• [^] # Re: Ah oui, quand même

    Posté par . En réponse à la dépêche Séminaire de réarmement intellectuel et technique sur le "Big Data". Évalué à 1.

    Je ne suis pas du tout convaincu par ce genre de raisonnement. Si les augmentations de productivité devaient produire du chômage, alors depuis les nombreux siècles qu'on augmente la productivité, il n'y aurait plus que 1% de la population active qui aurait un travail.

    Il me semble que c'est également où voulais en venir EauFroide, et c'est peut-être pour cela qu'il a mis le mot « chômeurs » entre guillemets. Si les progrès techniques font disparaître des emplois, assurément ils en créent également de nouveau, c'est ce que Schumpeter appelait la « destruction créatrice ». Cela étant, le sophisme économique qui consiste à ne voir que la destruction sans voir la création qui l'accompagne est assez répandu. L'économiste français Frédéric Bastiat en avait recensé quelques un dans son essai Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, celui sur les machines occupant le chapitre 8, dont est extrait ce magnifique paragraphe :

    Cela ne doit pas nous surprendre. Dans une fausse voie, on est toujours inconséquent, sans quoi on tuerait l’humanité. Jamais on n’a vu ni on ne verra un principe faux poussé jusqu’au bout. J’ai dit ailleurs : l’inconséquence est la limite de l’absurdité. J’aurais pu ajouter : elle en est en même temps la preuve.

    Le chapitre 7, qui repose au fond sur le même principe de réfutation, porte lui sur la « maudite concurrence étrangère » et s'attaque au slogan à la mode de nos jours : « nos emplettes sont nos emplois » ou le patriotisme économique.

    Il a également consigné, en deux tomes, toute une série de sophismes économiques et leurs réfutations dans son livre : Sophismes économiques.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.