• [^] # Re: au final

    Posté par . En réponse au journal Ce logiciel qui choisit ta fac. Évalué à 2. Dernière modification le 19 avril 2016 à 21:05.

    L'expérience de qui ? Dans les années 90, des tonnes de gens sortaient d'IUT ou BTS et il n'y avait quasiment pas de passerelle pour tenter d'intégrer une école d'ingénieur (en tout cas, le nombre de places réservées aux gens venant de sections techniques ou technologiques était bien plus restreint). Au moins en informatique, ce qui fait qu'on demande des ingénieurs pour presque tout et n'importe quoi, c'est à mon avis le boum du dév web (et des besoins de net/sys admin résultants aussi) de la fin des années 90 / début 2000. Je n'ai pas de chiffres pour appuyer mon hypothèse, mais il me semble qu'avec la demande qui grandissait quasiment exponentiellement à ce moment-là, trois choses sont arrivées :

    1. On embauchait n'importe qui semblant savoir faire du PHP et interroger une base MySQL, y compris des gens sans diplômes ou en reconversion (je connais des gens qui n'avaient absolument aucun background scientifique pour les études supérieures et qui ont fini par devenir devs et responsables techniques très demandés, car ils avaient les années d'expérience pour contrebalancer l'absence de diplômes)
    2. On embauchait n'importe qui semblant savoir configurer un Linux ou un FreeBSD avec les serveurs de base : Apache, potentiellement Bind ou Sendmail en fonction des besoins, etc. Idem qu'avec le point précédent : tout plein de geeks et nerds qui avaient appris sur le tas ont trouvé leurs premiers jobs (très) bien payés à cette époque.
    3. Il n'y avait tout simplement pas assez de gens certifiés (BTS, DUT) pour savoir faire le minimum de ce qui précède. Et du coup, dans ce cas, si on a vraiment besoin de pouvoir dire qu'on a des professionnels certifiés, on se tourne vers les ingés et bac+5, qui sont censés être plus versatiles et capables de mieux s'adapter (et pour une définition « classique » d'ingénieur à la française, cette attente est peut-être méritée).

    De nos jours, on a des IUT et BTS pour « tout », càd, tout un tas de sous-spécialités (réseaux/comms, élec & info indus, info de gestion, etc. — et en particulier pour les BTS, les formations sont vraiment ultra-spécialisées), mais aussi, le nombre d'écoles d'ingénieur (reconnues par la CTI ou pas) a explosé en ~20-30 ans en France. Mécaniquement, à ne demander que des ingés pour des postes qui pourraient se contenter de techniciens, on fait baisser la valeur du travail en question, ainsi que les attentes vis à vis de ce que les techniciens savent faire. Mais aussi, du coup on demande à des ingés de faire un travail que des techniciens fraîchement diplômés pourraient sans doute faire plus vite et mieux (et en tout cas, pas moins bien) car ils ont été formés pour.