Je suis d'accord avec vous sur l'analyse des faiseurs, et l'aspect de méritocratie qui régit actuellement le logiciel libre. Mais on pourrait imaginer organiser davantage le pouvoir décisionnel en donnant plus de pouvoir à tous les faiseurs (à toutes les échelles de l'action, du développeur à celui qui contribue au wiki par ex.) de façon encadrée et en suivant des principes démocratiques, afin de pousser à l'implication et à la vie sociale du projet.
Une distribution n'est pas un Etat (même si ce serait amusant...). Quand je parle de démocratie (il s'agit davantage d'un système fonctionnel de prise de décision) que de l'idéal politique (au sens noble) qui pourrait régir notre société (en effet, aucun Etat actuellement n'est réellement démocratique dans ce sens idéal).
Il y a néanmoins divers degrés d'organisation de cette méritocratie avec des fonctionnements "démocratiques". Par ex., dans une distribution comme Slackware, il n'y a pas le même fonctionnement décisionnel que dans Debian ou Gentoo, malgré une contribution qui pourrait être identique. La verticalité du pouvoir est moindre dans ces deux projets, et l'organisation beaucoup plus démocratique avec des assemblées qui décident. D'un point de vue technique, on a pu le voir avec l'implantation de systemd (pas de polémique ici quant au fond), même si le débat a été extrêmement véhément, il a été très organisé et "démocratique" chez Debian.
Ce n'est peut-être pas étonnant de retrouver cela dans ces deux distributions qui sont structurées en des fondations à but non lucratif avec des chartes bien rédigées et à fortes valeurs sociales (ici dans un sens large, et je pense particulièrement aux documents organisant Debian).
Mais cette "méritocratie" ne me semble pas extrêmement bien organisée malgré tout ; c'est certes en fonction de l'implication, mais il y a un côté aléatoire qui demeure. On pourrait imaginer des degrés (d'implication) qui donnent des pouvoirs décisionnels supplémentaires et élargis (quant au nombre de décideurs). Tout cela n'est pas vraiment réfléchi, c'est juste une idée qui me vient.
Tu parles de "système anarchique", je ne sais pas si tu l'entends dans un sens d'anomie, de chaos ou dans le sens politique de l'anarchisme (horizontalité, etc.). Si c'est le second cas, je suis assez d'accord avec toi, mais une des caractéristiques du système anarchiste est la prise de décision démocratique justement.
Et dans cette réflexion, je me demandais s'il existait des distrib' qui mettent encore plus l'accent que Debian ou Gentoo, sur l'organisation sociale du projet (comme il en existe certaines qui insistent sur le libre, comme Trisquel). Il n'y a pas de critique ici, je trouve déjà formidable l'organisation de ces deux projets, en particulier l'application de la méthode de Schulze.
[^] # Re: Problème mal posé...
Posté par rdhlnn . En réponse au message Distributions démocratiques ?. Évalué à 1.
Je suis d'accord avec vous sur l'analyse des faiseurs, et l'aspect de méritocratie qui régit actuellement le logiciel libre. Mais on pourrait imaginer organiser davantage le pouvoir décisionnel en donnant plus de pouvoir à tous les faiseurs (à toutes les échelles de l'action, du développeur à celui qui contribue au wiki par ex.) de façon encadrée et en suivant des principes démocratiques, afin de pousser à l'implication et à la vie sociale du projet.
Une distribution n'est pas un Etat (même si ce serait amusant...). Quand je parle de démocratie (il s'agit davantage d'un système fonctionnel de prise de décision) que de l'idéal politique (au sens noble) qui pourrait régir notre société (en effet, aucun Etat actuellement n'est réellement démocratique dans ce sens idéal).
Il y a néanmoins divers degrés d'organisation de cette méritocratie avec des fonctionnements "démocratiques". Par ex., dans une distribution comme Slackware, il n'y a pas le même fonctionnement décisionnel que dans Debian ou Gentoo, malgré une contribution qui pourrait être identique. La verticalité du pouvoir est moindre dans ces deux projets, et l'organisation beaucoup plus démocratique avec des assemblées qui décident. D'un point de vue technique, on a pu le voir avec l'implantation de systemd (pas de polémique ici quant au fond), même si le débat a été extrêmement véhément, il a été très organisé et "démocratique" chez Debian.
Ce n'est peut-être pas étonnant de retrouver cela dans ces deux distributions qui sont structurées en des fondations à but non lucratif avec des chartes bien rédigées et à fortes valeurs sociales (ici dans un sens large, et je pense particulièrement aux documents organisant Debian).
Mais cette "méritocratie" ne me semble pas extrêmement bien organisée malgré tout ; c'est certes en fonction de l'implication, mais il y a un côté aléatoire qui demeure. On pourrait imaginer des degrés (d'implication) qui donnent des pouvoirs décisionnels supplémentaires et élargis (quant au nombre de décideurs). Tout cela n'est pas vraiment réfléchi, c'est juste une idée qui me vient.
Tu parles de "système anarchique", je ne sais pas si tu l'entends dans un sens d'anomie, de chaos ou dans le sens politique de l'anarchisme (horizontalité, etc.). Si c'est le second cas, je suis assez d'accord avec toi, mais une des caractéristiques du système anarchiste est la prise de décision démocratique justement.
Et dans cette réflexion, je me demandais s'il existait des distrib' qui mettent encore plus l'accent que Debian ou Gentoo, sur l'organisation sociale du projet (comme il en existe certaines qui insistent sur le libre, comme Trisquel). Il n'y a pas de critique ici, je trouve déjà formidable l'organisation de ces deux projets, en particulier l'application de la méthode de Schulze.