• [^] # Re: Machine à noter

    Posté par . En réponse au journal Quelle violence... ?. Évalué à 6.

    Ce que tu prones, c'est empêcher le Cambodgien de bosser pour nourrir sa famille pour que le pilote d'Air France puisse continuer a se payer des villas sur la cote

    Je m'excuse d'avance si j'interprète mal la conversation, mais j'ai l'impression que les propos sont « un peu » déformés d'un commentaire à l'autre quand même.

    1. Personne ne parle d'empêcher physiquement/légalement/moralement un Cambodgien de bosser pour nourrir sa famille (à part toi)
    2. Personne ne dit qu'il faut absolument que le pilote d'Air France puisse continuer à se payer des villas sur la côte (à part toi)

    Du coup, j'ai un peu du mal. Tu fais une équivalence logique entre « je veux défendre les acquis sociaux » (qui sont déjà présents) et « je veux garder le monde entier la tête sous l'eau pour conserver mes privilèges ». Or, clairement, le salaire élevé du pilote Air France permet au contraire de donner du travail aux compagnies low cost (qui n'ont que ça comme argument de vente en réalité). De plus, conserver un salaire et des avantages « raisonnables » (par raisonnable je dis qui ne nuit pas à autrui) ne nuit en aucun cas à la situation économique du Cambodge (ou du moins par des biais très détournés).

    Je suis donc assez perplexe ...

    Enfin, pour conclure, si les pilotes ont ce salaire, c'est parce qu'on les a embauchés à ce prix. Que ce soit parce qu'à une époque il était dur de trouver des pilotes compétents, ou parce que les syndicats/organisations (ou juste des facteurs sociaux) on fait que les négociations des salaires sont allées dans ce sens. Ce qui est demandé ici, c'est de renoncer à des choses qui ont été obtenues, le tout « gratuitement » et surtout sans garantie, alors même que le système tout entier est fondé sur une lutte constante des intérêts individuels/des intérêts des groupes, ce qui est supposé garantir « l'équilibre » du système.

    Une idée débile (qui ne fonctionnerait probablement pas toutefois) : permettre aux employés d'investir pour sauver l'entreprise, par exemple en achetant des parts, ou en faisant des prêts particuliers, avec un dédommagement minimal garanti si l'entreprise coule ainsi qu'une part des revenus normalement distribués aux actionnaires. Si c'est pour sauver l'entreprise (et que les gens ont assez confiance en la direction) il est possible de lever assez d'argent pour investir et trouver des solutions pour l'entreprise. (Ce donne un avantage sur les compagnies low cost où les salariés ne peuvent pas ré-investir autant dans l'enterprise en cas de coup dur).