Apprendre à utiliser LibreOffice et Microsoft Office, connaître leur différences, leur avantages, leurs inconvénients,
Même ça, je trouve ça complètement con. Le paysage aura changé en quelques années, et ces "pseudo-connaissances" n'auront plus aucune valeur le jour où l'étudiant est sur le marché du travail.
Ce que je trouve déprimant, c'est qu'un nombre délirant de personnes mettent de la valeur sur des "micro-connaissances", des petits machins sans aucun intérêt (comme la position de l'icône pour mettre en gras, ou le raccourci clavier correspondant), parce que leur compétence en "informatique" (on pourrait dire "en ordinateur", parce que l'informatique c'est quand même un peu plus vaste que ça) s'arrête là. Ce qui me choque, c'est que ces micro-connaissances s'apprennent en, quoi, 10 secondes? Face à un logiciel inconnu, on farfouille un peu, et si on ne trouve pas, on Google un truc simple, on a même parfois la réponse dans Google sans même ouvrir la page, et zou, c'est intégré. C'est une "compétence" qui n'a absolument aucun intérêt.
Donc, OK pour enseigner le principe du traitement de texte. Une dizaine d'heures de cours me semble largement suffisantes; on fait un peu d'historique, l'imprimerie, la typographie, les machines à écrire, les traitements de texte, le WYSIWYG, et le WYSIWYM, la séparation fond/forme, le principe des styles, on peut même faire un peu de HTML (je trouve que c'est une bonne initiation à la séparation fond/forme et le code est plus élégant que le Latex). Je ne sais même pas s'il y a besoin de TP, puisqu'on peut utiliser l'occasion d'un rapport de stage pour former l'étudiant à l'utilisation d'un traitement de texte. Une fois qu'on a compris l'utilisation d'un traitement de texte, qu'est-ce qu'on se fout des avantages et des inconvénients de Word ou de LibreOffice? De toutes manières, l'interface change sans arrêt, et 90% des fonctions sont quasiment identiques dans les deux.
Bref, on devrait former les étudiants à comprendre ce qu'est un logiciel, quels sont les principes sur lesquels il fonctionne, quels grands types d'interface existent sur le marche, et si le gusse n'est pas trop con, il va savoir utiliser n'importe quel logiciel de ce type sans formation particulière. Il va simplement gagner progressivement en productivité en découvrant par lui-même ou en demandant aux collègues, mais ça n'a aucun sens de former à de tels détails en dehors de l'exercice quotidien.
Quand on apprend à conduire, on n'apprend pas un modèle de voiture. Toutes les voitures se conduisent à peu près de la même manière, et les connaissances génériques qu'on a servent à s'adapter. Quelqu'un qui serait tout content de vous raconter qu'il est super-fort en Renault Clio parce qu'il sait où sont les fusibles, on se foutrait de lui, puisque l'info est dans le livret de la bagnole de toutes manières. Pour l'informatique de bureau, on a en général une hiérarchie de gros glands qui sont tous tout contents de leur microculture, et qui jugent leurs collègues à leur connaissance de la séquence de clics qui permet de modifier l'espacement entre deux paragraphes (séquence qu'ils répèteront 46 fois parce qu'ils ne savent pas modifier le style de la page).
[^] # Re: Une forte amende
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Les membres du collectif Édunathon demandent l’annulation de l’accord entre Microsoft et l’Éducation. Évalué à 10.
Même ça, je trouve ça complètement con. Le paysage aura changé en quelques années, et ces "pseudo-connaissances" n'auront plus aucune valeur le jour où l'étudiant est sur le marché du travail.
Ce que je trouve déprimant, c'est qu'un nombre délirant de personnes mettent de la valeur sur des "micro-connaissances", des petits machins sans aucun intérêt (comme la position de l'icône pour mettre en gras, ou le raccourci clavier correspondant), parce que leur compétence en "informatique" (on pourrait dire "en ordinateur", parce que l'informatique c'est quand même un peu plus vaste que ça) s'arrête là. Ce qui me choque, c'est que ces micro-connaissances s'apprennent en, quoi, 10 secondes? Face à un logiciel inconnu, on farfouille un peu, et si on ne trouve pas, on Google un truc simple, on a même parfois la réponse dans Google sans même ouvrir la page, et zou, c'est intégré. C'est une "compétence" qui n'a absolument aucun intérêt.
Donc, OK pour enseigner le principe du traitement de texte. Une dizaine d'heures de cours me semble largement suffisantes; on fait un peu d'historique, l'imprimerie, la typographie, les machines à écrire, les traitements de texte, le WYSIWYG, et le WYSIWYM, la séparation fond/forme, le principe des styles, on peut même faire un peu de HTML (je trouve que c'est une bonne initiation à la séparation fond/forme et le code est plus élégant que le Latex). Je ne sais même pas s'il y a besoin de TP, puisqu'on peut utiliser l'occasion d'un rapport de stage pour former l'étudiant à l'utilisation d'un traitement de texte. Une fois qu'on a compris l'utilisation d'un traitement de texte, qu'est-ce qu'on se fout des avantages et des inconvénients de Word ou de LibreOffice? De toutes manières, l'interface change sans arrêt, et 90% des fonctions sont quasiment identiques dans les deux.
Bref, on devrait former les étudiants à comprendre ce qu'est un logiciel, quels sont les principes sur lesquels il fonctionne, quels grands types d'interface existent sur le marche, et si le gusse n'est pas trop con, il va savoir utiliser n'importe quel logiciel de ce type sans formation particulière. Il va simplement gagner progressivement en productivité en découvrant par lui-même ou en demandant aux collègues, mais ça n'a aucun sens de former à de tels détails en dehors de l'exercice quotidien.
Quand on apprend à conduire, on n'apprend pas un modèle de voiture. Toutes les voitures se conduisent à peu près de la même manière, et les connaissances génériques qu'on a servent à s'adapter. Quelqu'un qui serait tout content de vous raconter qu'il est super-fort en Renault Clio parce qu'il sait où sont les fusibles, on se foutrait de lui, puisque l'info est dans le livret de la bagnole de toutes manières. Pour l'informatique de bureau, on a en général une hiérarchie de gros glands qui sont tous tout contents de leur microculture, et qui jugent leurs collègues à leur connaissance de la séquence de clics qui permet de modifier l'espacement entre deux paragraphes (séquence qu'ils répèteront 46 fois parce qu'ils ne savent pas modifier le style de la page).