• [^] # Légaliser, pas légaliser...

    Posté par . En réponse à la dépêche eMule pour Linux. Évalué à 2.

    La vraie question, c'est comment tu comptes faire pour interdire la copie ? Plomber les p2p ? Il en reviendra d'autres, cryptés et distribués. Mettre du DRM ? On enregistrera directement la source audio (les cartes sons à sortie numérique se démocratisent). Je ne comprends pas que les gens trouvent plus choquant de télécharger un mp3 que de lire un poème d'Aragon ou de chanter du Lorie au téléphone. C'est de l'information, c'est reproductible, il ne faut pas s'étonner que ce soit reproduit.

    Je ne dis pas que c'est bien (quoique, on verra plus loin), mais c'est un fait. Je ne pense pas qu'on puisse taxer tous ces gens de vol (et vous avez raison de signaler que ça n'engage que moi). Mais pourquoi payer des fortunes quelque chose dont l'expérience me montre que c'est presque aussi gratuit que l'air que je respire ? L'argent sert à rémunérer un travail, si dupliquer cette information avait un cout pour le producteur (Microsoft, Fox, Vivendi ou autre), il en aurait un plus important pour le consommateur (qui lui ne bénéficie pas des économies d'échelle). Alors oui, il faut rémunérer le travail à la base, mais je doute que les 140 milliards de dollars récoltés par les albums de Céline Dion soient le strict nécessaire pour que le producteur rentre dans ses frais.

    Et évitons de nous embarquer dans les comparaisons du style "mais alors le proxénétisme c'est pareil, il en reviendra toujours, donc on laisse tomber", "et les feux rouges, alors, hein, les feux rouges" ou encore "donc toi si tu croises une vieille avec un sac à main et que personne te vois, tu lui fauches". Les mécanismes sont totalements différents, les enjeux aussi, et la souffrance humaine sans commune mesure (bien que je puisse compatir aux douloureux hémorroides qui doivent frapper les pauvres responsables des divers RIAA, MPAA et autres *AA).

    Après, me direz-vous avec une préoccupation sincère, mais comment allons-nous faire pour rémunérer ces pooooooovres artistes qui ont travaillé dur, et que nous privons de la juste compensation de ce travail ? D'une part, il ne faut pas croire que tout ce qui est téléchargé aurait été vendu. Soyons sérieux, vous croyez que j'aurais la chanson de "Las Ketchups" si j'avais du la payer ? Non, j'aurais fait comme quand j'étais gamin, je l'aurais enregistrée à la radio, sur une cassette taxée par la Sacem, tiens, ça tombe bien, mes CD de mp3 aussi. De la meme manière, je n'aurais jamais l'utilité d'un programme comme 3DS MAX, mais j'adorais l'avoir sur ma machine windows, pour animer des personnages en 3d avec Character Studio. C'est pas mon job, je ne gagnais pas d'argent avec, et je vois mal quel manque à gagner j'induisais pour la boite, vu que de toutes façons, je n'aurais jamais pu me payer les 2 logiciels (20 ou 30 briques, à l'époque). Si j'avais voulu faire un vrai travail avec, un qui me rapporte des sous, j'aurais du payer la license. Au final, je ne vois pas bien à qui j'ai fait du tord.

    De toutes façons, les gens aiment la musique, et ils aiment dépenser de l'argent pour les choses qu'ils aiment, sinon il n'y aurait plus de concerts. Franchement, quand je vois ce genre d'analyses [nydailynews.com], ça ne me donne pas l'impression que les plus gros soucis des artistes sont les réseaux p2p. Je pense que réfléchir à une nouvelle forme de distribution et de rémunération pour les artistes est plus censé que de censurer les réseaux de partage

    en très résumé, l'article étudie le cas hypothétique d'un jeune groupe de 4 musiciens, qui fait un carton avec son premier album, 500.000 exemplaires vendus, qui génèrent un total de près de 9 millions de dollars, dont nos 4 amis vont toucher environ 160.000 dollars, divisé en 4, 40.000 chacun, wahou; ils sont super contents de faire partie des 0,4% d'albums disque d'or cette année.

    Il faut aussi se rappeler que payer pour de la musique est une attitude très récente (moins de 3 générations), et peu naturelle (ce qui explique les folles dépenses marketing destinées à entretenir ce non-réflexe). Payer l'artiste, ça, c'est plus courant, depuis très longtemps, et ça me semble (à moi) plus naturel.