Pour ma part j'ai trouvé les remarques de Boulet intéressantes mais aussi bien sûr celles de David, de manière générale j'ai trouvé le "débat" intéressant avec d'assez bons arguments de part et d'autres, mais malheureusement aussi certains intervenants bien trop agressifs ou caricaturaux.
je trouve qu'on peut entendre le point de vue des uns et des autres, sans vouloir absolument dire que certains sont "effarants" ou qu'ils ne comprennent rien etc.
Pare exemple les question de "la statisticienne" sur le journal de Neil Jomunsi me semblent pertinentes:
David, il y a quelque chose qui me chiffonne dans votre démarche. Pas tant dans votre choix de mettre vos travaux sous licence libre - vous faites ce que vous voulez - mais dans votre discours de « lutter » pour « inspirer et changer une industrie en crise » (et donc, en filigrane, résoudre ses problèmes et cette crise) via un financement indépendant des contrats éditoriaux et basé sur le mécénat.
Un argument que je vois revenir souvent dans vos propos et ceux des gens qui soutiennent votre démarche est que le système actuel profite à quelques happy few : en effet, les derniers chiffres du SNAC montrent que 50% des auteurs gagnent moins que le SMIC. Vous proposez un changement de paradigme vers un autre modèle alternatif, en sous-entendant qu’il est meilleur : la preuve, vous en vivez plutôt bien.
Vous dites d’ailleurs plus haut que vous souhaitez avoir l’avis des auteurs « non happy few », car ceux qui vivent plutôt bien du système seraient peu enclins à le critiquer.
Le problème, c’est que vous aussi, vous faites partie des happy few, et peut-être pas très critique vis-à-vis du système qui vous a réussi.
Il y a aujourd’hui 203306 auteurs inscrits sur Patreon. Seuls 297 (!) gagnent plus de 3000ドル par mois (toutes thématiques confondues, à travers le monde), et 1136 gagnent plus de 1000ドル (dont vous ! Félicitations !). Dans la catégorie comics, c’est une grosse centaine d’auteurs qui vivent de leur art grâce au financement par Patreon, mondialement.
D’ailleurs, puisque vous semblez avoir à coeur le sort des autrices, éditrices et lectrices : jeter un coup d’oeil au profil des auteurs des Tipeees, Patreons et Kickstarters qui font vivre leurs auteurs est aussi très intéressant (dans l’ensemble, mieux vaut être un homme blanc, jeune et ayant fait des études supérieures, semble-t-il).
Même en nuançant le tableau (tous les projets sur Patreon ne sont pas qualitatifs, tous les auteurs ne s’y investissent pas au même niveau, toutes les catégories ne rapportent pas pareil, le profil des auteurs inscrits explique en partie les biais, etc), il semble que le système du mécénat récompense le capital social encore plus que l’édition classique.
Vous allez me dire, le système a peut-être une énorme marge de progression ? Sauf que ça ne semble par être le cas : entre mars et septembre de cette année, toujours sur Patreon, le nombre de donneurs et le montant total des dons a augmenté de 40%. Le nombre de d’artistes gagnant plus de 1000,ドル lui, est passé de 939 à 1136, soit une progression de 20%, beaucoup plus faible (et pour un nombre d’élus qui reste carrément marginal). Bref, c’est un système extrêmement pyramidal (plus d’un million de donations, quelques centaines pour qui le système est profitable) à faible marge de progression. A ce taux-là, pour que 10000 artistes de BD à travers le monde atteignent votre objectif affiché de 3600ドル (l’argent qu’il faut pour vivre confortablement, si je vous suis bien), il faudrait 100 millions de donations, soit en moyenne une donation pour 60 personnes sur la planète. Ca me paraît un objectif complètement délirant.
Bref, votre « lutte » pour le « changement » me paraît quand même informée par un sacré biais du survivant, non ? Comment justifiez-vous que ce modèle peut se substituer au droit d’auteur et changer en bien la situation des auteurs en général ?
[^] # Re: Réaction (saine) de Bruno Bellamy
Posté par Tit . En réponse au journal Pepper et Carrot. Évalué à 10.
Pour ma part j'ai trouvé les remarques de Boulet intéressantes mais aussi bien sûr celles de David, de manière générale j'ai trouvé le "débat" intéressant avec d'assez bons arguments de part et d'autres, mais malheureusement aussi certains intervenants bien trop agressifs ou caricaturaux.
je trouve qu'on peut entendre le point de vue des uns et des autres, sans vouloir absolument dire que certains sont "effarants" ou qu'ils ne comprennent rien etc.
Pare exemple les question de "la statisticienne" sur le journal de Neil Jomunsi me semblent pertinentes: