Pourtant, si tu te revendiques d'un genre particulier, c'est que tu estimes que la différence homme / femme se fait aussi dans le cerveau et on retombe en fait sur la construction mentale de ce qui est féminin et masculin qui sont des stéréotypes sexistes bien connus.
En fait il y a une contradiction entre deux types de discours (dans le féminisme, mais plus généralement dans certains discours contemporains « de gauche ») :
un discours consistant à dire que notre identité et notre parcours sont déterminés socialement (par exemple, le genre est une assignation sociale), et à dénoncer les effets pervers de cette détermination. Poussé à l'extrême, cela donne un genre de victimisme (comme quand Ségolène Royal dénonçait le sexisme à chaque critique pendant la présidentielle).
un discours consistant à revendiquer en permanence son droit de tout choisir pour soi-même, en prétendant qu'on peut ignorer les déterminismes sociaux pour se construire soi-même ex nihilo.
Rationnellement, le second discours pose un problème certain au premier. Dans le climat politiquement correct de la « gauche » contemporaine, cependant, aucun des deux discours ne peut critiquer trop frontalement l'autre, ce qui conduit à une sorte de contradiction larvée mais permanente entre le victimisme (« c'est pas moi, c'est la société ») et l'affirmation identitaire (« c'est mon droit », « c'est mon choix »).
[^] # Re: Une intelligence qui parle avec une autre intelligence.
Posté par Antoine . En réponse au sondage Genre du lectorat de LinuxFr.org. Évalué à 9.
En fait il y a une contradiction entre deux types de discours (dans le féminisme, mais plus généralement dans certains discours contemporains « de gauche ») :
un discours consistant à dire que notre identité et notre parcours sont déterminés socialement (par exemple, le genre est une assignation sociale), et à dénoncer les effets pervers de cette détermination. Poussé à l'extrême, cela donne un genre de victimisme (comme quand Ségolène Royal dénonçait le sexisme à chaque critique pendant la présidentielle).
un discours consistant à revendiquer en permanence son droit de tout choisir pour soi-même, en prétendant qu'on peut ignorer les déterminismes sociaux pour se construire soi-même ex nihilo.
Rationnellement, le second discours pose un problème certain au premier. Dans le climat politiquement correct de la « gauche » contemporaine, cependant, aucun des deux discours ne peut critiquer trop frontalement l'autre, ce qui conduit à une sorte de contradiction larvée mais permanente entre le victimisme (« c'est pas moi, c'est la société ») et l'affirmation identitaire (« c'est mon droit », « c'est mon choix »).