Je te donne un exemple très bête : Orange mécanique. Le bouquin original avait 21 (ou 22) chapitres. La version exportée aux USA n'en contenait que 20 (ou 21). C'était un choix éditorial, et Burgess avait besoin d'argent (et ne pouvait pas vraiment dire non).
L'avant dernier chapitre se termine sur le protagoniste qui dit « Oh oui, j'étais bien guéri » (ou quelque chose comme ça). Le dernier chapitre du bouquin change tout en termes d'ambiance et de message pour l'histoire originale. Sans lui, on obtient une « conclusion » cynique concernant la nature humaine.
Le film de Kubrick se termine avec l'avant-dernier chapitre de l'œuvre originale. L'auteur du bouquin, Burgess, a eu l'occasion de parler à Kubrick, et de lui dire en substance « tu sais, mon bouquin a un chapitre en plus » et Kubrick aurait répondu un truc du genre « Ah oui ? » mais avait déjà décidé de garder la conclusion immorale et cynique de la version US du bouquin.
Le film de Kubrick est un chef d'œuvre. Mais le bouquin aussi. Presque personne ne se bouscule pour aller lire ce dernier cependant.
Pour en revenir aux « versions » d'un bouquin, c'est pas simplement une question de croire que le public est con, mais bien le fait qu'une « petite » production peut être récupéré par un gros éditeur, qui va la modifier pour satisfaire un segment de marché qui l'intéresse (au point de complètement dénaturer les caractéristiques principales de l'histoire), et dans le même temps faire tellement de bruit que l'auteur original aura certes un crédit du genre « inspiré de » / « d'après une histoire originale de », ce qui aura l'effet, avec suffisamment de temps, de remplacer la « bonne »/« vraie » version dans l'esprit des gens.
[^] # Re: Pas d’accord, mais on s’en fout un peu
Posté par lasher . En réponse au journal Pourquoi l'art libre est aussi important que le logiciel libre. Évalué à 6.
Je te donne un exemple très bête : Orange mécanique. Le bouquin original avait 21 (ou 22) chapitres. La version exportée aux USA n'en contenait que 20 (ou 21). C'était un choix éditorial, et Burgess avait besoin d'argent (et ne pouvait pas vraiment dire non).
L'avant dernier chapitre se termine sur le protagoniste qui dit « Oh oui, j'étais bien guéri » (ou quelque chose comme ça). Le dernier chapitre du bouquin change tout en termes d'ambiance et de message pour l'histoire originale. Sans lui, on obtient une « conclusion » cynique concernant la nature humaine.
Le film de Kubrick se termine avec l'avant-dernier chapitre de l'œuvre originale. L'auteur du bouquin, Burgess, a eu l'occasion de parler à Kubrick, et de lui dire en substance « tu sais, mon bouquin a un chapitre en plus » et Kubrick aurait répondu un truc du genre « Ah oui ? » mais avait déjà décidé de garder la conclusion immorale et cynique de la version US du bouquin.
Le film de Kubrick est un chef d'œuvre. Mais le bouquin aussi. Presque personne ne se bouscule pour aller lire ce dernier cependant.
Pour en revenir aux « versions » d'un bouquin, c'est pas simplement une question de croire que le public est con, mais bien le fait qu'une « petite » production peut être récupéré par un gros éditeur, qui va la modifier pour satisfaire un segment de marché qui l'intéresse (au point de complètement dénaturer les caractéristiques principales de l'histoire), et dans le même temps faire tellement de bruit que l'auteur original aura certes un crédit du genre « inspiré de » / « d'après une histoire originale de », ce qui aura l'effet, avec suffisamment de temps, de remplacer la « bonne »/« vraie » version dans l'esprit des gens.