Heu... Ce n'est pas ce que je préfère qui compte, c'est ce que tu veux dire réellement. Tu n'as pas employé le mot mériter par hasard. Par ailleurs, je ne vois pas ce que la légalité ou la légitimité vient faire ici : si ce qui est juste ou désirable se limite à ce qui est légal, alors il suffit d'être légaliste et cela clôt la discussion.
Ce que je voulais dire réellement, c'est que ce n'est pas injuste, comme dans la proposition : « tout travail mérite salaire ». Et il ne s'agit pas de légalité tel qu'écrite dans les différents codes, donc pas d'un point de vue légaliste, mais d'un point de vue jusnaturaliste, c'est-à-dire du juste en soi. Point de vue qui ne pose pas la question : que dit la loi ?, mais la question : est-ce que ce que dit la loi est juste ?
Qu'est-ce que le droit ?
La question pourrait bien plonger le jurisconsulte dans l'embarras, s'il ne veut pas tomber dans la tautologie ou, au lieu d'indiquer une solution universelle, renvoyer à ce que veulent les lois dans certain pays et à une certaine époque, tout comme est embarrassé le logicien lorsque se trouve formulée la question : qu'est-ce que la vérité ? Ce qui est de droit (quid juris), c'est-à-dire ce que les lois disent en un certain temps, sans doute peut-il l'indiquer; mais savoir si ce qu'elles voulaient était en outre juste, et quel est le critère universel auquel on peut reconnaître en général aussi bien le juste que l'injuste (justum et injustum), cela lui reste bel et bien dissimulé s'il ne laisse pas de côté pour un temps ces principes empiriques et ne cherche pas la source de ces jugements dans la simple raison (quand bien même ces lois peuvent parfaitement lui servir à cette fin de fil conducteur), afin de mettre en place le fondement d'une législation positive possible. Une doctrine uniquement empirique du droit (comme la tête de bois dans la fable de Phèdre) est une tête qui peut être belle, mais dont il est simplement dommage qu'elle ne possède point de cervelle.
Kant, doctrine du droit
Voilà, par exemple, un texte de la tradition jusnaturaliste en philosophie du droit. Tradition qui s'oppose au positivisme juridique, dont la thèse centrale est : « Qu'est-ce qui est juste ? Ce que dit la loi ! ».
Du tout. Inique : « Qui n'est pas juste, pas égal ; qui manque d’équité; Qui est injuste en parlant des personnes » (wiktionnaire). C'est un terme moral, pas juridique.
Et le terme est moral et non pas juridique ? Tu as de drôle de conception du droit et de ce qui le distingue de la morale. À moins que ta volonté soit, à tout prix, de cataloguer ma pensée dans le genre « morale ».
Le point principal, c'est que pour la plupart des gens, la part des revenus du capital est faible par rapport aux revenus du travail : leurs intérêts font donc d'eux avant tout des travailleurs, pas des capitalistes. Donne au salarié moyen le choix entre perdre son salaire et perdre les intérêts de son livret A : la réponse ne fait pas un doute.
Je n'ai jamais dit le contraire, mais je ne vois toujours pas en quoi la rémunération du capital est inique.
Quant au risque pris par les capitalistes (ceux dont la part majoritaire des revenus est tirée du capital, donc), il n'est pas plus grand que le risque encouru par de nombreux salariés, que ce soit un risque économique du fait des conditions actuelles, ou même un risque physique pour certaines professions. Si l'on prolongeait cet argument, il faudrait donc payer plus que tout les pompiers, policiers, soldats du rang, ce qui à ma connaissance n'est jamais proposé par les libéraux.
Je ne vois pas le rapport, il ne s'agit pas des mêmes risques. Les premiers risquent de perdre leur capital, ou plutôt une partie de celui-ci, alors que les seconds ils risquent leur vie. D'un point de vue humain et moral le risque est assurément bien plus grand pour les seconds : quel homme sans cœur irait soutenir le contraire ? Mais la valeur ne rémunère pas ce risque, et il me semble que la discussion portée sur l'économie politique et le droit, et non la morale.
Pour ce qui est d'augmenter les salaires des pompiers, policiers et soldats, les libéraux n'y sont certainement pas opposés. Tu ne dois pas connaître beaucoup de libéraux ? Il faut dire qu'en France ils sont inexistants. Le minarchiste que je suis, comme de nombreux libéraux, voulant limiter l'État au plus près de ses fonctions régaliennes y est favorable.
Sauf ton respect, je m'en fiche de ce que tu graisses. J'ai bien le droit de lire le texte que tu cites dans le sens que je veux, sans donner de l'importance aux mêmes passages que toi.
Je répondais à ta question : « que veux-tu dire ? », et j'ai trouvé, au final, que le passage que j'ai remis résumer mieux où je voulais en venir. Sauf ton respect, je suis sans doute le mieux placé pour connaître le fond de ma pensée. Si un malentendu ou une incompréhension survient, peut être par ma faute et ma mauvaise expression, ne puis-je point corriger le tir ? ou dois-je faire de ma pensée ce que tu as cru y voir ?
Évidemment, en taxant massivement l'héritage, le problème de l'accumulation du capital au fil des générations serait en partie résolu.
Tu contestes le droit de tester. Je n'y suis pas favorable : je ne vois pas en quoi l'État pourrait disposer, quasi exclusivement, des biens d'une personne à sa mort.
Tout système a des effets pervers. L'étalon-or avait de tels travers que tous les pays ont fini par l'abandonner pendant les années 30.
Oui, ils l'ont abandonné car cela ne leur permettait pas de faire joujou comme ils le souhaitaient avec la monnaie avec la complicité des banques.
Ceci dit, la réponse classique des socialistes au problème des inégalités de patrimoine n'est pas d'amener le patrimoine de tous au niveau des plus riches
Ce n'est pas la mienne non plus, quel en serait l'intérêt ? L'objectif des libéraux est de mettre fin à la spoliation sous toutes ses formes.
J’en ai dit assez pour montrer que l’Économie politique a une utilité pratique évidente. C’est le flambeau qui, dévoilant la Ruse et dissipant l’Erreur, détruit ce désordre social, la Spoliation. Quelqu’un, je crois que c’est une femme, et elle avait bien raison, l’a ainsi définie : C’est la serrure de sûreté du pécule populaire. [...]
La véritable et équitable loi des hommes, c’est : Échange librement débattu de service contre service. La Spoliation consiste à bannir par force ou par ruse la liberté du débat afin de recevoir un service sans le rendre.
(ce que tu sembles impliquer lorsque tu parles d'une bulle spéculative) [...]
Je ne comprends pas pourquoi l'inflation est un impôt dégressif sur le capital. Il me semble évident que c'est un impôt à taux fixe...
Je me suis mal exprimé. L'abandon de l'étalon-or, remplacé par des politiques monétaires via les banques centrales, les taux directeurs et la réserve fractionnaire engendrent de l'inflation non contrôlée et des bulles. Cela étant ce « taux fixe » ne se propage pas instantanément dans toute la société, mais telle un onde il a sa vitesse de propagation, et son existence réelle est plus vite perçue quand on est près de la source : les banques et les grands capitalistes. ;-) La réponse est à la fin du pamphlet Maudit Argent !
Sans doute ; mais figurez-vous toutes les perturbations, toutes les duperies qui doivent se produire dans les échanges, quand la valeur de l’intermédiaire varie, sans qu’on en soit averti par un changement de dénomination. On émet des pièces altérées ou des billets qui portent le nom de vingt francs, et conserveront ce nom à travers toutes les dépréciations ultérieures. La valeur sera réduite d’un quart, de moitié, qu’ils ne s’en appelleront pas moins des pièces ou billets de vingt francs. Les gens habiles auront soin de ne livrer leurs produits que contre un nombre de billets plus grand. En d’autres termes, ils demanderont quarante francs de ce qu’ils vendaient autrefois pour vingt. Mais les simples s’y laisseront prendre. Il se passera bien des années avant que l’évolution soit accomplie pour toutes les valeurs. Sous l’influence de l’ignorance et de la coutume, la journée du manœuvre de nos campagnes restera longtemps à un franc, quand le prix vénal de tous les objets de consommation se sera élevé autour de lui. Il tombera dans une affreuse misère, sans en pouvoir discerner la cause. Enfin, Monsieur, puisque vous désirez que je finisse, je vous prie, en terminant, de porter toute votre attention sur ce point essentiel. Une fois la fausse monnaie, quelque forme qu’elle prenne, mise en circulation, il faut que la dépréciation survienne, et se manifeste par la hausse universelle de tout ce qui est susceptible de se vendre. Mais cette hausse n’est pas instantanée et égale pour toutes choses. Les habiles, les brocanteurs, les gens d’affaires s’en tirent assez bien ; car c’est leur métier d’observer les fluctuations des prix, d’en reconnaître la cause, et même de spéculer dessus. Mais les petits marchands, les campagnards, les ouvriers, reçoivent tout le choc. Le riche n’en est pas plus riche, le pauvre en devient plus pauvre. Les expédients de cette espèce ont donc pour effet d’augmenter la distance qui sépare l’opulence de la misère, de paralyser les tendances sociales qui rapprochent incessamment les hommes d’un même niveau, et il faut ensuite des siècles aux classes souffrantes pour regagner le terrain qu’elles ont perdu dans leur marche vers l’égalité des conditions.
C'est la solution du revenu universelle, présentée par certains comme une alternative à ce problème, qui m'apparaît être un impôt dégressif. Mais je peux me tromper, je n'ai pas la science infuse.
Une solution qui consisterait dans une séparation des activités de dépôts et d'investissement du système bancaire, sans réserve fractionnaire, me semble plus saine.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: métriques
Posté par kantien . En réponse au journal Persona, c'est bientôt la fin.. Évalué à 1.
Ce que je voulais dire réellement, c'est que ce n'est pas injuste, comme dans la proposition : « tout travail mérite salaire ». Et il ne s'agit pas de légalité tel qu'écrite dans les différents codes, donc pas d'un point de vue légaliste, mais d'un point de vue jusnaturaliste, c'est-à-dire du juste en soi. Point de vue qui ne pose pas la question : que dit la loi ?, mais la question : est-ce que ce que dit la loi est juste ?
Voilà, par exemple, un texte de la tradition jusnaturaliste en philosophie du droit. Tradition qui s'oppose au positivisme juridique, dont la thèse centrale est : « Qu'est-ce qui est juste ? Ce que dit la loi ! ».
Et le terme est moral et non pas juridique ? Tu as de drôle de conception du droit et de ce qui le distingue de la morale. À moins que ta volonté soit, à tout prix, de cataloguer ma pensée dans le genre « morale ».
Je n'ai jamais dit le contraire, mais je ne vois toujours pas en quoi la rémunération du capital est inique.
Je ne vois pas le rapport, il ne s'agit pas des mêmes risques. Les premiers risquent de perdre leur capital, ou plutôt une partie de celui-ci, alors que les seconds ils risquent leur vie. D'un point de vue humain et moral le risque est assurément bien plus grand pour les seconds : quel homme sans cœur irait soutenir le contraire ? Mais la valeur ne rémunère pas ce risque, et il me semble que la discussion portée sur l'économie politique et le droit, et non la morale.
Pour ce qui est d'augmenter les salaires des pompiers, policiers et soldats, les libéraux n'y sont certainement pas opposés. Tu ne dois pas connaître beaucoup de libéraux ? Il faut dire qu'en France ils sont inexistants. Le minarchiste que je suis, comme de nombreux libéraux, voulant limiter l'État au plus près de ses fonctions régaliennes y est favorable.
Je répondais à ta question : « que veux-tu dire ? », et j'ai trouvé, au final, que le passage que j'ai remis résumer mieux où je voulais en venir. Sauf ton respect, je suis sans doute le mieux placé pour connaître le fond de ma pensée. Si un malentendu ou une incompréhension survient, peut être par ma faute et ma mauvaise expression, ne puis-je point corriger le tir ? ou dois-je faire de ma pensée ce que tu as cru y voir ?
Tu contestes le droit de tester. Je n'y suis pas favorable : je ne vois pas en quoi l'État pourrait disposer, quasi exclusivement, des biens d'une personne à sa mort.
Oui, ils l'ont abandonné car cela ne leur permettait pas de faire joujou comme ils le souhaitaient avec la monnaie avec la complicité des banques.
Ce n'est pas la mienne non plus, quel en serait l'intérêt ? L'objectif des libéraux est de mettre fin à la spoliation sous toutes ses formes.
Physiologie de la spoliation
Je me suis mal exprimé. L'abandon de l'étalon-or, remplacé par des politiques monétaires via les banques centrales, les taux directeurs et la réserve fractionnaire engendrent de l'inflation non contrôlée et des bulles. Cela étant ce « taux fixe » ne se propage pas instantanément dans toute la société, mais telle un onde il a sa vitesse de propagation, et son existence réelle est plus vite perçue quand on est près de la source : les banques et les grands capitalistes. ;-) La réponse est à la fin du pamphlet Maudit Argent !
C'est la solution du revenu universelle, présentée par certains comme une alternative à ce problème, qui m'apparaît être un impôt dégressif. Mais je peux me tromper, je n'ai pas la science infuse.
Une solution qui consisterait dans une séparation des activités de dépôts et d'investissement du système bancaire, sans réserve fractionnaire, me semble plus saine.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.