• # Mauvaises questions

    Posté par . En réponse au journal Lettre ouverte à Philippe Souères, roboticien (revue Z). Évalué à 6.

    Je crois qu'il ne faut pas oublier que le chercheur que cette dame a interviewé n'est pas non plus représentatif des chercheurs de France et du monde.

    Et j'irai même jusqu'à dire qu'il n'est même pas représentatif des chercheurs en intelligence artificielle !

    Je connais beaucoup de chercheurs, et surtout en IA (distribuée en particulier, qui ont souvent l'occasion de travailler avec des sociologues, des biologistes, des physiciens, et d'autres disciplines), qui ont des préoccupations sociales et humanistes, qui travaillent en se disant sérieusement qu'ils le font non pas pour se faire plaisir dans une recherche pure, mais pour améliorer le monde.

    De toute façon, c'est comme toujours avec l'IA ou la robotique, on a ces espèces de scénarios de films de SF avec des délires de robots qui parlent et qui agissent comme les humaines, mais perso, les résultats probants en IA, je les ai vu plutôt dans le domaines où la complexité des problèmes à résoudre dépasser largement les capacités humaines : pourquoi on irait s'emmerder à faire un robot qui peut s'occuper de vieux, alors que les humains le font très bien ? Alors que trouver la bonne combinaison d'espèces végétales à croiser pour améliorer les rendements sans utiliser des pesticides terribles qui détruisent tout autour d'eux avec pleins d'OGM dégueulasses, ou encore fabriquer un avion avec le bon équilibre entre des milliers de paramètres de fabrication ; ça, ça commence franchement à être en dehors de la portée de l'humain.
    Et faire des machines qui sont capables de résoudre ces problèmes complexes a une vraie utilité : si on détruit notre planète et qu'on passe notre temps à prendre des décisions politiques stupides d'un point de vu social et économique, c'est bien parce qu'en tant qu'humain on est incapable de maitriser cette complexité et qu'on utilise la voie de la facilité pour les résoudre.

    Donc bon, pour moi, la lettre est bien, mais elle n'est pas du tout représentatif d'un problème général, elle sert surtout à renforcer l'idée que la recherche, ça va nous faire des robots qui aident les vieux. Et à la fin de la journée, bah ce que tout le monde aura retenu, et en particulier les politiques qui décident où va l'argent, c'est que elle râle cette dame, mais au fond, le futur, c'est quand même de faire des robots qui aident les vieux, et ça, c'est triste !