• # Tant d'aigreur...

    Posté par . En réponse au journal You are legion. Évalué à 10.

    Ce journal s'adresse aux deux auteurs de précédents journaux qui n'ont pas compris qu'ils postaient sur un site fréquenté par les libristes des années 2010, qui n'ont plus grand chose en commun avec les libristes des années 90.

    De quels journaux parle-t-on ? Je regarde les deux journaux qui ont précédé celui-là et je vois des "notes" correctes. Quelqu'un pourrait éclairer ma lanterne, quelles sont les différences entre le libriste des années 90 et celui des années 2010 que visiblement je ne connais pas non plus ? Au vu de la suite, j'ai le sentiment qu'on est dans un débat entre le bon chasseur et le mauvais chasseur. L'auteur est-il le bon libriste, celui des années 90 ? Contrairement au mauvais libriste des années 2010, le "bourgeois motorisé" ? Quid du libriste des années 2010 non-motorisé ?

    neuneu sur-diplômé et bobeauf à moteur

    "neuneu" ? C'est-à-dire ? Sur-diplômé c'est quoi concrètement ? À vue de nez, je dirais que l'auteur du journal en question est ingénieur, peut-être docteur. Bac+5, bac+8 c'est donc sur-diplômé ? Ok... Plus diplômé que la moyenne nationale peut-être. Ça dépend surtout pourquoi faire, non ? Pour faire de la R&D ou travailler sur certains sujets très pointus, un doctorat peut avoir du sens. Bref, c'est bête de juger sans connaître le travail de l'auteur.

    "bobeauf" ! Ah, ce fameux "bobo", on le voit à toutes les sauces ! Mais au fond, le "bobo", c'est un peu comme l'orienté objet, on en parle beaucoup, on lui colle tous les maux/bénéfices du monde (en fonction du camp dans lequel on est), mais au final, on aurait bien du mal à lui donner une unique définition ! (troll... désolé).


    Le premier journal est du genre de ceux que l'on voit apparaître 3 fois par jour sur les blogs américains

    Plutôt d'accord, on en voit beaucoup, préférablement avec un titre du type "Top 10 des bidules pour ...". M'enfin, de là insulter la personne.

    Le second type d'auteur, c'est un jeune diplômé fraîchement émoulu (...) du haut de ses 3 ou 5 ans d'expérience pendant lesquelles il n'a jamais vraiment rien eu de concret à produire (...) fruit de ce genre d'enfance professionnelle (...) sans avoir un minimum de connaissance des multiples aspects de la profession

    Soit. Donc si je comprends, tant qu'on n'est pas un guru qui a l'expérience requise et connait tous les aspects de la profession, on ne devrait pas s'exprimer publiquement pour partager des idées, offrir un retour d'expérience, une réflexion personnelle ?

    Ça pose une question bien plus problématique, c'est quoi l'expérience requise ? 8 ans peut-être ? Pfff, comparé à 15 ans d'expérience, c'est l'enfance professionnelle ça ! Bon, 15 ans alors ? Haha, comparé aux 30 ans d'expérience de certains, t'es juste un pré-pubert ! Bref, c'est complètement subjective. Et idiot. L'expérience en années ne veut pas dire grand chose, un jeune passionné entouré de collègues brillants et très pointilleux qui bosse sur des problématiques complexes et variées apprendra plus en 3 ans qu'un vieux de la vieille qui a bossé sur les mêmes problèmes à difficulté constante pendant 30 ans.

    Pareil pour les aspects de la profession, faut-il avoir bossé en SSII, chez un éditeur et chez des donneurs d'ordre, dans des petits, moyennes et grandes entreprises, chez des indépendants et dans des filiales, dans des "vieilles entreprises" et dans des start-ups à tout ça, à tous les postes différents évidemment, avant d'être gratifié du droit de s'exprimer sans se faire insulter de "neuneu sur-diplômés dans son enfance professionnelle" ?


    Plus loin l'auteur nous cite un commentaire qui peste contre les cyclistes en utilisant le mot magique (oui, "bobo")

    ces "bobos qui peuvent se permettre d'habiter en ville près de leur lieu de travail"

    Là, j'avoue être d'accord. Non, en ville, il n'y a pas que des riches. Certaines traitent au contraire de "bobo" ceux qui ont la chance d'avoir une maison avec jardin en périphérie et un bon véhicule pour faire le trajet, faut se mettre d'accord sur le "bobo" ! Et non, il n'y a pas que des gens qui habitent près du travail qui utilisent un vélo. Certains font de (très) longues distances à vélo. Pourquoi ? Parce qu'on économise énormément à ne pas avoir de véhicules, le vélo est donc une moyen de transport idéal pour ce qui justement n'ont que peu d'argent. D'autres vont à vélo parce que 1. c'est bon pour la santé, 2. c'est agréable ! Je préfère de loin une demi-heure de vélo à une demi-heure de transport en commun ou d'embouteillages. Ça n'a rien à voir avec le niveau de richesse.


    Et pour conclure :

    de l'ingénieur ou autre informaticien propre sur lui, jeune ou d'âge moyen, en passe de devenir ou déjà devenu petit-bourgeois-beauf satisfait de lui-même

    Parce que c'est mal d'être propre sur soi ? Encore une fois, c'est pas une question de ressources, pas besoin de porter du Ralph Lauren pour ça. Tu peux très bien t'acheter une chemise et un pantalon premier prix ou d'occasion, bien les entretenir et être "propre sur toi".

    Mais à la fin, c'est quoi un "petit-bourgeois-beauf" ? Un riche mais pas trop ? Un habitant du bourg ? Pas du centre-ville donc ? Donc le "bourgeois" existe qu'en périphérie ? Et "beauf" alors ? Va falloir se mettre dans la tête que ces mots n'ont absolument aucun sens. Ils sont utilisés à tout-va pour tout type de personnes. Au final, un "bobo" ou un "beauf" c'est juste quelqu'un qui n'est pas en adéquation avec ce que vous estimez être la bonne manière de vivre. La morale de cette histoire : si vous utilisez ces mots, vous êtes très sûrement le "bobo" ou le "beauf" de quelqu'un d'autre ;)

    Il y a un grand pas entre l'hypocrisie et insulter le gens. On peut être en désaccord avec ce que font ou disent les gens, penser que c'est inutile (ou même débile), choisir de leur en faire part ou non, poliment. Ça s'appelle vivre en société, ne pas créer des tensions et blesser les gens inutilement. Bref, je plains les pauvres gens qui côtoient l'auteur, ça doit pas être un sinécure...