• [^] # Re: .

    Posté par . En réponse au journal Gfsecret, le secret réparti en pratique. Évalué à 5. Dernière modification le 07 septembre 2016 à 18:05.

    Ça je dirais que c’est à chacun de faire sa propre évaluation. Je peux détailler mes choix mais je ne peux pas les conseiller comme s’ils étaient applicables à tout le monde.

    Pour ma part, j’ai tendance à penser que le risque de perte accidentelle (crash disque, incendie, vol à l’arraché du téléphone — non pas par quelqu’un qui voudrait ma clef, mais juste par quelqu’un qui voudrait le téléphone lui-même —, etc.) est plus vraisemblable que le vol, raison pour laquelle je fais légèrement pencher la balance en faveur de la facilité de reconstitution.

    J’ai donc opté pour m = 4, n = 2.

    ça devient "facile" de me voler 2 des 5 fragments et avoir ma clé.

    Facile, facile... Faut quand même le dire vite. Dans mon cas, si je soupèse les risques qui pèsent sur mes quatre fragments :

    • le fragment stocké sur une clef USB chez moi : hors scénario à la 007 (l’espion monte-en-l’air qui pénètre chez moi en passant par la fenêtre, trouve la clef, en fait une copie, et repart sans laisser de traces), je le considère raisonnablement à l’abri ;
    • le fragment stocké sur une clef USB sur mon lieu de travail : pareil (le lieu de travail en question est un labo de recherche, ce n’est pas le bâtiment le mieux sécurisé du monde mais on n’y rentre quand même pas comme ça) ;
    • le fragment stocké sur mon téléphone portable : le stockage est chiffré, il faut donc non seulement me subtiliser le téléphone mais aussi le déverouiller (je ne dis pas que c’est impossible, mais il faut quand même y mettre les moyens, demandez au FBI ce qu’ils en pensent...) ;
    • le fragment stocké sur mon ordinateur portable : pareil, disque dur chiffré, il faut soit mettre la main dessus à chaud, soit obtenir ma phrase de passe, soit casser le chiffrement.

    J’estime pour ma part que c’est amplement suffisant. Ou plutôt, j’estime que si ils sont après moi, ils m’attaqueront sur un point plus faible, ce n’est pas ma clef OpenPGP fragmentée qui me perdra.

    (Sur ce dernier point, et puisqu’il est question d’Adi Shamir dans le journal, il a aussi énoncé ce qui est devenu la « loi de Shamir » : "Cryptography is bypassed, not penetrated" — l’adversaire ne s’en prend jamais à la cryptographie de front, il la contourne. Au grand dam des crypto-nerds qui s’imaginent que la toute puissante crypto va automagiquement les mettre à l’abri de tout — mais seulement si vous avez une grosse clef, c’est très important d’avoir une grosse clef.)