Y'en a pas trop, c'est vrai. Après, je ne suis pas sûr que cette absence, ou le manque de prétention, puisse tant porter préjudice que ça au projet. Un artiste peut aussi contribuer selon son ressenti. Mais je ne suis pas concepteur de jeu ;)
En fait quand un projet ne refuse pas d’assets selon des critères définis, et n’en accepte pas selon des critères définis, cela apporte plusieurs problèmes :
- de la dispersion et l’épuisement lié : il est possible de partir dans tous les sens donc ça part dans tous les sens
- l’artiste ne peut pas évaluer à l’avance ses chances de voir son travail intégré (succès) ou non, ce qui le place dans une situation d’incertitude inconfortable qui laisse toute la place à la démotivation ou à la perte de confiance en cas de souci.
En fait, ne pas édicter clairement des règles implique d’appliquer des règles non écrites : le contributeur qui se voit refuser un travail se bat alors contre des non-dits, car lorsque le mainteneur refuse quelque chose selon un critère non formalisé. Aussi, cela empêche tout simplement le débat car il n’y a pas d’éléments sur lesquels les deux parties peuvent convenir pour pouvoir partir du même pied vers une résolution (que ce soit l’acceptation de la contribution par le mainteneur, ou l’acceptation du refus par le contributeur).
En fait l’absence de règle apporte une tyrannie plus grande que la règle, car elle donne tout pouvoir au for interne du décideur. Les règles, aussi contraignantes soient-elles, font partie du for externe, et par là-même, de la chose publique.
Le truc que je crains, c'est qu'OA3 soit présenté comme une solution à un projet qui est arrivé à bout de souffle (j'ai déjà laissé mon avis sur le sujet). Le paradoxe (du lien dans le wiki) que tu soulèves ne m'étonne même pas.
Ah, merci de repointer ce commentaire que j’avais certainement lu en son temps et qui est très pertinent.
Il confirme complètement ce problème de management avec les conséquences inhérentes, comme la froideur et le fait qu’il ne reste que :
les cons, une minorité, à l'origine de la désertion et qui adhèrent à cette manière de gérer le projet
les naïfs, qui arrivent dans le projet en pensant qu'il est possible d'y contribuer
et quelques "techniciens", qui trouvent un intérêt à y participer ponctuellement
Le problème n’est pas d’avoir une autorité forte, mais une autorité qui ne peut pas être interrogée. Une autorité faible et laxiste peut apporter plus de tyrannie qu’une autorité clairement établie et trop dure : au moins on sait avec quoi composer et il n’y a pas autant de déception. Même si c’est injuste, quand on se fait rétamer la gueule on peut se rattacher à autre chose que « je ne comprends pas ».
J’en profite pour faire un petit développement qui me tiens à cœur : Il y a souvent dans le libre une espèce de politique qui se croit méritocratique à base de « celui qui décide c’est celui qui fait » et qui n’est en fait rien d’autre que la loi du plus fort avec toutes les nuisances que cela apporte.
Un truc que je trouve particulièrement exceptionnel dans le projet Unvanquished c’est que la direction est un triumvirat et que l’une de ces trois personnes n’est absolument pas un codeur du tout et encore moins dans le domaine technique d’un moteur id tech (c’est un chercheur en biologie, genre son dernier emploi était un truc de botaniste dans un jardin à new york ou un truc comme ça), ce qui est extrêmement bénéfique. D’une part, comme il n’a pas le nez dans le guidon c’est quelqu’un qui a une très bonne vue d’ensemble et qui est le meilleur pour relancer les gens, c’est certainement grâce à lui que le projet maintient le rythme d’une release par mois : c’est lui qui fait pression pour que les choses soient livrées ou reportées par exemple, et pas selon son propre rythme de production ! D’autre part, comme il n’est pas celui qui est le plus calé techniquement, il est en fait la personne qui sait qui d’autre sait. Si j’ai une question et que je ne sais pas de qui obtenir la réponse, je lui demande à lui et lui me redirige vers la bonne personne. C’est un excellent exemple de subsidiarité ce qui est primordial dans un projet.
À aucun moment je n’ai ressenti cette politique toxique de « celui qui fait décide », je ne parle pas là du simple fait que le premier a fournir une solution verra sa solution adoptée, mais cet idée qu’un contributeur ait, pour la seule raison de sa force de production, un pouvoir de coercition sur les autres personnes et sur la direction du projet. Ce qui n’est rien d’autre que la loi du plus fort et pas une méritocratie, le mérite n’a jamais comme récompense le force de contraindre son prochain.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: C'est peut être moi ...
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Comparaison des cartes entre Tremulous et Unvanquished. Évalué à 4.
En fait quand un projet ne refuse pas d’assets selon des critères définis, et n’en accepte pas selon des critères définis, cela apporte plusieurs problèmes :
- de la dispersion et l’épuisement lié : il est possible de partir dans tous les sens donc ça part dans tous les sens
- l’artiste ne peut pas évaluer à l’avance ses chances de voir son travail intégré (succès) ou non, ce qui le place dans une situation d’incertitude inconfortable qui laisse toute la place à la démotivation ou à la perte de confiance en cas de souci.
En fait, ne pas édicter clairement des règles implique d’appliquer des règles non écrites : le contributeur qui se voit refuser un travail se bat alors contre des non-dits, car lorsque le mainteneur refuse quelque chose selon un critère non formalisé. Aussi, cela empêche tout simplement le débat car il n’y a pas d’éléments sur lesquels les deux parties peuvent convenir pour pouvoir partir du même pied vers une résolution (que ce soit l’acceptation de la contribution par le mainteneur, ou l’acceptation du refus par le contributeur).
En fait l’absence de règle apporte une tyrannie plus grande que la règle, car elle donne tout pouvoir au for interne du décideur. Les règles, aussi contraignantes soient-elles, font partie du for externe, et par là-même, de la chose publique.
Ah, merci de repointer ce commentaire que j’avais certainement lu en son temps et qui est très pertinent.
Il confirme complètement ce problème de management avec les conséquences inhérentes, comme la froideur et le fait qu’il ne reste que :
Le problème n’est pas d’avoir une autorité forte, mais une autorité qui ne peut pas être interrogée. Une autorité faible et laxiste peut apporter plus de tyrannie qu’une autorité clairement établie et trop dure : au moins on sait avec quoi composer et il n’y a pas autant de déception. Même si c’est injuste, quand on se fait rétamer la gueule on peut se rattacher à autre chose que « je ne comprends pas ».
J’en profite pour faire un petit développement qui me tiens à cœur : Il y a souvent dans le libre une espèce de politique qui se croit méritocratique à base de « celui qui décide c’est celui qui fait » et qui n’est en fait rien d’autre que la loi du plus fort avec toutes les nuisances que cela apporte.
Un truc que je trouve particulièrement exceptionnel dans le projet Unvanquished c’est que la direction est un triumvirat et que l’une de ces trois personnes n’est absolument pas un codeur du tout et encore moins dans le domaine technique d’un moteur id tech (c’est un chercheur en biologie, genre son dernier emploi était un truc de botaniste dans un jardin à new york ou un truc comme ça), ce qui est extrêmement bénéfique. D’une part, comme il n’a pas le nez dans le guidon c’est quelqu’un qui a une très bonne vue d’ensemble et qui est le meilleur pour relancer les gens, c’est certainement grâce à lui que le projet maintient le rythme d’une release par mois : c’est lui qui fait pression pour que les choses soient livrées ou reportées par exemple, et pas selon son propre rythme de production ! D’autre part, comme il n’est pas celui qui est le plus calé techniquement, il est en fait la personne qui sait qui d’autre sait. Si j’ai une question et que je ne sais pas de qui obtenir la réponse, je lui demande à lui et lui me redirige vers la bonne personne. C’est un excellent exemple de subsidiarité ce qui est primordial dans un projet.
À aucun moment je n’ai ressenti cette politique toxique de « celui qui fait décide », je ne parle pas là du simple fait que le premier a fournir une solution verra sa solution adoptée, mais cet idée qu’un contributeur ait, pour la seule raison de sa force de production, un pouvoir de coercition sur les autres personnes et sur la direction du projet. Ce qui n’est rien d’autre que la loi du plus fort et pas une méritocratie, le mérite n’a jamais comme récompense le force de contraindre son prochain.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes