Maintenant que je me relis, je me dis qu'il y a peut-être une subtilité qui est passée à la trappe avec la traduction. Lorsque je dis (comme Doctorow) :
C'est pour cela qu'il faut plus de Firefox. C'est pour ça qu'il faut s'assurer qu'il puisse y avoir de nouveaux Firefox
"Plus de Firefox" est à comprendre comme "Plus de navigateurs du style de Firefox" (en anglais il écrit "more Firefoxes", ce qui se traduit mal).
Je préfère personnellement les alternatives libres, mais c'est un autre débat. En l'occurrence, ici, mon discours aurait aussi bien pu être "supportons Opera", s'il avait conservé son moteur Presto et qu'il se démarquait en termes de parts de marché.
Si je veux sauver Mozilla, c'est précisément pour que ceci puisse se produire :
Le jour ou un autre moteur supporte le JS, voire même celui ou j'aurai à nouveau envie de tester otter-browser, je le ferai, et si l'objet du test passe le stade d'alpha, j'adopterai probablement
Imagine ce que serait Internet si, pour développer un nouveau navigateur, tu devais souscrire une licence à une organisation quelconque regroupant les gros producteurs de contenu, rien que pour avoir le droit d'interpréter du HTML. Penses-tu qu'ils te laisseraient faire ce que tu veux et proposer tes "améliorations"—améliorations qui ne les intéressent pas du tout, en fait ils les voient plutôt comme des emmerdes? Penses-tu que tu aurais pu, en 2000, proposer un navigateur bloquant automatiquement les pop-ups, alors que le modèle d'affaire de ces producteurs était basé sur la pub sauvage? Bien sûr que non. Et c'est ça le problème.
Le web ne peut rester un espace ouvert que s'il y a une balance entre les droits/besoins des utilisateurs et les droits/besoins des producteurs de contenu. Et pour l'instant, ce que je (et Doctorow) constatons, c'est que Mozilla est seule contre tous et que, comme on l'a vu, elle n'a plus un poids suffisant pour efficacement contrebalancer les autres.
Si Firefox (ou d'autres alternatives dirigées vers les utilisateurs, avant que tu ne me dises vouloir voir Mozilla crever) avaient eu une part de marché de 60% le jour où ils ont décidé de ne pas supporter H264 pour favoriser webm et les formats ouverts, penses-tu vraiment que ç'aurait été à Mozilla de faire marche arrière quelque mois plus tard pour finalement adopter le H264—marche arrière qui lui a valu les railleries des mêmes personnes qui déchiraient leur chemise lorsque Mozilla a annoncé ne pas supporter le H264, notons le bien.
Bien sûr que non : les producteurs de contenu n'auraient tout simplement pas pu se priver de 60% de leur audience, et ç'aurait été à eux de faire le saut vers un format plus ouvert.
Donc, au final, oui, j'aime personnellement Firefox et oui, je crois toujours en la mission de Mozilla. Mais ici, ce qui est argumenté, c'est surtout qu'il serait catastrophique de voir un marché où les producteurs de contenu contrôleraient l'entièreté des navigateurs et pourraient donc tuer dans l'oeuf toute innovation qui ne serait pas à leur goût.
Et il se trouve qu'en ce moment, le seul challenger un tant soit peu sérieux, c'est Mozilla avec Firefox.
[^] # Re: Non.
Posté par Kalenx . En réponse au journal Il faut sauver le soldat Firefox!. Évalué à 5.
Maintenant que je me relis, je me dis qu'il y a peut-être une subtilité qui est passée à la trappe avec la traduction. Lorsque je dis (comme Doctorow) :
"Plus de Firefox" est à comprendre comme "Plus de navigateurs du style de Firefox" (en anglais il écrit "more Firefoxes", ce qui se traduit mal).
Je préfère personnellement les alternatives libres, mais c'est un autre débat. En l'occurrence, ici, mon discours aurait aussi bien pu être "supportons Opera", s'il avait conservé son moteur Presto et qu'il se démarquait en termes de parts de marché.
Si je veux sauver Mozilla, c'est précisément pour que ceci puisse se produire :
Imagine ce que serait Internet si, pour développer un nouveau navigateur, tu devais souscrire une licence à une organisation quelconque regroupant les gros producteurs de contenu, rien que pour avoir le droit d'interpréter du HTML. Penses-tu qu'ils te laisseraient faire ce que tu veux et proposer tes "améliorations"—améliorations qui ne les intéressent pas du tout, en fait ils les voient plutôt comme des emmerdes? Penses-tu que tu aurais pu, en 2000, proposer un navigateur bloquant automatiquement les pop-ups, alors que le modèle d'affaire de ces producteurs était basé sur la pub sauvage? Bien sûr que non. Et c'est ça le problème.
Le web ne peut rester un espace ouvert que s'il y a une balance entre les droits/besoins des utilisateurs et les droits/besoins des producteurs de contenu. Et pour l'instant, ce que je (et Doctorow) constatons, c'est que Mozilla est seule contre tous et que, comme on l'a vu, elle n'a plus un poids suffisant pour efficacement contrebalancer les autres.
Si Firefox (ou d'autres alternatives dirigées vers les utilisateurs, avant que tu ne me dises vouloir voir Mozilla crever) avaient eu une part de marché de 60% le jour où ils ont décidé de ne pas supporter H264 pour favoriser webm et les formats ouverts, penses-tu vraiment que ç'aurait été à Mozilla de faire marche arrière quelque mois plus tard pour finalement adopter le H264—marche arrière qui lui a valu les railleries des mêmes personnes qui déchiraient leur chemise lorsque Mozilla a annoncé ne pas supporter le H264, notons le bien.
Bien sûr que non : les producteurs de contenu n'auraient tout simplement pas pu se priver de 60% de leur audience, et ç'aurait été à eux de faire le saut vers un format plus ouvert.
Donc, au final, oui, j'aime personnellement Firefox et oui, je crois toujours en la mission de Mozilla. Mais ici, ce qui est argumenté, c'est surtout qu'il serait catastrophique de voir un marché où les producteurs de contenu contrôleraient l'entièreté des navigateurs et pourraient donc tuer dans l'oeuf toute innovation qui ne serait pas à leur goût.
Et il se trouve qu'en ce moment, le seul challenger un tant soit peu sérieux, c'est Mozilla avec Firefox.