Pour le début au moins, j'ai peut-être été peu clair mais il y a eu un contresens : je commençais justement en mentionnant le "manque d'affinité avec le secteur privé" des chercheurs et j'enfonçais le clou en ajoutant qu'ils n'aimaient souvent pas beaucoup l'entreprise capitaliste qu'ils ont parfois cherché à éviter en devenant chercheurs.
Par ailleurs :
Ce n'est pas non plus parce qu'un truc est cherché par l'industrie qu'il est fondamentalement mauvais.
C'est certain. Mais comme les buts égoïstes de l'entreprise et ceux des citoyens sont souvent incompatibles et que ceux de l'entreprise prévalent, le service des citoyens est logiquement l'exception. C'était d'ailleurs l'idée du mouvement "sauvons la recherche".
Pour la suite de ce commentaire, je me bornerai à la critique des relations sciences/industrie telle qu'elle est acceptée par lesdits sauveurs mais plus loin, concernant la notion de "recherche fondamentale", il y a eu une émission très intéressante et documentée récemment sur Radio Libertaire :
Ceci étant dit, les exceptions que tu décris, qui sont bien le miel des chercheurs, ne sont pas la règle et les vergers dans lesquels pendent les fruit mûrs ont bien été plantés par quelqu'un et dans d'autres champs, il y avait peut-être d'autres fruits qui pendaient. De même, quand on lâche des moutons dans un champ pour tondre l'herbe, l'un peut déterrer un trésor - mais le trésor revient au propriétaire et à la fin, le champ est tondu. Ou encore, on peut tuer un méchant moustique par chance en jouant aux fléchettes, mais à la fin, les fléchettes seront toutes autour de la cible.
Tu préférerai que ces chercheurs bossent directement dans les labos de recherches opaques des industriels avec une communication totalement verrouillée et l'interdiction de publier leurs résultats
Pas du tout ! Non ! Au contraire ! Pourquoi veux-tu que je préfère ça ? C'est pas des façons de parler à quelqu'un qui est passé par une convention cifre (mais tu ne pouvais pas savoir !)
Simplement, on ne peut pas d'une part dire que la recherche est de plus en plus rongée par le privé et d'autre part faire comme si la part déjà rongée était tout à fait saine dans les résultats qu'elle produit.
Lorsqu'un directeur de labo décide de se transformer en entrepreneur, par exemple, pour vendre des systèmes aussi incontestablement mauvais, ou au moins aux bénéfices sociaux aussi contestables, que de la vidéo-surveillance ou des automates de gestion de vieillard, eh bien au lieu de rire sous cape entre collègues désintéressés de sa mégalomanie et néanmoins profiter des sous qu'il apportera au labo, on pourrait imaginer que certains se dressent et crachent dans la soupe pour porter ces excès à la connaissance du public et exclure ces pratiques du laboratoire. Non pas critiquer les personnes, mais la chose, de l'intérieur, en connaissance de cause, de façon précise. Après tout, c'est la mode du Snowden : là, c'est tout de même quelques crans en dessous !
[^] # Re: Encore à côté du sujet
Posté par nizan666 . En réponse au journal Lettre ouverte à Philippe Souères, roboticien (revue Z). Évalué à 2.
Merci pour ta réponse.
Pour le début au moins, j'ai peut-être été peu clair mais il y a eu un contresens : je commençais justement en mentionnant le "manque d'affinité avec le secteur privé" des chercheurs et j'enfonçais le clou en ajoutant qu'ils n'aimaient souvent pas beaucoup l'entreprise capitaliste qu'ils ont parfois cherché à éviter en devenant chercheurs.
Par ailleurs :
C'est certain. Mais comme les buts égoïstes de l'entreprise et ceux des citoyens sont souvent incompatibles et que ceux de l'entreprise prévalent, le service des citoyens est logiquement l'exception. C'était d'ailleurs l'idée du mouvement "sauvons la recherche".
Pour la suite de ce commentaire, je me bornerai à la critique des relations sciences/industrie telle qu'elle est acceptée par lesdits sauveurs mais plus loin, concernant la notion de "recherche fondamentale", il y a eu une émission très intéressante et documentée récemment sur Radio Libertaire :
http://www.b-a-m.org/2015/10/o-s-linvention-de-la-science/
Ceci étant dit, les exceptions que tu décris, qui sont bien le miel des chercheurs, ne sont pas la règle et les vergers dans lesquels pendent les fruit mûrs ont bien été plantés par quelqu'un et dans d'autres champs, il y avait peut-être d'autres fruits qui pendaient. De même, quand on lâche des moutons dans un champ pour tondre l'herbe, l'un peut déterrer un trésor - mais le trésor revient au propriétaire et à la fin, le champ est tondu. Ou encore, on peut tuer un méchant moustique par chance en jouant aux fléchettes, mais à la fin, les fléchettes seront toutes autour de la cible.
Pas du tout ! Non ! Au contraire ! Pourquoi veux-tu que je préfère ça ? C'est pas des façons de parler à quelqu'un qui est passé par une convention cifre (mais tu ne pouvais pas savoir !)
Simplement, on ne peut pas d'une part dire que la recherche est de plus en plus rongée par le privé et d'autre part faire comme si la part déjà rongée était tout à fait saine dans les résultats qu'elle produit.
Lorsqu'un directeur de labo décide de se transformer en entrepreneur, par exemple, pour vendre des systèmes aussi incontestablement mauvais, ou au moins aux bénéfices sociaux aussi contestables, que de la vidéo-surveillance ou des automates de gestion de vieillard, eh bien au lieu de rire sous cape entre collègues désintéressés de sa mégalomanie et néanmoins profiter des sous qu'il apportera au labo, on pourrait imaginer que certains se dressent et crachent dans la soupe pour porter ces excès à la connaissance du public et exclure ces pratiques du laboratoire. Non pas critiquer les personnes, mais la chose, de l'intérieur, en connaissance de cause, de façon précise. Après tout, c'est la mode du Snowden : là, c'est tout de même quelques crans en dessous !
Au plaisir.