Jean-Baptiste Faure écrivait plus haut (fil séparé, car ce n’est pas une réponse) :
La notebookbar est une réponse à une demande de nombreux utilisateurs et un compromis [...] entre [...] le ruban, [...] le volet latéral [et] les barres d’outils classiques.
En fait, je pense que c’est ça, le problème de Libre Office (côté design) : à trop donner dans le compromis, on finit par compromettre ses objectifs. Ça a été répété maintes et maintes fois par mes pairs designers, mais le design n’est pas une question de préférence ; il s’agit d’établir des objectifs, et les choix qui seront faits ensuite peuvent et doivent être jugés à l’aune de la façon dont ils répondent auxdits objectifs.
Je n’ai pas travaillé sur des applications bureautiques, donc je n’ai pas de réponse complète, mais, à première vue, je dirais qu’un élément de réponse essentiel est la plateforme cible : ruban et barre d’outils prennent de l’espace verticalement et sont donc plus adaptés à un affichage ayant une certaine hauteur (mobile, tablette, moniteurs 4:3), tandis que le volet latéral prend de l’espace horizontal et donc permet d’afficher plus du document (qu’on défile verticalement) sur un affichage large (moniteur 16:9, par exemple).
En y réfléchissant un peu plus (mais vraiment cinq minutes), j’ajouterai que ruban comme volet vertical permettent plus facilement une catégorisation que la barre d’outils. Un peu à la manière d’une barre de menus, mais en moins austère, donc plus accessible au grand public.
J’en déduis (mais à prendre avec des pincettes, je n’y ai toujours réfléchi que cinq minutes) que l’interface idéale serait un affichage responsive avec un ruban en mode portrait et un volet latéral en mode paysage, tous deux offrant les mêmes catégories pour que l’utilisateur s’y retrouve plus facilement.
Maintenant, les objectifs induits par mon raisonnement étaient les suivants :
Permettre un affichage maximal du document dans l’espace donné.
Faciliter l’accès aux outils.
Pourquoi ? Parce qu’un utilisateur de suite bureautique veut créer ou éditer des documents, et non utiliser tel ou tel outil. L’objectif 0 est en fait de faire le meilleur produit, de permettre la meilleure expérience d’utilisation possible.
Mais quand je vois l’évolution de l’interface de Libre Office, j’ai toujours cette impression que l’objectif est resté de produire une alternative libre à MS Office. J’ai peut-être tort. Je l’espère, du plus profond de mon cœur. Mais c’est une impression désagréable. Parce que si l’objectif est d’être une alternative (libre ou pas), alors il n’y a aucune raison d’espérer que Libre Office ne devienne quoi que ce soit de plus qu’une alternative, un pis-aller, qui suivra plus ou moins les tendances établies chez le concurrent plutôt que d’apporter ses solutions au problème autrement plus important qu’est la réponse à la question suivante : Comment aider l’utilisateur au mieux ?
# Compromis...
Posté par al.jes . En réponse au journal LibreOffice fait évoluer son interface. Évalué à 4.
Jean-Baptiste Faure écrivait plus haut (fil séparé, car ce n’est pas une réponse) :
En fait, je pense que c’est ça, le problème de Libre Office (côté design) : à trop donner dans le compromis, on finit par compromettre ses objectifs. Ça a été répété maintes et maintes fois par mes pairs designers, mais le design n’est pas une question de préférence ; il s’agit d’établir des objectifs, et les choix qui seront faits ensuite peuvent et doivent être jugés à l’aune de la façon dont ils répondent auxdits objectifs.
Je n’ai pas travaillé sur des applications bureautiques, donc je n’ai pas de réponse complète, mais, à première vue, je dirais qu’un élément de réponse essentiel est la plateforme cible : ruban et barre d’outils prennent de l’espace verticalement et sont donc plus adaptés à un affichage ayant une certaine hauteur (mobile, tablette, moniteurs 4:3), tandis que le volet latéral prend de l’espace horizontal et donc permet d’afficher plus du document (qu’on défile verticalement) sur un affichage large (moniteur 16:9, par exemple).
En y réfléchissant un peu plus (mais vraiment cinq minutes), j’ajouterai que ruban comme volet vertical permettent plus facilement une catégorisation que la barre d’outils. Un peu à la manière d’une barre de menus, mais en moins austère, donc plus accessible au grand public.
J’en déduis (mais à prendre avec des pincettes, je n’y ai toujours réfléchi que cinq minutes) que l’interface idéale serait un affichage responsive avec un ruban en mode portrait et un volet latéral en mode paysage, tous deux offrant les mêmes catégories pour que l’utilisateur s’y retrouve plus facilement.
Maintenant, les objectifs induits par mon raisonnement étaient les suivants :
Pourquoi ? Parce qu’un utilisateur de suite bureautique veut créer ou éditer des documents, et non utiliser tel ou tel outil. L’objectif 0 est en fait de faire le meilleur produit, de permettre la meilleure expérience d’utilisation possible.
Mais quand je vois l’évolution de l’interface de Libre Office, j’ai toujours cette impression que l’objectif est resté de produire une alternative libre à MS Office. J’ai peut-être tort. Je l’espère, du plus profond de mon cœur. Mais c’est une impression désagréable. Parce que si l’objectif est d’être une alternative (libre ou pas), alors il n’y a aucune raison d’espérer que Libre Office ne devienne quoi que ce soit de plus qu’une alternative, un pis-aller, qui suivra plus ou moins les tendances établies chez le concurrent plutôt que d’apporter ses solutions au problème autrement plus important qu’est la réponse à la question suivante : Comment aider l’utilisateur au mieux ?