• [^] # Re: Pas si internationale

    Posté par . En réponse à la dépêche État de l’espéranto sous GNU/Linux. Évalué à 2.

    Je ne suis pas sûr de te suivre. Tu dis que les langues non-tonales (en général), sont plus difficiles pour les chinois par exemple, par ce qu'elles n'ont pas de tons ? Ou bien parce qu'elles ont d'autres sons et d'autres propriétés qui elles n'existent pas en chinois ?

    Un peu des deux : la tonalité a un sens très fort en « chinois », la supprimer enlève un possibilité de compréhension qui n'est pas nécessairement très « naturelle ». D'autre part, les langues non-tonales ont d'autres propriétés pas nécessairement simple à manipuler, surtout quand celles-ci n'ont pas de sens ou n'existent pas dans sa propre langue maternelle (tonale).

    Et j'imagine bien qu'un locuteur d'une langue du Caucase type Archi avec plus de 70 consonnes différentes, s'il est capable de faire consciemment toutes ces distinctions là, il doit bien pouvoir se restreindre à un sous-ensemble plusieurs fois plus petit bien plus facilement que l'algorithme inverse (par exemple partir du français et réussir à prononcer tout ça... bon courage).

    Ce n'est pas nécessairement le cas. Dans toutes les langues il y a des résolutions inconscientes de suites de sons qui sont propres et dont il est très difficile de se défaire.

    Un exemple très simple et que je trouve amusant est celui du rhotacisme en latin. Il se trouve que les locuteurs de cette langue trouvaient plus aisé de prononcer le son [r] - vraisemblablement roulé voire proche d'un frappé apico-alvéolaire - que le son [s] dur. Cela a mené à l'évolution de certains mots où le son [s] a été remplacé par un son [r]. Conséquemment, il y a des mots d'une même famille où le [s] reste et est prononcé en position finale, mais est transformé en [r] dès que le mot est mécaniquement rallongé, par un diminutif par exemple. Pour nos bouches et nos oreilles francophones, cette résolution est quasi impossible, tout du moins peu « naturelle », et l'on tend plus aisément à transformer ce son en [z]. Les phénomènes de saṃdhi, qui existent avec plus ou moins d'importance dans toutes les langues procèdent de la même chose.

    Les exemples ci-dessus sont simples, mais il en existe de beaucoup plus complexes.

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