Je plussoie pour La saga du Commonwealth : c'est un "page turner" mêlant comme souvent chez Peter F. Hamilton enquête policière et SF à grand spectacle : aliens (très) méchants ou énigmatiques, sphère de Dyson, portails interstellaires etc... C'est écrit dans un style simple qui fait que les bouquins se lisent bien en V.O.
Ma principale réserve concerne le peu d'imagination dont il fait preuve pour décrire cette société du futur, dans la trilogie du vide une des héroïnes gagne sa vie en rénovant des appartements et trouve l'amour dans un magasin de bricolage !
Les deux séries sont éditées en France chez Bragelonne qui est un des rares éditeurs à respecter ses lecteurs qui lisent en numérique : pas de DRM, prix significativement plus bas que les éditions papier, y compris pour les poches.
Pour donner une idée du style voici le début du prologue de "Pandore abusée" :
Le croissant bouffi et roux sale de cette planète qui n’était pas vraiment un monde dominait Ulysse de toute sa masse : Mars. Petite, glaciale, aride, dépourvue d’air, c’était une version froide de l’enfer. Sa silhouette rougeoyante était intimement liée à l’histoire de l’humanité. D’abord dieu de la guerre adoré par des générations de combattants, Mars avait ensuite inspiré d’innombrables rêveurs.
Pour le capitaine-pilote de la NASA Wilson Kime, le rêve était devenu réalité. Deux cents kilomètres derrière le pare-brise étroit et incurvé de son module d’atterrissage, il devinait l’entaille sombre de Valles Marineris. Petit garçon, il avait bu goulûment les fantasmes technologiques décrits par la fondation du Bélier. Un jour, dans un futur indéterminé, le génie humain parviendrait à faire fondre la glace emprisonnée sous ce paysage couleur rouille, et une eau écumante s’écoulerait de nouveau au fond de ce large canyon. Aujourd’hui, il allait arpenter les cratères poussiéreux dont il avait tant de fois admiré les photos satellite ; il recueillerait dans ses mains gantées ce sable rouge légendaire, il le laisserait s’échapper et le regarderait tomber lentement dans la faible gravité. Aujourd’hui serait son jour de gloire.
Wilson se lança instinctivement dans un exercice de respiration, calmant les battements de son cœur avant que la réalité de ce qui était sur le point de se produire affecte son métabolisme. Pas question de laisser aux toubibs de Houston une chance de mettre en doute sa capacité à piloter son engin d’atterrissage. Il avait passé huit ans dans l’USAF et s’était battu deux fois au Japon dans le cadre de l’opération « Restaurer la paix ». Puis il avait bossé neuf ans pour la NASA. Toutes ces années de travail et d’attente. Tous ces sacrifices. Son premier mariage, l’enfant qui refusait de le voir. Les innombrables simulations à Houston, les conférences de presse, les visites de sites industriels à n’en plus finir. Il avait supporté tout cela pour pouvoir vivre ce moment, pour poser le pied sur ce sol sacré.
Mars. Enfin !
— Mise en route du scanner VKT, mesure de résistance et d’induction, dit-il au pilote automatique de son engin.
Les rais de couleur emprisonnés dans le pare-brise formèrent de nouvelles figures géométriques. Wilson regarda l’horloge du coin de l’œil : huit minutes.
— Purge du système de BGA et du tunnel de liaison.
Sa main gauche voleta au-dessus de la console et enclencha les boutons idoines. Des diodes s’allumèrent, confirmant le bon fonctionnement des appareils. Les logiciels de commande vocale avaient leurs limites, et certaines manipulations resteraient à jamais le domaine réservé de l’homme.
[^] # Re: Des HS
Posté par Colargol . En réponse au journal Un peu de SF. Évalué à 7.
Je plussoie pour La saga du Commonwealth : c'est un "page turner" mêlant comme souvent chez Peter F. Hamilton enquête policière et SF à grand spectacle : aliens (très) méchants ou énigmatiques, sphère de Dyson, portails interstellaires etc... C'est écrit dans un style simple qui fait que les bouquins se lisent bien en V.O.
Ma principale réserve concerne le peu d'imagination dont il fait preuve pour décrire cette société du futur, dans la trilogie du vide une des héroïnes gagne sa vie en rénovant des appartements et trouve l'amour dans un magasin de bricolage !
Les deux séries sont éditées en France chez Bragelonne qui est un des rares éditeurs à respecter ses lecteurs qui lisent en numérique : pas de DRM, prix significativement plus bas que les éditions papier, y compris pour les poches.
Pour donner une idée du style voici le début du prologue de "Pandore abusée" :
Le croissant bouffi et roux sale de cette planète qui n’était pas vraiment un monde dominait Ulysse de toute sa masse : Mars. Petite, glaciale, aride, dépourvue d’air, c’était une version froide de l’enfer. Sa silhouette rougeoyante était intimement liée à l’histoire de l’humanité. D’abord dieu de la guerre adoré par des générations de combattants, Mars avait ensuite inspiré d’innombrables rêveurs.
Pour le capitaine-pilote de la NASA Wilson Kime, le rêve était devenu réalité. Deux cents kilomètres derrière le pare-brise étroit et incurvé de son module d’atterrissage, il devinait l’entaille sombre de Valles Marineris. Petit garçon, il avait bu goulûment les fantasmes technologiques décrits par la fondation du Bélier. Un jour, dans un futur indéterminé, le génie humain parviendrait à faire fondre la glace emprisonnée sous ce paysage couleur rouille, et une eau écumante s’écoulerait de nouveau au fond de ce large canyon. Aujourd’hui, il allait arpenter les cratères poussiéreux dont il avait tant de fois admiré les photos satellite ; il recueillerait dans ses mains gantées ce sable rouge légendaire, il le laisserait s’échapper et le regarderait tomber lentement dans la faible gravité. Aujourd’hui serait son jour de gloire.
Wilson se lança instinctivement dans un exercice de respiration, calmant les battements de son cœur avant que la réalité de ce qui était sur le point de se produire affecte son métabolisme. Pas question de laisser aux toubibs de Houston une chance de mettre en doute sa capacité à piloter son engin d’atterrissage. Il avait passé huit ans dans l’USAF et s’était battu deux fois au Japon dans le cadre de l’opération « Restaurer la paix ». Puis il avait bossé neuf ans pour la NASA. Toutes ces années de travail et d’attente. Tous ces sacrifices. Son premier mariage, l’enfant qui refusait de le voir. Les innombrables simulations à Houston, les conférences de presse, les visites de sites industriels à n’en plus finir. Il avait supporté tout cela pour pouvoir vivre ce moment, pour poser le pied sur ce sol sacré.
Mars. Enfin !
— Mise en route du scanner VKT, mesure de résistance et d’induction, dit-il au pilote automatique de son engin.
Les rais de couleur emprisonnés dans le pare-brise formèrent de nouvelles figures géométriques. Wilson regarda l’horloge du coin de l’œil : huit minutes.
— Purge du système de BGA et du tunnel de liaison.
Sa main gauche voleta au-dessus de la console et enclencha les boutons idoines. Des diodes s’allumèrent, confirmant le bon fonctionnement des appareils. Les logiciels de commande vocale avaient leurs limites, et certaines manipulations resteraient à jamais le domaine réservé de l’homme.