    Posté par . En réponse au journal Morts du cancer, quelle honte !. Évalué à 6.

    MAIS, si je me mets un tout petit peu à la place du médecin, j'avoue que je serais bien emmerdé à l'idée d'annoncer une nouvelle pareille. Comment je gère les réactions?

    Avec humanité. Fais un stage, je sais pas. Si t'es médecin, c'est ton boulot. Et puisque l'internat se passe à l'hôpital, on ne me fera pas croire qu'un médecin n'a jamais eu à confronter la mort d'un ou plusieurs patients en face (constatée ou à venir).

    Je conseille à tous la lecture de la pièce « Wit » (traduit en « Un trait d'esprit » en France, et qui a obtenu le prix Pullitzer théâtral en 1999), écrit par Margaret Edson, une ancienne infirmière dans un centre d'oncologie, et qui raconte la froideur des médecins avec les patients cancéreux, dont fait partie le personnage principal (elle-même académique « froide »). La pièce n'a été jouée en France que peu de fois à ma connaissance, et vaut le coup d'être vue « live ». Mais la lecture en elle-même inflige un choc à l'âme. L'un des aspects intéressant est notamment la transformation de nouveaux oncologues en cliniciens froids et complètement désaffectés.

    Les oncologues sont, paraît, de plus en plus formés à gérer cet aspect. Les autres, pas forcément. Si au moins ils réalisaient que leur non-verbal en dit déjà trop, ça serait déjà pas si mal, effectivement.

    Par exemple, il n'est pas normal qu'un généraliste ne soit pas formé à ça, rien qu'à cause du fait que des spécialistes taciturnes renvoient leurs patients à eux pour se dédouaner ! :)