Et si tuer un innocent permet d'en sauver 10 autres? 100? 10 000? 100 000? 1 000 000?
C'est un peu hors de propos, là on arrive dans l'exercice de discernement moral, qui dépasse largement ce débat, ou plutôt qui l'entraînerait dans quelque chose de très long et peu utile ici.
Réponse simple : de la même manière que je condamne un meurtre, un détournement de fonds, des dégradations de bien publique. Ma morale réprouve ce genre d'actes; ma morale est issu de la société dans laquelle j'ai grandi; elle peut changer au cours du temps (par exemple peine de mort, alcool au volant...). Je n'ai pas besoin de me référer à une entité supérieur pour me le dicter, ni besoin de la brandir en bannière.
Intéressant.
Moi non plus, et je te mets au défi de citer un commentaire où je « brandis Dieu en bannière ». Comme je l'ai précisé, il n'est pas nécessaire de se référer à une religion ou à une divinité pour justifier l'hypothèse d'une morale objective. Mais curieusement, lorsque je parle de morale, certains embrayent immédiatement sur ce sujet, au point que c'en devient amusant.
En somme, tu condamnes ce qui contrevient à ta morale, ce qui revient presque à dire que tu condamnes ce que tu condamnes. En pratique, c'est finalement assez proche de ce que je fais moi-même puisque je ne prétends pas avoir une perception parfaite de ce que je pense être une morale objective, à une subtile différence près : alors que tu condamnes ce que tu considères être mal, je condamne ce que je pense être mal.
Dans les deux cas, il y a une conception personnelle du bien et du mal, que nous définissons nous-mêmes, évidemment selon ce que nous avons appris et vécu, et que nous utilisons pour juger les actes. Mais la différence, si je comprends bien, c'est que tu considères la tienne comme une conception subjective, qui peut évoluer selon des raisons qui te sont propres, tandis que je considère la mienne comme une approche imparfaite d'une morale objective, qui peut évoluer en recherche de ce but.
Aujourd'hui je condamne ces actes. Peut être que dans 10 siècle se sera différent (j'en doute, mais y'a pas si longtemps que ça, la femme devait obéir à son mari).
Pareil, mais pour une raison différente. Aujourd'hui, je pense que ces actes sont mauvais. Il est possible que je me trompe, mais j'en doute très fortement, mon niveau de certitude sur ce sujet précis étant très élevé. Pas pour des raisons arbitraires, mais parce qu'il est corroboré par une condamnation presque unanime de la part d'à peu près tout le monde, et qu'il me semble que, même si chacun peut se tromper, quand on est tous d'accord sur un point précis, il est peu probable qu'on se trompe. Pour le dire autrement, je pense qu'on a tous un appareil de mesure de la moralité des actes plus ou moins mal fichu, mais que sur ce sujet précis, tous les moralomètres sont largement dans le négatif, ce qui confirme plutôt bien la mesure.
[^] # Re: Pensées ou prières
Posté par 🚲 Tanguy Ortolo (site web personnel) . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 4.
C'est un peu hors de propos, là on arrive dans l'exercice de discernement moral, qui dépasse largement ce débat, ou plutôt qui l'entraînerait dans quelque chose de très long et peu utile ici.
Intéressant.
Moi non plus, et je te mets au défi de citer un commentaire où je « brandis Dieu en bannière ». Comme je l'ai précisé, il n'est pas nécessaire de se référer à une religion ou à une divinité pour justifier l'hypothèse d'une morale objective. Mais curieusement, lorsque je parle de morale, certains embrayent immédiatement sur ce sujet, au point que c'en devient amusant.
En somme, tu condamnes ce qui contrevient à ta morale, ce qui revient presque à dire que tu condamnes ce que tu condamnes. En pratique, c'est finalement assez proche de ce que je fais moi-même puisque je ne prétends pas avoir une perception parfaite de ce que je pense être une morale objective, à une subtile différence près : alors que tu condamnes ce que tu considères être mal, je condamne ce que je pense être mal.
Dans les deux cas, il y a une conception personnelle du bien et du mal, que nous définissons nous-mêmes, évidemment selon ce que nous avons appris et vécu, et que nous utilisons pour juger les actes. Mais la différence, si je comprends bien, c'est que tu considères la tienne comme une conception subjective, qui peut évoluer selon des raisons qui te sont propres, tandis que je considère la mienne comme une approche imparfaite d'une morale objective, qui peut évoluer en recherche de ce but.
Pareil, mais pour une raison différente. Aujourd'hui, je pense que ces actes sont mauvais. Il est possible que je me trompe, mais j'en doute très fortement, mon niveau de certitude sur ce sujet précis étant très élevé. Pas pour des raisons arbitraires, mais parce qu'il est corroboré par une condamnation presque unanime de la part d'à peu près tout le monde, et qu'il me semble que, même si chacun peut se tromper, quand on est tous d'accord sur un point précis, il est peu probable qu'on se trompe. Pour le dire autrement, je pense qu'on a tous un appareil de mesure de la moralité des actes plus ou moins mal fichu, mais que sur ce sujet précis, tous les moralomètres sont largement dans le négatif, ce qui confirme plutôt bien la mesure.