Je comprends un peu mieux ta position, et je partage aussi l'idée qu'il existe une manipulation idéologique dans de nombreux cas, qui n'est même pas forcément consciente (j'écarte là les théories du complot en tout genre) mais résulte davantage d'effets de système.
Dans celui-ci, j'ai la naïveté de croire à l'honnêteté de la description. Je pense qu'on parle tellement de lui pour diverses raisons (rien d'analytique ici, ce qui me vient à l'esprit) : 1) vu le milieu du libre dans lequel il a évolué, ses connaissances (notamment occidentales) étaient plus à même de tirer les bonnes ficelles de la communication du web 2) un sentiment de solidarité des internautes qui se sentent concernés (au-delà du simple milieu des développeurs, de nombreuses personnes participent à wikipédia par ex.) 3) l'effet de viralité du net 4) l'insistance de ses proches 5) peut-être des interventions tierces, comme souvent, d'individus ou organisations qui s'en servent symboliquement pour faire la promotion de leurs propres intérêts. Mais bon, quasiment dans n'importe quelle situation de la vie, tu trouveras ce parasitage, d'ampleur plus ou moins grande (la vente de produits dérivés peut l'illustrer).
Ce dernier point (qui te dérange, et qui existe sans doute) me semble moindre dans la viralité de cette information, l'élément crucial de l'effet de viralité demeure l'empathie à mon sens. Après savoir si cette empathie est manipulée relève d'une autre question, à laquelle je n'ai pas de réponse dans ce cas. Et même s'il y avait dans ce cas manipulation, je pense que les conséquences générales seraient humainement davantage bonnes que mauvaises (juste mon opinion).
Non mais rien que ça c'est bizarre. Admettons que ce soit vrai, ce que je suis tout disposé à croire ; ce bruit médiatique, finalement, tu penses vraiment qu'il profite à ce gars ? Techniquement, réellement, en termes d'effet général recherché, moi j'y vois surtout une pénétration par la fenêtre de toujours le même concept: Il faut larguer des bombes sur la Syrie jusqu'à ce que plus rien ne tienne debout. Et ce Bassel Khartabil, s'il est vivant, est probablement sous ces very bombes que cette campagne indécente pushe (ne me dis pas qu'elle va dans le sens contraire) en appuyant sur tous nos boutons. Je postule que Soros n'en a rien à taper de Bassel Khartabil.
Je ne sais pas. Je l'espère fortement (naïvement sans doute, selon ton analyse). Même si cela ne sert à rien, je choisis de me faire le relais de cette information avec l'espoir intact que cela serve peut-être à quelque chose (à ne pas oublier tout du moins, ou dans le plus faible des cas, à mener une réflexion, comme nous pouvons le faire ici).
Il se trouve sans doute à Damas, donc pas sous les bombes dont tu parles. Mais je suis d'accord que la moindre circonstance est utilisée aujourd'hui politiquement comme un moyen de nourrir les postures belliqueuses. Sur le cas de Soros, je ne sais pas. L'action de ce personnage est trop contradictoire, à mon sens, pour être prise au sérieux (pour une analyse philosophique de l'attitude de Soros et plus généralement de l'idéologie, je te conseille "First as tragedy, then as farce" de Zizek). Et dans ce combat idéologique, les acteurs s'effacent face aux systèmes, comme si l'idéologie devenait une mécanique indépendante des acteurs.
Mais qui dit ça ? Et qui peut croire cette fable pour enfants qu'un régime aux abois, qui fait face au dernier cri en matière de de conflit armé comme celui de la Syrie en a quoi que ce soit à taper de Creative Commons ? Où est le procès-verbal, que s'est-il réellement passé ? C'est facile de déclencher le chaos et de venir pleurnicher après que des geeks comme nous se font emprisonner, massacrer, disparaissent sans laisser de traces, c'est ça la guerre, tu m'étonnes qu'on sera les premiers à y passer, je te le fais pas dire, et c'est contre ça qu'il faut se battre. Pas avec, quoi, contre.
C'est pour cela que j'ai précisé qu'il faisait une utilisation politique des valeurs du libre (si tant est qu'il existe une vision non-politique de ces valeurs). Il est des premières révoltes libérales (dans le sens large du terme), qui souhaitaient établir davantage de liberté d'expression en Syrie (suite notamment à l'ouverture en 2011 de certains réseaux sociaux en Syrie). Il n'est pas bon de faire une telle promotion dans de ce genre de régime, tu t'en doutes sûrement. Il y a suffisamment par exemple de journalistes malmenés à travers le monde pour en témoigner.
Que ces valeurs intéressent mercantilement des entreprises sans doute, qu'elles défendent Bassel Khartabil pour des raisons pécuniaires peut-être pour les plus nauséabondes, cela ne change pas le fait que dénoncer la situation de cet homme s'est imposé à moi comme une nécessité au-delà d'un quelconque parasitage. Mais il est de la même nécessité de dénoncer tous les dommages collatéraux humains, ainsi que les manipulations politiques qui sont faites dans ce conflit.
[^] # Re: Propagande
Posté par rdhlnn . En réponse au journal Bassel Khartabil, développeur du libre, secrètement condamné à mort par le gouvernement syrien. Évalué à 10.
Je comprends un peu mieux ta position, et je partage aussi l'idée qu'il existe une manipulation idéologique dans de nombreux cas, qui n'est même pas forcément consciente (j'écarte là les théories du complot en tout genre) mais résulte davantage d'effets de système.
Dans celui-ci, j'ai la naïveté de croire à l'honnêteté de la description. Je pense qu'on parle tellement de lui pour diverses raisons (rien d'analytique ici, ce qui me vient à l'esprit) : 1) vu le milieu du libre dans lequel il a évolué, ses connaissances (notamment occidentales) étaient plus à même de tirer les bonnes ficelles de la communication du web 2) un sentiment de solidarité des internautes qui se sentent concernés (au-delà du simple milieu des développeurs, de nombreuses personnes participent à wikipédia par ex.) 3) l'effet de viralité du net 4) l'insistance de ses proches 5) peut-être des interventions tierces, comme souvent, d'individus ou organisations qui s'en servent symboliquement pour faire la promotion de leurs propres intérêts. Mais bon, quasiment dans n'importe quelle situation de la vie, tu trouveras ce parasitage, d'ampleur plus ou moins grande (la vente de produits dérivés peut l'illustrer).
Ce dernier point (qui te dérange, et qui existe sans doute) me semble moindre dans la viralité de cette information, l'élément crucial de l'effet de viralité demeure l'empathie à mon sens. Après savoir si cette empathie est manipulée relève d'une autre question, à laquelle je n'ai pas de réponse dans ce cas. Et même s'il y avait dans ce cas manipulation, je pense que les conséquences générales seraient humainement davantage bonnes que mauvaises (juste mon opinion).
Je ne sais pas. Je l'espère fortement (naïvement sans doute, selon ton analyse). Même si cela ne sert à rien, je choisis de me faire le relais de cette information avec l'espoir intact que cela serve peut-être à quelque chose (à ne pas oublier tout du moins, ou dans le plus faible des cas, à mener une réflexion, comme nous pouvons le faire ici).
Il se trouve sans doute à Damas, donc pas sous les bombes dont tu parles. Mais je suis d'accord que la moindre circonstance est utilisée aujourd'hui politiquement comme un moyen de nourrir les postures belliqueuses. Sur le cas de Soros, je ne sais pas. L'action de ce personnage est trop contradictoire, à mon sens, pour être prise au sérieux (pour une analyse philosophique de l'attitude de Soros et plus généralement de l'idéologie, je te conseille "First as tragedy, then as farce" de Zizek). Et dans ce combat idéologique, les acteurs s'effacent face aux systèmes, comme si l'idéologie devenait une mécanique indépendante des acteurs.
C'est pour cela que j'ai précisé qu'il faisait une utilisation politique des valeurs du libre (si tant est qu'il existe une vision non-politique de ces valeurs). Il est des premières révoltes libérales (dans le sens large du terme), qui souhaitaient établir davantage de liberté d'expression en Syrie (suite notamment à l'ouverture en 2011 de certains réseaux sociaux en Syrie). Il n'est pas bon de faire une telle promotion dans de ce genre de régime, tu t'en doutes sûrement. Il y a suffisamment par exemple de journalistes malmenés à travers le monde pour en témoigner.
Que ces valeurs intéressent mercantilement des entreprises sans doute, qu'elles défendent Bassel Khartabil pour des raisons pécuniaires peut-être pour les plus nauséabondes, cela ne change pas le fait que dénoncer la situation de cet homme s'est imposé à moi comme une nécessité au-delà d'un quelconque parasitage. Mais il est de la même nécessité de dénoncer tous les dommages collatéraux humains, ainsi que les manipulations politiques qui sont faites dans ce conflit.