Un journal et 140 commentaires. Si on revient aux sources, c'est-à-dire les discussions de développement de Emacs, on a :
Clément Pit--Claudel qui s'interroge en décembre 2015 sur le support des fontes multicolores sur les différentes plateformes.
Il apparaît pendant la discussion de décembre que c'est bien géré par Emacs sous OSX mais par sur les autres plateformes. La discussion continue sur comment ajouter ça sur les plateformes libres. Clément indique que freetype et d'autres programmes utilisateurs (Firefox, Chrome) gèrent ça, mais Rüdiger Sonderfeld repère un blocage: libXft ne gère pas ça pour l'instant, un travail inachevé a été proposé pour cette bibliothèque, et sa finition serait nécessaire pour ce que soit facilement disponible dans Emacs.
Début janvier 2016, Yamamoto Mitsuharu fait remarquer qu'avoir une fonctionnalité implémentée dans OSX (il y a du code spécifique pour gérer ça dans Emacs) et pas sur les autres systèmes est contradictoire avec l'accord de principe qui a été conclu au moment de l'intégration du port MacOS. Après une relance en avril 2016, la fonctionnalité est désactivée du port Mac.
Les développeurs d'Emacs ont exprimé plusieurs fois pendant cette discussion que, même si la fonctionnalité n'était pas prioritaire pour eux, ils seraient tout à fait prêts à l'intégrer si quelqu'un faisait le travail de la faire marcher:
Il est tout à fait légitime d'avoir un (long) débat sur cette approche de la responsabilité des développeurs de logiciels dans les choix de plateformes logicielles. Mais on peut aussi se demander : si une petite portion de l'énergie investie dans le débat sur LinuxFR avait été dirigée vers le fait d'aider à implémenter cette fonctionnalité dans Emacs (ou en amont dans libXft), ou au moins de communiquer avec les développeurs de la brique qui bloque pour leur faire savoir l'intérêt pour la fonctionnalité, est-ce qu'elle ne serait pas disponible aujourd'hui ?
Parler, c'est bien, mais c'est important de faire aussi, en même temps.
Agir concrètement demande des compétences, certes, mais la barrière n'est pas aussi élevée qu'on pourrait le penser; de plus, c'est en essayant de faire, en continu, est qu'on entretient une culture où c'est possible et normal, et qu'on partage les compétences nécessaires.
# Au boulot ?
Posté par gasche . En réponse au journal De l'autarcie du projet GNU, ou comment Emacs ne veut pas devenir EmacOs. Évalué à 10.
Un journal et 140 commentaires. Si on revient aux sources, c'est-à-dire les discussions de développement de Emacs, on a :
Clément Pit--Claudel qui s'interroge en décembre 2015 sur le support des fontes multicolores sur les différentes plateformes.
Il apparaît pendant la discussion de décembre que c'est bien géré par Emacs sous OSX mais par sur les autres plateformes. La discussion continue sur comment ajouter ça sur les plateformes libres. Clément indique que freetype et d'autres programmes utilisateurs (Firefox, Chrome) gèrent ça, mais Rüdiger Sonderfeld repère un blocage: libXft ne gère pas ça pour l'instant, un travail inachevé a été proposé pour cette bibliothèque, et sa finition serait nécessaire pour ce que soit facilement disponible dans Emacs.
Début janvier 2016, Yamamoto Mitsuharu fait remarquer qu'avoir une fonctionnalité implémentée dans OSX (il y a du code spécifique pour gérer ça dans Emacs) et pas sur les autres systèmes est contradictoire avec l'accord de principe qui a été conclu au moment de l'intégration du port MacOS. Après une relance en avril 2016, la fonctionnalité est désactivée du port Mac.
Les développeurs d'Emacs ont exprimé plusieurs fois pendant cette discussion que, même si la fonctionnalité n'était pas prioritaire pour eux, ils seraient tout à fait prêts à l'intégrer si quelqu'un faisait le travail de la faire marcher:
Patches are welcome to add support for this to Emacs on Posix systems.
If some volunteer wants to take it on, then we could enable it in your code.
Il est tout à fait légitime d'avoir un (long) débat sur cette approche de la responsabilité des développeurs de logiciels dans les choix de plateformes logicielles. Mais on peut aussi se demander : si une petite portion de l'énergie investie dans le débat sur LinuxFR avait été dirigée vers le fait d'aider à implémenter cette fonctionnalité dans Emacs (ou en amont dans libXft), ou au moins de communiquer avec les développeurs de la brique qui bloque pour leur faire savoir l'intérêt pour la fonctionnalité, est-ce qu'elle ne serait pas disponible aujourd'hui ?
Parler, c'est bien, mais c'est important de faire aussi, en même temps.
Agir concrètement demande des compétences, certes, mais la barrière n'est pas aussi élevée qu'on pourrait le penser; de plus, c'est en essayant de faire, en continu, est qu'on entretient une culture où c'est possible et normal, et qu'on partage les compétences nécessaires.