Posté par arnaudus .
En réponse au journal TAFTA.
Évalué à 9.
Dernière modification le 27 juin 2016 à 13:35.
Il faut aussi arrêter d'être naïfs et de penser que les US ne sont que des méchants égoïstes qui essayent de nous faire descendre nos normes. Eux aussi ont de nombreuses règles plus strictes ou différentes des nôtres, et ils ne comptent pas revenir dessus. Il existe beaucoup de différences culturelles, et c'est très compliqué. L'exemple typique, c'est quand toi (ou mois, pour le coup) trouvons inacceptable et inutile d'autoriser la consommation de plantes OGM, eux trouvent ça très dangereux d'autoriser les fromages au lait cru. Du coup, si tu veux vendre ton clacos sans goût de plastique aux US, il va falloir que tu transiges sur les OGM. Si tu ne veux pas, il n'y a pas d'accord. Un autre exemple de désaccord est au sujet des AOP/AOC qui ne sont pas reconnues aux US (ça n'est pas une marque), donc utilisation libre.
Du coup, ah bah oui, une négociation, c'est toujours donnant-donnant. Si tu veux éviter de te retrouver avec des "champagnes" made in California chez Auchan, il faut lâcher du mou sur un autre truc. Et eux, ils sont exactement dans le même cas de figure. Tu auras toujours l'impression de perdre, parce que tu vois toujours ce que ça te coûte de lâcher, mais tu ne vois jamais ce que ça leur coûte de le faire (parce que pour toi c'est naturel).
D'une manière générale, les US ont un modèle basé à la fois sur une liberté de commerce et sur un contrôle a posteriori de cette liberté (par la justice, principalement). Sans même trop caricaturer, si tu vends de la marchandise pourrie et dangereuse, tu devras en assumer les conséquences quand tes consommateurs te traineront au tribunal. En Europe, on considère que c'est à l'État de protéger les consommateurs avant la commercialisation, en édictant des normes (souvent très imparfaites) et en assurant les contrôles (souvent de manière très imparfaite). Idem sur les problèmes de propriété intellectuelle, etc.
Au final, les US te balancent une liste de trucs : prolongation des droits d'auteur postmortem sur plus de 70 ans, brevets logiciels, normes alimentaires plus souples, hormones / OGM dans l'élevage, niveaux dondes électromagnétiques, niveau de pollution des bagnoles, etc. Toi tu réponds quoi? Ah non, tout ceci est très important, hors de question de lâcher sur quoi que ce soit. Eh bah voila, tout le monde peut rentrer chez soi. Du coup, il faut lâcher. Et ça va gueuler, c'est évident.
C'est donc logique que les négociations soient compplexes, longues, et qu'elles se focalisent sur les histoires de gros sous aux dépens des principes moraux, éthiques, ou culturels. Le problème, c'est qu'il est difficile d'interpréter les réactions des gouvernements, car les annonces de possibles échecs des négociations sont aussi et surtout destinées à faire monter la pression. C'est juste qu'il ne faut pas non plus se faire manipuler, tout le monde sait très bien ce qu'il fait, et il ne faut pas imaginer une seule seconde que les ricains vont accepter de se faire refiler des airbus sans contrepartie.
# Problèmes bilatéraux
Posté par arnaudus . En réponse au journal TAFTA. Évalué à 9. Dernière modification le 27 juin 2016 à 13:35.
Il faut aussi arrêter d'être naïfs et de penser que les US ne sont que des méchants égoïstes qui essayent de nous faire descendre nos normes. Eux aussi ont de nombreuses règles plus strictes ou différentes des nôtres, et ils ne comptent pas revenir dessus. Il existe beaucoup de différences culturelles, et c'est très compliqué. L'exemple typique, c'est quand toi (ou mois, pour le coup) trouvons inacceptable et inutile d'autoriser la consommation de plantes OGM, eux trouvent ça très dangereux d'autoriser les fromages au lait cru. Du coup, si tu veux vendre ton clacos sans goût de plastique aux US, il va falloir que tu transiges sur les OGM. Si tu ne veux pas, il n'y a pas d'accord. Un autre exemple de désaccord est au sujet des AOP/AOC qui ne sont pas reconnues aux US (ça n'est pas une marque), donc utilisation libre.
Du coup, ah bah oui, une négociation, c'est toujours donnant-donnant. Si tu veux éviter de te retrouver avec des "champagnes" made in California chez Auchan, il faut lâcher du mou sur un autre truc. Et eux, ils sont exactement dans le même cas de figure. Tu auras toujours l'impression de perdre, parce que tu vois toujours ce que ça te coûte de lâcher, mais tu ne vois jamais ce que ça leur coûte de le faire (parce que pour toi c'est naturel).
D'une manière générale, les US ont un modèle basé à la fois sur une liberté de commerce et sur un contrôle a posteriori de cette liberté (par la justice, principalement). Sans même trop caricaturer, si tu vends de la marchandise pourrie et dangereuse, tu devras en assumer les conséquences quand tes consommateurs te traineront au tribunal. En Europe, on considère que c'est à l'État de protéger les consommateurs avant la commercialisation, en édictant des normes (souvent très imparfaites) et en assurant les contrôles (souvent de manière très imparfaite). Idem sur les problèmes de propriété intellectuelle, etc.
Au final, les US te balancent une liste de trucs : prolongation des droits d'auteur postmortem sur plus de 70 ans, brevets logiciels, normes alimentaires plus souples, hormones / OGM dans l'élevage, niveaux dondes électromagnétiques, niveau de pollution des bagnoles, etc. Toi tu réponds quoi? Ah non, tout ceci est très important, hors de question de lâcher sur quoi que ce soit. Eh bah voila, tout le monde peut rentrer chez soi. Du coup, il faut lâcher. Et ça va gueuler, c'est évident.
C'est donc logique que les négociations soient compplexes, longues, et qu'elles se focalisent sur les histoires de gros sous aux dépens des principes moraux, éthiques, ou culturels. Le problème, c'est qu'il est difficile d'interpréter les réactions des gouvernements, car les annonces de possibles échecs des négociations sont aussi et surtout destinées à faire monter la pression. C'est juste qu'il ne faut pas non plus se faire manipuler, tout le monde sait très bien ce qu'il fait, et il ne faut pas imaginer une seule seconde que les ricains vont accepter de se faire refiler des airbus sans contrepartie.