Je pense que la question de l'enfantillage est une bonne approche pour illustrer ce qui t'échappe (je doute que ça te serve à toi, mais ça peut aider d'autres lecteurs).
Certains disent: "demander que tout le monde ait exactement les mêmes droits, c'est des enfantillages, si j'ai envie de donner plus de droits à mes amis, que ceux qui ne sont pas contents se fassent une raison".
Certains disent: "demander que tout le monde ait droit à une vie privée absolue, c'est des enfantillages, pour appliquer la justice, on est bien obligé de, de temps en temps, regarder la vie privée"
Certains disent: "demander d'avoir la possibilité de modifier un logiciel, c'est des enfantillages, c'est mon logiciel, je me donne le droit d'avoir l'exclusivité de modification"
Certains disent: "demander d'avoir la possibilité de bloquer le trafic pour faire une manif, c'est des enfantillages, ils abusent lorsqu'avec leurs problèmes ils pourrissent ma journée"
Certains disent: "demander que les développeurs de logiciels aient des moyens pour me pousser à payer quelque chose que j'aurais volontiers fait moi-même, c'est des enfantillages, le logiciel est sur mon ordi, donc, j'en fais ce que je veux"
Certains disent: "demander de pouvoir modifier un morceau parce que on veut faire une vidéo avec celle-là, même si ça n'arrange pas les créateurs de la chanson, c'est des enfantillages, car personne n'est limité à une seule chanson ou un seul montage"
Certains disent: "demander de posséder les outils de travail de ses propres travailleurs, c'est des enfantillages, car ce sont les travailleurs qui utilisent ces outils, donc, ils devraient les posséder"
Certains disent: "la propriété, c'est un enfantillage, car c'est une forme de vol d'une personne capricieuse qui ne pense qu'à son bien-être plutôt qu'à celui de la communauté"
...
Si et seulement si tu es d'accord avec TOUTES ces propositions (dont certaines sont contradictoires), alors, ton argument du "c'est ce qui était dit du logiciel libre" est valide.
L'explication, c'est que, pour simplifier en 1 dimension, on se situe chaque fois, pour chacune de ces proposition, sur une ligne. Et chacun, sur cette ligne, place un point "enfantillage". Tout ce qui se trouve à droite du point "enfantillage" est, pour cette personne, un enfantillage.
Ce que tu dis, c'est que si on place le point tel que le logiciel libre n'est pas un enfantillage, alors, forcément, la musique libre ne l'est pas non plus.
Sauf que ce n'est pas forcément vrai.
En ce qui concerne les exemples, tu n'as rien donné d'équivalent à ce qui se passe avec le logiciel.
Personnellement, je n'ai JAMAIS été contraint, sous peine d'une situation tout aussi désagréable, d'utiliser UN et UN UNIQUE morceau.
Par contre, ça a été le cas avec des formats, avec des arrêts de support, avec incompatibilités artificielles.
Tu pourrais répondre que je n'étais pas obligé d'utiliser le format en question. Sauf que ne pas utiliser ce format en question m'aurait contraint à une autre situation désagréable, ce qui n'arrive pas si je change de morceau de musique.
C'est quelque chose à laquelle tu n'as donné aucun équivalent.
Inversement, avec le logiciel libre, le "bras armé" des développeurs peut me tomber dessus si je souhaite mélanger des licences incompatibles.
C'est aussi quelque chose de désagréable, tout autant que le bras armé du créateur.
Ici je pensais que le public était des gens pour qui le logiciel libre n'est pas une question d'enfantillage, tu n'es donc pas la cible du journal.
C'est exactement ce que tu ne comprends pas: il existe des gens pour lesquels le logiciel libre n'est pas une question d'enfantillage tandis que la musique libre l'est.
Le fait de pleurnicher "non non c'est incohérent" ne rend pas ça magiquement incohérent, à moins que tu me donnes des cas où on a réellement une situation similaire aux problèmes qu'on voit dans le logiciel, c-à-d où les gens ont réellement le choix entre satisfaire les exigences du développeurs ou se faire chier avec une solution pas satisfaisante.
tu n'as pas compris que je caricature la pensée de l'auteur qui attaquent une troupe amateur des plus normales?
T'as pas compris ce sur quoi je mettais le doigt: tu prends un exemple d'une troupe amateur QUI NE SAIT PAS LIRE LE CONTRAT.
T'as le culot de dire à la fois dans un autre commentaire "si le format te plait pas, rien ne te force à l'utiliser", et soudainement, ici, si le contrat ne leur plait pas, non seulement la troupe l'utilise quand même mais en plus vient se plaindre d'avoir eux-mêmes fait une erreur.
La différence, c'est que dans le premier cas "rien ne te force à l'utiliser" est faux: en pratique, il y a des milliers de situations où t'es obligé de choisir entre faire des concessions parce que le développeur est en situation avantageuse et entre une situation pas satisfaisante.
Par contre, cela n'arrive pas avec de la musique ou une pièce de théâtre.
Mais ça arrive avec par exemple de la documentation et des connaissances.
D'où le fait que certains font la distinction. Ce n'est pas un hasard magique, c'est simplement parce qu'ils ont utilisé leur cerveau, avec un avis qui n'est pas le tien, certes, mais cela ne fait pas de leur avis un avis incohérent.
[^] # Re: PS symétrique
Posté par j-c_32 . En réponse au journal Pourquoi l'art libre est aussi important que le logiciel libre. Évalué à 5.
Je pense que la question de l'enfantillage est une bonne approche pour illustrer ce qui t'échappe (je doute que ça te serve à toi, mais ça peut aider d'autres lecteurs).
Certains disent: "demander que tout le monde ait exactement les mêmes droits, c'est des enfantillages, si j'ai envie de donner plus de droits à mes amis, que ceux qui ne sont pas contents se fassent une raison".
Certains disent: "demander que tout le monde ait droit à une vie privée absolue, c'est des enfantillages, pour appliquer la justice, on est bien obligé de, de temps en temps, regarder la vie privée"
Certains disent: "demander d'avoir la possibilité de modifier un logiciel, c'est des enfantillages, c'est mon logiciel, je me donne le droit d'avoir l'exclusivité de modification"
Certains disent: "demander d'avoir la possibilité de bloquer le trafic pour faire une manif, c'est des enfantillages, ils abusent lorsqu'avec leurs problèmes ils pourrissent ma journée"
Certains disent: "demander que les développeurs de logiciels aient des moyens pour me pousser à payer quelque chose que j'aurais volontiers fait moi-même, c'est des enfantillages, le logiciel est sur mon ordi, donc, j'en fais ce que je veux"
Certains disent: "demander de pouvoir modifier un morceau parce que on veut faire une vidéo avec celle-là, même si ça n'arrange pas les créateurs de la chanson, c'est des enfantillages, car personne n'est limité à une seule chanson ou un seul montage"
Certains disent: "demander de posséder les outils de travail de ses propres travailleurs, c'est des enfantillages, car ce sont les travailleurs qui utilisent ces outils, donc, ils devraient les posséder"
Certains disent: "la propriété, c'est un enfantillage, car c'est une forme de vol d'une personne capricieuse qui ne pense qu'à son bien-être plutôt qu'à celui de la communauté"
...
Si et seulement si tu es d'accord avec TOUTES ces propositions (dont certaines sont contradictoires), alors, ton argument du "c'est ce qui était dit du logiciel libre" est valide.
L'explication, c'est que, pour simplifier en 1 dimension, on se situe chaque fois, pour chacune de ces proposition, sur une ligne. Et chacun, sur cette ligne, place un point "enfantillage". Tout ce qui se trouve à droite du point "enfantillage" est, pour cette personne, un enfantillage.
Ce que tu dis, c'est que si on place le point tel que le logiciel libre n'est pas un enfantillage, alors, forcément, la musique libre ne l'est pas non plus.
Sauf que ce n'est pas forcément vrai.
En ce qui concerne les exemples, tu n'as rien donné d'équivalent à ce qui se passe avec le logiciel.
Personnellement, je n'ai JAMAIS été contraint, sous peine d'une situation tout aussi désagréable, d'utiliser UN et UN UNIQUE morceau.
Par contre, ça a été le cas avec des formats, avec des arrêts de support, avec incompatibilités artificielles.
Tu pourrais répondre que je n'étais pas obligé d'utiliser le format en question. Sauf que ne pas utiliser ce format en question m'aurait contraint à une autre situation désagréable, ce qui n'arrive pas si je change de morceau de musique.
C'est quelque chose à laquelle tu n'as donné aucun équivalent.
Inversement, avec le logiciel libre, le "bras armé" des développeurs peut me tomber dessus si je souhaite mélanger des licences incompatibles.
C'est aussi quelque chose de désagréable, tout autant que le bras armé du créateur.
C'est exactement ce que tu ne comprends pas: il existe des gens pour lesquels le logiciel libre n'est pas une question d'enfantillage tandis que la musique libre l'est.
Le fait de pleurnicher "non non c'est incohérent" ne rend pas ça magiquement incohérent, à moins que tu me donnes des cas où on a réellement une situation similaire aux problèmes qu'on voit dans le logiciel, c-à-d où les gens ont réellement le choix entre satisfaire les exigences du développeurs ou se faire chier avec une solution pas satisfaisante.
T'as pas compris ce sur quoi je mettais le doigt: tu prends un exemple d'une troupe amateur QUI NE SAIT PAS LIRE LE CONTRAT.
T'as le culot de dire à la fois dans un autre commentaire "si le format te plait pas, rien ne te force à l'utiliser", et soudainement, ici, si le contrat ne leur plait pas, non seulement la troupe l'utilise quand même mais en plus vient se plaindre d'avoir eux-mêmes fait une erreur.
La différence, c'est que dans le premier cas "rien ne te force à l'utiliser" est faux: en pratique, il y a des milliers de situations où t'es obligé de choisir entre faire des concessions parce que le développeur est en situation avantageuse et entre une situation pas satisfaisante.
Par contre, cela n'arrive pas avec de la musique ou une pièce de théâtre.
Mais ça arrive avec par exemple de la documentation et des connaissances.
D'où le fait que certains font la distinction. Ce n'est pas un hasard magique, c'est simplement parce qu'ils ont utilisé leur cerveau, avec un avis qui n'est pas le tien, certes, mais cela ne fait pas de leur avis un avis incohérent.