OK mais pourquoi cette différence de traitement ? pourquoi est-ce que "personne n'a confiance en eux" ?
Il n’y a pas de différence de traitement (en tout cas pas entre Let’s Encrypt et CAcert). Les navigateurs ne font pas plus « confiance » à Let’s Encrypt qu’à CAcert. Ni l’une ni l’autre n’a son certificat racine dans les magasins des navigateurs.
Si les certificats de Let’s Encrypt sont acceptés sans sourciller par les navigateurs, c’est seulement parce que IdenTrust (une CA dont le certificat racine est dans le magasin des navigateurs) a signé leur certificat intermédiaire. Les navigateurs n’ont pas eu leur mot à dire là-dessus.
C’est un des problèmes du modèle X.509 justement : on fait confiance à une CA (qui en principe a montré patte blanche, admettons), et celle-ci peut silencieusement transmettre cette confiance à autant d’autorités intermédiaires qu’elle veut (y compris des autorités qui ne sont pas sous son contrôle direct), sans aucun contrôle des navigateurs.
Dans le cas de Let’s Encrypt, ça ne s’est pas fait silencieusement parce que Let’s Encrypt a évidemment largement communiqué sur sa propre création, mais il y a des milliers d’autres sous-CA dans la nature dont la signature du certificat n’a pas été accompagnée d’une telle publicité.
Concrètement : on ne sait pas à qui on fait confiance, ni même à combien de « qui » ?
Note : je ne critique pas le principe des certificats intermédiaires, qui ne sont pas une mauvaise idée en soi. C’est même une très bonne idée dans le cas où les certificats intermédiaires appartiennent à la même entité que le certificat racine : ça permet de garder la clef du certificat racine dans un coffre-fort d’où elle ne sort presque jamais, seules les clefs des certificats intermédiaires devant être accessibles (et donc, potentiellement, vulnérables) pour signer les certificats des clients.
Le problème, c’est que techniquement il n’y a aucune différence entre un certificat intermédiaire interne à la CA, et un certificat intermédiaire remis à une entité distincte qui va de fait constituer une CA indépendante (à laquelle les navigateurs feront implicitement confiance même s’ils n’ont jamais vu l’audit de l’entité en question). On ne peut pas faire confiance à un type de certificat intermédiaire sans faire confiance à l’autre.
[^] # Re: cacert ?
Posté par gouttegd . En réponse au journal Pourquoi je suis passé à Let's Encrypt. Évalué à 4. Dernière modification le 16 février 2016 à 08:20.
Il n’y a pas de différence de traitement (en tout cas pas entre Let’s Encrypt et CAcert). Les navigateurs ne font pas plus « confiance » à Let’s Encrypt qu’à CAcert. Ni l’une ni l’autre n’a son certificat racine dans les magasins des navigateurs.
Si les certificats de Let’s Encrypt sont acceptés sans sourciller par les navigateurs, c’est seulement parce que IdenTrust (une CA dont le certificat racine est dans le magasin des navigateurs) a signé leur certificat intermédiaire. Les navigateurs n’ont pas eu leur mot à dire là-dessus.
C’est un des problèmes du modèle X.509 justement : on fait confiance à une CA (qui en principe a montré patte blanche, admettons), et celle-ci peut silencieusement transmettre cette confiance à autant d’autorités intermédiaires qu’elle veut (y compris des autorités qui ne sont pas sous son contrôle direct), sans aucun contrôle des navigateurs.
Dans le cas de Let’s Encrypt, ça ne s’est pas fait silencieusement parce que Let’s Encrypt a évidemment largement communiqué sur sa propre création, mais il y a des milliers d’autres sous-CA dans la nature dont la signature du certificat n’a pas été accompagnée d’une telle publicité.
Concrètement : on ne sait pas à qui on fait confiance, ni même à combien de « qui » ?
Note : je ne critique pas le principe des certificats intermédiaires, qui ne sont pas une mauvaise idée en soi. C’est même une très bonne idée dans le cas où les certificats intermédiaires appartiennent à la même entité que le certificat racine : ça permet de garder la clef du certificat racine dans un coffre-fort d’où elle ne sort presque jamais, seules les clefs des certificats intermédiaires devant être accessibles (et donc, potentiellement, vulnérables) pour signer les certificats des clients.
Le problème, c’est que techniquement il n’y a aucune différence entre un certificat intermédiaire interne à la CA, et un certificat intermédiaire remis à une entité distincte qui va de fait constituer une CA indépendante (à laquelle les navigateurs feront implicitement confiance même s’ils n’ont jamais vu l’audit de l’entité en question). On ne peut pas faire confiance à un type de certificat intermédiaire sans faire confiance à l’autre.