• [^] # Re: Sans violence ?

    Posté par . En réponse au journal Quelle violence... ?. Évalué à 6.

    Ton esclave, ce sont nos ancêtres pas si lointain, et dans ce contexte, on a quand même eu la lutte des classes et le progrès social qui nous amène à aujourd'hui. Aujourd'hui, on est plus dans l'apathie générale malgré le temps libre et l'accès à l'information.
    Notre histoire est un contre-exemple de ton argumentation: ça bataille dur quand on est en bas, ça ramollit quand on en a suffisamment.

    En fait, l'esclave dont je parle (60 heures par semaine), n'est pas celui qui a fait des révolutions. L'époque où la population a connu la pire des situations, qui a connu le plus de révolutions diverses, de prolifération d'idéologies diverses et de mécontentement, est celle de la révolution industrielle. C'est l'époque où l'on en est arrivé à des extrêmes de l'ordre de 3500 heures de travail par an pour un ouvrier en Angleterre (source), par exemple, soit plus de 80 heures par semaine. Et même dans ces conditions inouïes, idéales pour une révolution, les ouvriers ne se révoltaient pas si souvent que ça. Tes « acquis sociaux » sont le fruit d'une lutte de la part de cette population. Ironiquement, le temps de travail actuel est juste de l'ordre de celui d'un paysan au moyen âge, pas de quoi fanfaronner : avec la technologie actuelle, on aurait pu s'attendre à beaucoup mieux de ce côté là si fondamental. Mais en fait, de même que le propriétaire terrien romain calmait les citoyens romains avec du pain, des bains et des jeux, aujourd'hui on calme la population avec quelques aides, quelques bidules électroniques et du foot. C'est suffisant pour éviter du vrai grabuge : on est loin des 3000 heures encore, la limite de tolérance de la plupart des êtres humains est loin d'être atteinte.