• [^] # Re: Money makes the world go round

    Posté par . En réponse au journal Les routeurs Turris Omnia sont livrés. Évalué à 4.

    La publicité c'est du temps et des moyens = de l'argent.

    Non, pas nécessairement.

    Si tu contribue à un logiciel, c'est du temps = de l'argent.

    Non, pas nécessairement.

    Comme tu ne sembles toujours pas comprendre ce qu'est l'argent, je vais extraire la partie la plus importante sur le sujet du lien que j'ai donné plus haut (le texte est long, mais ça vaut le coup de le lire si tu veux bien comprendre de quoi tu parles lorsque tu parles d'argent).

    Vous avez un écu. Que signifie-t-il en vos mains ? Il y est comme le témoin et la preuve que vous avez, à une époque quelconque, exécuté un travail, dont, au lieu de profiter, vous avez fait jouir la société, en la personne de votre client. Cet écu témoigne que vous avez rendu un service à la société, et, de plus, il en constate la valeur. Il témoigne, en outre, que vous n’avez pas encore retiré de la société un service réel équivalent, comme c’était votre droit. Pour vous mettre à même de l’exercer, quand et comme il vous plaira, la société, par les mains de votre client, vous a donné une reconnaissance, un titre, un bon de la République, un jeton, un écu enfin, qui ne diffère des titres fiduciaires qu’en ce qu’il porte sa valeur en lui-même, et si vous savez lire, avec les yeux de l’esprit, les inscriptions dont il est chargé, vous déchiffrerez distinctement ces mots : « Rendez au porteur un service équivalent à celui qu’il a rendu à la société, valeur reçue constatée, prouvée et mesurée par celle qui est en moi-même. »

    Maintenant, vous me cédez votre écu. Ou c’est à titre gratuit, ou c’est à titre onéreux. Si vous me le donnez comme prix d’un service, voici ce qui en résulte : votre compte de satisfactions réelles avec la société se trouve réglé, balancé et fermé. Vous lui aviez rendu un service contre un écu, vous lui restituez maintenant l’écu contre un service ; partant quitte quant à vous. Pour moi je suis justement dans la position où vous étiez tout à l’heure. C’est moi qui maintenant suis en avance envers la société du service que je viens de lui rendre en votre personne. C’est moi qui deviens son créancier de la valeur du travail que je vous ai livré, et que je pouvais me consacrer à moi-même. C’est donc entre mes mains que doit passer le titre de cette créance, le témoin et la preuve de la dette sociale. Vous ne pouvez pas dire que je suis plus riche, car si j’ai à recevoir, c’est parce que j’ai donné. Vous ne pouvez pas dire surtout que la société est plus riche d’un écu, parce qu’un de ses membres a un écu de plus, puisqu’un autre l’a de moins.

    Que si vous me cédez cet écu gratuitement, en ce cas, il est certain que j’en serai d’autant plus riche, mais vous en serez d’autant plus pauvre, et la fortune sociale, prise en masse, ne sera pas changée ; car cette fortune, je l’ai déjà dit, consiste en services réels, en satisfactions effectives, en choses utiles. Vous étiez créancier de la société, vous m’avez substitué à vos droits, et il importe peu à la société, qui est redevable d’un service, de le rendre à vous ou à moi. Elle s’acquitte en le rendant au porteur du titre.

    Maudit argent !

    L'argent n'apparaît que lors des échanges à titre onéreux et non à titre gracieux : autrement dit lorsqu'une personne dit à une autre « j'accepte de faire cela pour toi à la seule condition que tu fasses ceci pour moi ». On peut même dire que ce sont ces types de contrats qui créent l'argent : l'argent ce n'est que de la reconnaissance de dette. Il ne fait que représenter un troc suspendu, différé ou non finalisé.

    Il y a une grande différence entre ces trois propositions :

    • tous les échanges doivent être onéreux ;
    • tous les échanges doivent être gracieux ;
    • les échanges peuvent être onéreux ou gracieux.

    Ce que l'on te dit c'est que l'on ne peut exiger d'autrui qu'il échange avec nous à titre gracieux, c'est-à-dire sans contrepartie.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.