Posté par Foutaises .
En réponse au journal L'increvable.
Évalué à 5.
Dernière modification le 24 mars 2016 à 17:32.
Disons que j'avais un autre exemple, mais n'ayant plus tous les éléments en tête, j'attendais de croiser le concerné pour les lui redemander.
Mais en gros, j'ai un ami de longue date qui était ouvrier depuis 20 ans dans l'usine dans laquelle je suis passé. Étant ouvrier au SMIC, il n'a pas eu la possibilité de contracter un crédit immobilier. Pas même une fois marié, avec sa femme également employée au SMIC ou alternativement sans emploi.
Alors ils ont économisé, lui étant bosseur, il a quasiment construit sa maison, à couler la dalle, monter les parpaings, pour réduire les coûts, etc. Bref, il y a 7~8 ans de ça, ils sont enfin propriétaires de leur petite maison en périphérie de la ville (la ville ayant gagné sur la campagne).
Par un accident, erreur, à force de privations ou ce que tu veux, sa femme a pour des raisons qui lui sont personnelles, fini par craquer et, faute d'avoir accès à des crédit traditionnels, a commencé à souscrire un crédit renouvelable, et à « consommer » au petit bonheur la pub, quitte à en souscrire un autre, etc.
Tant que les revenus rentraient, il n'y avait aucun problème, et lui ne prêtait pas attention aux dépenses de sa femme. En 2 ou 3 années (de tête), le surendettement leur a explosé à la figure, sa femme retombait dans le chômage, lui était victime d'un plan social, leurs revenus ne suffisaient plus à rembourser, ce fut le défilé des huissiers, des saisies, de l'escroquerie de la saisie de leurs biens en leur attribuant une valeur très nettement inférieure pour en réduire le moins possible dans leur dette.
C'est là que j'ai eu de ses nouvelles et qu'il m'a appris la chose. Quand la banque venait d'essayer de saisir sa maison pour une bouchée de pain, et qu'après plus d'une année à se battre sans l'aide de personne, à essayer d'empêcher puis repousser la chose, il était parvenu à la revendre avant par lui-même, et en retirer un prix énormément plus juste (3 fois plus que ce que la banque en donnait), qui lui a permis de solder toutes les dettes et autres pénalités.
Comme il m'a dit, en substance : « On repart de zéro, c'est 20 ans de vie — heureusement des pertes uniquement matérielles — qui sont partis en fumée, ça fait 2 ans qu'on essaye de nous noyer, et où malgré la dépression et plutôt que me tirer une balle, j'ai préféré me battre [parce que sa fille venait de naître] pour éviter de me faire voler toujours plus les fruits de mon dur labeur, et si je ne m'étais pas battu — tout seul, sans même l'aide de la famille – pendant un an, on ne repartirait pas de zéro là, on serait à la rue, sans aucun bien, avec encore des montagnes de dettes sur la tête ».
J'avais oublié que j'avais également l'exemple de mon ex-belle-famille, qui était plutôt pauvre (un seul salaire/chômage, problèmes de santé, toute une vie en cité HLM, famille nombreuse avec 4 enfants), et que les banques ont également poussée vers les crédits renouvelables juste pour pouvoir nourrir les enfants (dixit ma belle-mère), et qui pendant des années ont connu le même cirque (l'insolvabilité en plus), à mettre les éventuels achats aux noms des enfants pour éviter la saisie, etc. Et tu peux me croire qu'ils ne faisaient pas de dépenses inutiles : pas de console de jeu, pas de téléviseur grand écran, un mobilier provenant de la famille ou fabriqué par eux, et leur premier ordinateur, c'est moi qui le leur ai donné.
Donc oui, j'ai peut-être un avis (très) orienté en la matière. Et ce n'est pas le fait d'avoir travaillé pour des banques ou des assurances, et de connaître personnellement des gens qui y travaillent, que mon avis risque de changer.
[^] # Re: Café
Posté par Foutaises . En réponse au journal L'increvable. Évalué à 5. Dernière modification le 24 mars 2016 à 17:32.
Disons que j'avais un autre exemple, mais n'ayant plus tous les éléments en tête, j'attendais de croiser le concerné pour les lui redemander.
Mais en gros, j'ai un ami de longue date qui était ouvrier depuis 20 ans dans l'usine dans laquelle je suis passé. Étant ouvrier au SMIC, il n'a pas eu la possibilité de contracter un crédit immobilier. Pas même une fois marié, avec sa femme également employée au SMIC ou alternativement sans emploi.
Alors ils ont économisé, lui étant bosseur, il a quasiment construit sa maison, à couler la dalle, monter les parpaings, pour réduire les coûts, etc. Bref, il y a 7~8 ans de ça, ils sont enfin propriétaires de leur petite maison en périphérie de la ville (la ville ayant gagné sur la campagne).
Par un accident, erreur, à force de privations ou ce que tu veux, sa femme a pour des raisons qui lui sont personnelles, fini par craquer et, faute d'avoir accès à des crédit traditionnels, a commencé à souscrire un crédit renouvelable, et à « consommer » au petit bonheur la pub, quitte à en souscrire un autre, etc.
Tant que les revenus rentraient, il n'y avait aucun problème, et lui ne prêtait pas attention aux dépenses de sa femme. En 2 ou 3 années (de tête), le surendettement leur a explosé à la figure, sa femme retombait dans le chômage, lui était victime d'un plan social, leurs revenus ne suffisaient plus à rembourser, ce fut le défilé des huissiers, des saisies, de l'escroquerie de la saisie de leurs biens en leur attribuant une valeur très nettement inférieure pour en réduire le moins possible dans leur dette.
C'est là que j'ai eu de ses nouvelles et qu'il m'a appris la chose. Quand la banque venait d'essayer de saisir sa maison pour une bouchée de pain, et qu'après plus d'une année à se battre sans l'aide de personne, à essayer d'empêcher puis repousser la chose, il était parvenu à la revendre avant par lui-même, et en retirer un prix énormément plus juste (3 fois plus que ce que la banque en donnait), qui lui a permis de solder toutes les dettes et autres pénalités.
Comme il m'a dit, en substance : « On repart de zéro, c'est 20 ans de vie — heureusement des pertes uniquement matérielles — qui sont partis en fumée, ça fait 2 ans qu'on essaye de nous noyer, et où malgré la dépression et plutôt que me tirer une balle, j'ai préféré me battre [parce que sa fille venait de naître] pour éviter de me faire voler toujours plus les fruits de mon dur labeur, et si je ne m'étais pas battu — tout seul, sans même l'aide de la famille – pendant un an, on ne repartirait pas de zéro là, on serait à la rue, sans aucun bien, avec encore des montagnes de dettes sur la tête ».
J'avais oublié que j'avais également l'exemple de mon ex-belle-famille, qui était plutôt pauvre (un seul salaire/chômage, problèmes de santé, toute une vie en cité HLM, famille nombreuse avec 4 enfants), et que les banques ont également poussée vers les crédits renouvelables juste pour pouvoir nourrir les enfants (dixit ma belle-mère), et qui pendant des années ont connu le même cirque (l'insolvabilité en plus), à mettre les éventuels achats aux noms des enfants pour éviter la saisie, etc. Et tu peux me croire qu'ils ne faisaient pas de dépenses inutiles : pas de console de jeu, pas de téléviseur grand écran, un mobilier provenant de la famille ou fabriqué par eux, et leur premier ordinateur, c'est moi qui le leur ai donné.
Donc oui, j'ai peut-être un avis (très) orienté en la matière. Et ce n'est pas le fait d'avoir travaillé pour des banques ou des assurances, et de connaître personnellement des gens qui y travaillent, que mon avis risque de changer.