• [^] # Re: Économie de don au sein de la monnaie non libre !

    Posté par . En réponse à la dépêche Liberapay, plate‐forme libre de dons récurrents. Évalué à 3.

    Je reconnais que ma formulation n'était pas claire, et pouvait prêter à confusion. Ce que je voulais dire c'est que toute dette ne crée pas nécessairement de la monnaie, mais que certaines en créent. Ce qui importe, c'est que le porteur d'une valeur monétaire possède une reconnaissance de dette que tout un chacun est libre d'accepter en échange d'un bien ou d'un service.

    Dans mon exemple fictif, la dette que B contracte envers A peut bien être à l'origine de la création de monnaie, tout comme ce pourrait déjà être un titre de dette dont il disposerait déjà. Ensuite libre à chacun d'accepter ou non cette monnaie comme véhicule de leurs échanges. Néanmoins, si cette dette crée de la monnaie et qu'ensuite B s'acquitte de la dette qu'il a envers C, alors cette quantité de monnaie est détruite. C'est le phénomène dont parlait sub0 lorsqu'il disait : « le mécanisme de création monétaire est complété par celui de destruction ».

    Comment les banques créent la monnaie... quelques mythes sur le site d'un économiste québécois.

    Pour l'exemple que tu me proposes : d'une il n'est pas nécessaire de faire intervenir de la monnaie pour que l'échange puisse avoir lieu s'ils possèdent déjà ce qu'ils souhaitent échanger; deuxièmement ils peuvent, dans la réalité, obtenir une reconnaissance de dette auprès d'un tiers (ou de l'un d'entre eux s'ils ne sont que tous les trois, mais c'est un univers bien fictif que tu décris) qui peut garantir, sur les biens existants en sa possession, que la dette sera honorée afin d'inspirer confiance dans la monnaie ainsi créée.

    Et ce genre de système n'exclut nullement l'économie du don en se restreignant à l'économie marchande. La suite du pamphlet Maudit argent, dont j'ai donné un extrait dans un autre commentaire, contenant ceci :

    Que si vous me cédez cet écu gratuitement, en ce cas, il est certain que j’en serai d’autant plus riche, mais vous en serez d’autant plus pauvre, et la fortune sociale, prise en masse, ne sera pas changée ; car cette fortune, je l’ai déjà dit, consiste en services réels, en satisfactions effectives, en choses utiles. Vous étiez créancier de la société, vous m’avez substitué à vos droits, et il importe peu à la société, qui est redevable d’un service, de le rendre à vous ou à moi. Elle s’acquitte en le rendant au porteur du titre.

    Le mécanisme de création monétaire de la TRM ne reposant sur nulle garantie d'existence de services réels, de satisfactions effectives, de choses utiles, ce en quoi consiste à proprement parler la richesse, me semble, de son côté, être une monnaie de singe : c'est la planche à billet. Pour ma part, je ne voudrais ni en recevoir, ni en échanger, ni en donner.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.