• [^] # Re: Jouer au docteur: activité ludique sur la sexualité adulte (pensez 6-13ans)

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Concours de jeux vidéo. Évalué à 5. Dernière modification le 04 septembre 2015 à 09:46.

    Je ne pense pas justement que ce soit un argument « y a pire » mais au contraire : il est nécessaire, dans le monde où nous vivons, d'apporter des explications aux enfants.

    Ah tiens, très juste, on peut aussi le lire dans ce sens, comme j’ai très souvent entendu l’argument « boarf, d’façon y a pire » donc je suis monté un peu vite au créneau, merci d’avoir relevé ce double sens, et pardon à Kerro< si je me suis trompé sur son intention. :-)

    Cependant, je changerai difficilement d’avis sur l’idée qu’on ne peut pas déléguer cet apprentissage à un jeu vidéo et que la forme même du jeu vidéo n’est pas adaptée ce qui signifie que même comme simple support je doute franchement de la pertinence de la règle 5.

    Globalement je trouve l’intitulé de la règle 5 déplacée, mais ça traduit une certaine ambiance générale incitant les enfants à jouer au docteur (alors que ça doit être à l’initiative de l’enfant avec un autre enfant ou bien ne pas être un jeu si on veut garantir qu’il n’y a pas de blessure).

    • D’une part « jouer au docteur » implique des amis intimes ou frères/sœurs/cousins d’âge semblable parce qu’il s’agit d’une expérience de découverte du corps de l’autre sans la connotation sexuelle (dans le sens acte sexuel et reproductif) qu’on les organes génitaux (il s’agit surtout de découvrir la différence corporelle) et en l’absence de notion d’intimité (qui n’est donc pas brisée) ni vraiment de sens moral (il n’y a pas volonté de mal faire), c’est aussi pour cela que « jouer au docteur » est toujours une initiative de la part de l’enfant lui-même qui y joue de sa propre méconnaissance, et c’est exactement cela qui le protège. C’est pour cela qu’il n’y a rien de grave à surprendre son enfant toucher sa sœur par exemple, parce qu’en fait il ne fait que constater une différence de forme et faire l’expérience de l’altérité, il n’en est pas encore à comprendre la sexualité, ses pulsions et ses responsabilités, et l’enfant ne connaît pas encore la notion d’intimité (il crie bien fort pour qu’on l’entende à travers toute la maison qu’il a fait caca pour qu’on l’essuie) ni vraiment de sens moral et c’est pourquoi il n’y a pas de perversion (faire mal, braver l’interdit) ni de blessure (il m’a vu). Ce sont des âges (2 à 5 ans) où l’on peut encore faire prendre le bain à des frères et sœurs très proches (1/2 ans d’écart) et où justement les parents peuvent en parler avec leurs enfants, ce qui évite que les enfants le fassent d’eux même et entre dans une démarche de désobéissance s’ils commencent à avoir le pressentiment que ça ne se fait pas.

    • D’autre part, jouer au docteur exclut les parents, les grand frères, et tout adulte. C’est toujours une initiative de l’enfant. Le cas du bain précité remplace efficacement le jeu du docteur et cela permet le contrôle des parents, mais ce n’est pas jouer au docteur, et dans ce cas ce n’est pas ludique. Si l’adulte participe, ça ne peut pas être ludique car lui n’a pas l’ignorance de l’enfant, et il faut qu’il soit capable de faire découvrir le frère à sa sœur et la sœur à son frère tout en témoignant que lui-même il ne joue pas. C’est très important que l’adulte ne joue pas avec la sexualité de l’enfant et que l’enfant ne voit pas le parent comme un partenaire de jeu sur ce plan là.

    • Dernièrement, « jouer au docteur » est une expérience qui se fait entre 2 et 5 ans. Après cet âge, l’enfant en sait déjà beaucoup, notamment il a fait l’expérience de l’intimité (il apprend à fermer la porte des toilettes par exemple, et il ne prend plus le bain avec ses frères et sœurs), c’est pourquoi, après 5 ans, « jouer au docteur » devient un jeu où il fait l’expérience de la transgression ou de la violation de l’intimité.

    Hors justement, que propose la règle 5 ? Ce sont des adultes qui proposent à des enfants de 6 à 13 ans de « jouer au docteur », c’est à dire à un âge où cela n’est plus neutre et sans risque pour l’enfant. Il ne s’agit plus là de jouer au docteur, mais bien de jouer avec l’intimité des enfants, et d’inclure l’adulte dans la sexualité de l’enfant en le présentant comme un partenaire de jeu.

    Donc pour résumer :

    1. « jouer au docteur » à 6-13 ans c’est trop tard car ce n’est plus sans conséquence sur l’émotif de l’enfant qui va y rajouter la notion de moralité, d’intimité et de libre arbitre, ce qui signifie que l’enfant peut penser à mal et que le jeu peut entrer dans un processus de transgression délibéré ainsi que dans un processus de violation d’intimité.

    2. Ça ne peut pas inclure de grand frère ou d’adulte, et si un adulte est impliqué dans le processus de découverte entre enfants (2-5 ans) ça ne doit pas être ludique parce que l’adulte ne doit pas être présenté comme un partenaire de jeu : quand bien même l’adulte n’a pas l’impression de participer, mais s’il est témoin, aux yeux de l’enfant il est partenaire du jeu).

    « Jouer au docteur » c’est la très petite enfance, entre 2 et 5 ans, et l’adulte ne doit pas être partenaire de jeu. Si un de ces deux critères n’est pas respecté, on blesse l’enfant. La présente initiative a tout faux sur toute la ligne.

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