• # Le libre et les romans

    Posté par . En réponse au journal Pourquoi l'art libre est aussi important que le logiciel libre. Évalué à 10.

    Je suis globalement d'accord avec ta position et sur le fait que le libre peut être une bonne chose pour l'art en général aussi. Je voudrais quand même apporter mon témoignage en ce qui concerne les romans.

    Mon expérience depuis que j'ai publié plus d'une dizaine de romans, c'est que le fait d'avoir utilisé une licence libre n'a eu aucune conséquence négative sur les bénéfices que j'ai pu en tirer. Cela ne sous-entend pas que ces derniers aient été vraiment importants (à peu près 500 livres à 1 euro depuis octobre), mais je ne crois que j'aurais vendu plus en utilisant une licence non libre. Néanmoins, pour les romans, la situation est un peu spéciale, car, en pratique, le seul moyen qu'a un livre libre de se vendre semble être Amazon, ou d'autres plateformes similaires, c'est-à-dire des solutions tout sauf décentralisées.

    Dans mon cas, c'est 99% de ventes sur Amazon. D'ailleurs, ce pourcentage me fait penser que le choix d'une licence libre n'a probablement pas eu d'incidence, dans un sens comme dans l'autre, au niveau des ventes. En particulier, une personne qui achète un livre sur Amazon, va quand même acheter les suivants, que ce soit pour rémunérer l'auteur ou par facilité ; personne ne me « pirate » :) Cela dit, je suis quand même contente que la licence soit libre, car si, un jour, quelqu'un veut faire un dérivé ou réutiliser des éléments, il pourra le faire, et ça ne pourra que m'être positif (réutilisation = plus de diffusion, la seule chose qui importe vraiment dans ce domaine).

    Malheureusement, aujourd'hui, la démarche la plus adoptée par les auteurs de romans est celle de vouloir se faire publier par une maison d'édition traditionnelle. Et, là, on n'en est même pas à se demander si l'auteur est narcissique et veut garder tous les droits, car ceux-ci sont perdus pour tout le monde, l'auteur inclus. Et le pire, c'est que, la plupart du temps, cela signifie que le roman va tomber dans l'oubli s'il ne fait pas partie des œuvres mises en avant par la maison d'édition, qui a pouvoir de décision sur ce que l'on oublie ou non.

    Je ne connais pas beaucoup de romans libres, ni de sites qui mettent un peu en avant la possibilité de publier sous une licence libre. En fait, j'en connais une poignée : le seul quelquefois mentionné ici régulièrement est celui de Framabook, via Framasoft, mais pour ce qui est des romans, c'est presque vide ; le site qui en propose le plus, à ma connaissance, est Atramenta, même s'ils ne représentent qu'un petit pourcentage des livres. Je l'ai vu mentionné ici une fois, pour un livre sur XeLaTeX. Après, il y a des cas isolés, comme quelques romans de « Lizzie Crowdagger », dont j'ai appris l'existence ici même.