• [^] # Re: Régression ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Rapport Badinter sur le droit du travail..... Évalué à 5. Dernière modification le 26 janvier 2016 à 23:43.

    C'est vrai ça, si le CDI était plus souple, les entreprises pourraient virer du jour au lendemain elle-même, elles n'auraient pas besoin de passer par un charognard pour ça.

    Cela a aussi d'autres intérêts. Un CDI fort, cela pose un fort détriment à tous les autres types de contrats (CDD, intérims ou encore l'entrepreneuriat).

    C'est simple, négocie un prêt ou demande une location non sociale sans un CDI. Ce n'est pas une démarche très facile. Un CDI en période d'essai subira les mêmes difficultés par ailleurs.

    Bref, un CDI trop fort, cela pose également un problème pour ceux qui ont un travail sous une autre forme.

    Vraiment, je ne comprends pas cette logique qui consiste à croire qu'en permettant des licenciements plus facile, on va embaucher plus. Ça m'échappe complètement. Pour moi, si on facilite les licenciements, on va favoriser... les licenciements et rien d'autre.

    Pourtant, regarde les pays qui ont un marché du travail plus flexible comme les pays anglosaxons ou l'Allemagne. Le taux de chômage est plus fluctuant, la moindre crise et cela monte très très vite. Mais dès que la crise passe, le retour au plein emploi est possible et même plutôt rapide.

    La France, depuis plus de 30 ans n'a pas connu le plein emploi. Durant la crise, le CDI fort a permis de limiter la hausse du chômage et de soutenir la consommation intérieure (ce qui est plutôt intéressant) mais une fois la tempête passée... il n'y a pas d'améliorations.

    Car un CDI fort implique plusieurs choses :

    • Il faut accorder une grande confiance à un candidat et ce pour une durée longue, très longue. Une période d'essai n'est pas forcément suffisant.
    • Comme la durée du contrat est très longue, il faut prévoir longtemps en avance son activité économique pour être sûr de ne pas faire chuter la boîte à la moindre commande annulée par exemple. Cela implique donc de garder sa masse salariale importante même en période de vaches maigres.
    • En cas de crise, l'entreprise peut être en grande difficulté, demandant beaucoup de temps pour retrouver la confiance nécessaire et la santé financière adéquate pour embaucher à nouveau.

    Bref, un CDI fort, ce n'est pas gratuit. Cela pèse dans la visibilité économique de l'entreprise et donc sur sa confiance à embaucher. En somme, un CDI fort cela protège surtout... les salariés en place.

    Après, ne soyons pas non plus trop dans l'excès inverse, il faut une protection sociale également suffisante et éviter les abus. C'est un équilibre à trouver, et vu la difficulté du marché du travail en France depuis si longtemps, tenter de changer un peu pourrait au moins s'envisager pour essayer...

    ÉDIT : cela se saurait si pour éviter le chômage il suffisait d'interdire le licenciement en fait.