• [^] # Re: Un peu surpris

    Posté par . En réponse au journal Un avant gout de TFTA ?. Évalué à 9.

    Comme toujours, la réponse à ces problèmes est politique, ça nécessite des débats, des discussions, des compromis, et beaucoup de temps. Chercher une réponse judiciaire magique ne peut pas fonctionner.

    La vrai question est qui en récupère la valeur ajouté. La réponse est toujours la même des intérêt privé.

    Euh, oui, mais c'est toujours le cas, non? Dans une économie libérale comme celle dans laquelle on vit (et, il faut le rappeler, dans laquelle la majorité de nos concitoyens veulent vivre et "progresser" socialement, donc faire des profits et élever leur niveau de vie et leurs besoins en énergie, matières premières, et ressources humaines), il y a peu de place pour la collectivisation de la valeur ajoutée.

    Par contre, il ne faut pas croire non plus que l'agriculture intensive ne profite qu'à l'industrie pétrochimique. Elle profite également aux semanciers, aux producteurs de machines, à la grande distribution. À une époque, et pendant longtemps, elle a aussi profité aux agriculteurs, et elle profite encore toujours aux gros céréaliers. Enfin, elle a énormément profité aux consommateurs, puisqu'on peut maintenant se nourrir avec des produits de merde pour moins de 20% d'un SMIC, alors que la nourriture constituant la plus grande partie du budget des familles modestes jusqu'à la moitié du XXe siècle.

    Parfois, j'ai l'impression que le milieu social dans lequel j'évolue ne représente qu'une toute petite partie des citoyens de mon pays : classe moyenne sup, entre le 7e et le 9e décile de revenus, avec des préoccupations environnementales, un consentement à l'impôt, un recul par rapport au médias, etc. Mais combien de gens sont trop préoccupés par le quotidien, ou issus d'un milieu de pauvreté matérielle et/ou culturelle pour ne rien avoir à foutre de ces problèmes, souhaiter nourrir leurs enfants avec des produits industriels de merde, ou acheter les trucs les moins chers sans même se poser des questions sur leur qualité? Inversement, combien de gens "aisés" ne cherchent qu'à optimiser leurs revenus et diminuer leurs impôts, tout en assumant un capitalisme destructeur? J'ai déja croisé des retraités sans enfants assumant sans complexe une soif immodérée de consommation, et se foutant ouvertement des problématiques environnementales! La démocratie, c'est aussi de composer avec tout cet ensemble d'intérêts privés.

    On dit souvent que les entreprises et les multinationales pèsent démesurément dans le processus démocratique, mais c'est vite oublier que les citoyens leur permettent de peser. Une usine polluante qui emploie quelques centaines de personnes dans une ancienne région minière a la mainmise absolue sur les autorités locales, pas parce que le maire est faible, mais parce que les citoyens lui donnent un "droit de polluer" (les employés, leurs famille, les commerçants chez qui ils font les courses, etc). Dès qu'on sort un peu de notre milieu social, on ne fait qu'entendre des "ils font chier ces écolos", avec toutes les variations possibles bobos/fonctionnaires/privilégiés/glandeurs, etc. Ce que tu vois comme une évidence n'en est pas du tout une, et ça me fait un peu marrer de parler à la fois de démocratie et de prise de conscience environnementale. La très grande majorité des décisions prises dans l'intérêt de l'environnement et de la santé de la population sont percus négativement par ce qu'on appelle "le tissu socio-économique", et ne faire porter le chapeau qu'aux lobbyistes des multinationales, c'est nier la réalité.

    Les millions de vieux qui ont stocké des barils de Roundup juste avant son interdiction, ils n'ont pas été influencés par les multinationales. Ils veulent juste avoir le droit de pshit pshiter des cochonneries sans qu'on les fasse chier. C'est plus facile de blâmer les multinationales que de regarder la connerie en face...