• [^] # Re: au final

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal Ce logiciel qui choisit ta fac. Évalué à 10.

    Oui, c'est aussi ma première réaction. Le problème vient du fait que les universités, par manque de moyens, mettent en place ce qu'on appelle pudiquement des «limitations de la capacité d'accueil». Mais souvent, ces limitations sont complètement artificielles, elles sont surtout liées au fait qu'il y a trop peu d'enseignants-chercheurs pour faire les cours et que ça peut générer beaucoup d'heures supplémentaires. Et comme les universités sont autonomes dans la gestion de la pénurie, elles ont trouvé se stratagème pour que ça coûte moins.

    Après, ces limitations se décident filière par filière, voire au niveau des UFR. Avec des effets dominos assez intéressants : par exemple, la fac de psycho de la région d'à côté a mis en place ces capacités d'accueil il y a 2 ans. Résultat : l'année suivante gros surplus (+100%) en psycho dans mon université et donc, logiquement, vote d'une limitation de la capacité d'accueil. C'est un peu le jeu du premier qui tire.

    En plus, il y a un pic démographique en ce moment (le haut du pic est en 2000), doublé du fait que les filières dites sélectives (CPGE/IUT/BTS) n'augmentent pas leur nombre de places. Ce qui fait que l'augmentation dans les universités est encore plus importante. Et donc, favorise les décisions de limitation de la capacité d'accueil.

    Face à ça, il n'y a pas 50 solutions, il faut donner les moyens aux universités d'assurer leur mission de service public. On en est là. Parce que la conséquence très concrètes de ce genre de décision, c'est que tout un tas de gens ne vont tout simplement pas faire d'études supérieures. Parce que dans les articles de journaux, on nous montre les brillants étudiants à qui on a refusé Science Po option anglais blabla, mais on ne montre pas l'étudiant qui ne pourra pas aller dans une autre université que celle qui est à côté de chez lui parce qu'il n'a pas les moyens et qui représente l'énorme majorité des étudiants.

    Si on continue dans la logique financière actuelle, la meilleure solution, ça reste de n'accueillir aucun étudiant parce qu'un étudiant, ça coûte et ça ne rapporte rien (les frais d'inscription ne couvrent quasiment rien). Ou alors, d'augmenter les frais d'inscription et donc de créer une université pour riches. Il est franchement temps de réagir.