C'est beau ! Mais ce serait plus clair en rappelant l'application pratique à notre cas, je pense. Ce qui donnerais :
Si l'on ne se concentre que sur la forme de votre raisonnement, il procède par contraposition (ou modus tollens) : si A alors B, or non B, donc non A, soit ici « si le bien et le mal étaient absolus alors tous les hommes les connaîtraient de façon identique, or nous avons des conceptions différentes du bien et du mal, qui ne sont donc pas des notions absolues. »
C'est effectivement un syllogisme ; concernant ma position sur l'existence de notions objectives du bien et du mal, je dirais que le bon sens reconnaît certaines actions comme mauvaises, par exemple (削除) la censure sans contrôle judiciaire (削除ここまで) le massacre d'innocents, et d'autres comme bonnes, par exemple (削除) la défense de la neutralité du Net (削除ここまで) donner un ticket resto à un mendiant qui a faim. Ce bon sens — tuer un innocent, c'est mal, aider les autres, c'est bien — peut être vu comme une donnée intérieure ou extérieure à l'homme, comme un instinct naturel, probablement développé par sélection naturelle grâce à son utilité à la survie de l'humanité, ou comme un don de Dieu. Le fait que cette idée puisse être qualifiée de morale universelle, ou que cela puisse être vu comme un don de Dieu, irrite souvent des personnes allergiques au mot « morale » et à toute évocation de religion, ce qui les pousse à refuser en bloc cette hypothèse, quand bien même elle puisse être désignée sous le terme presque synonyme d'éthique, et qu'elle n'est que compatible avec la religion, mais n'implique aucunement d'accepter l'existence d'une divinité.
Cette hypothèse est par ailleurs compatible avec la multiplicité des conceptions du bien et du mal, du fait que les hommes n'ont pas la science infuse, et que, dans un domaine aussi crucial pour décider de nos action, en l'absence d'une théorie exacte, chacun tâtonne avec sa propre morale. À noter qu'à ce titre, je ne prétends pas avoir raison dans mes jugements, mais évidemment, je crois avoir raison.
L'hypothèse contraire, à savoir le relativisme des notions de bien et de mal, a des conséquences ennuyeuses, comme la possibilité de mettre brutalement fin à bon nombre de discussions, avec ce schéma-là :
Il faut défendre la neutralité du Net.
Pourquoi ?
Parce que c'est nécessaire pour la liberté d'expression.
Et alors ?
La liberté d'expression est une part fondamentale des droits de l'homme.
Et alors, les droits de l'homme, c'est bien ? C'est ta vision du bien et du mal, mais elle n'est pas plus valable qu'une autre.
Je schématise grossièrement, d'autant que je ne l'ai jamais vu appliqué ici à propos de la neutralité du Net, mais ça permet de disqualifier toute prise de position comme aussi valable que toute autre. Je serais curieux de tester cela sur un sujet plus tranché, comme ces attentats, en demandant aux partisans du relativisme moral au nom de quoi ils les condamnent, mais je crains qu'une telle question ne soit interprétée ici comme un soutien implicite au terrorisme, ce à quoi je me refuse, parce que le terrorisme, c'est mal. :-þ
[^] # Re: Pensées ou prières
Posté par 🚲 Tanguy Ortolo (site web personnel) . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 3.
C'est beau ! Mais ce serait plus clair en rappelant l'application pratique à notre cas, je pense. Ce qui donnerais :
C'est effectivement un syllogisme ; concernant ma position sur l'existence de notions objectives du bien et du mal, je dirais que le bon sens reconnaît certaines actions comme mauvaises, par exemple
(削除) la censure sans contrôle judiciaire (削除ここまで)le massacre d'innocents, et d'autres comme bonnes, par exemple(削除) la défense de la neutralité du Net (削除ここまで)donner un ticket resto à un mendiant qui a faim. Ce bon sens — tuer un innocent, c'est mal, aider les autres, c'est bien — peut être vu comme une donnée intérieure ou extérieure à l'homme, comme un instinct naturel, probablement développé par sélection naturelle grâce à son utilité à la survie de l'humanité, ou comme un don de Dieu. Le fait que cette idée puisse être qualifiée de morale universelle, ou que cela puisse être vu comme un don de Dieu, irrite souvent des personnes allergiques au mot « morale » et à toute évocation de religion, ce qui les pousse à refuser en bloc cette hypothèse, quand bien même elle puisse être désignée sous le terme presque synonyme d'éthique, et qu'elle n'est que compatible avec la religion, mais n'implique aucunement d'accepter l'existence d'une divinité.Cette hypothèse est par ailleurs compatible avec la multiplicité des conceptions du bien et du mal, du fait que les hommes n'ont pas la science infuse, et que, dans un domaine aussi crucial pour décider de nos action, en l'absence d'une théorie exacte, chacun tâtonne avec sa propre morale. À noter qu'à ce titre, je ne prétends pas avoir raison dans mes jugements, mais évidemment, je crois avoir raison.
L'hypothèse contraire, à savoir le relativisme des notions de bien et de mal, a des conséquences ennuyeuses, comme la possibilité de mettre brutalement fin à bon nombre de discussions, avec ce schéma-là :
Je schématise grossièrement, d'autant que je ne l'ai jamais vu appliqué ici à propos de la neutralité du Net, mais ça permet de disqualifier toute prise de position comme aussi valable que toute autre. Je serais curieux de tester cela sur un sujet plus tranché, comme ces attentats, en demandant aux partisans du relativisme moral au nom de quoi ils les condamnent, mais je crains qu'une telle question ne soit interprétée ici comme un soutien implicite au terrorisme, ce à quoi je me refuse, parce que le terrorisme, c'est mal. :-þ